{"id":2819,"date":"2026-07-10T15:41:11","date_gmt":"2026-07-10T13:41:11","guid":{"rendered":"https:\/\/inductance.be\/?p=2819"},"modified":"2026-06-29T16:43:39","modified_gmt":"2026-06-29T14:43:39","slug":"inertie-thermique-et-le-dephasage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/inductance.be\/nl\/2026\/07\/10\/inertie-thermique-et-le-dephasage\/","title":{"rendered":"L&rsquo;inertie thermique et le d\u00e9phasage"},"content":{"rendered":"<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2819\" class=\"elementor elementor-2819\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-1563f8d0 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"1563f8d0\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-5075c7a9 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"5075c7a9\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>L&rsquo;inertie thermique et le d\u00e9phasage<\/strong><\/p><p><em>\u00ab L&rsquo;isolation ralentit le passage de la chaleur. L&rsquo;inertie d\u00e9cide de la mani\u00e8re dont le b\u00e2timent r\u00e9agit \u00e0 cette chaleur. \u00bb<\/em><\/p><p><strong>Introduction<\/strong><\/p><p>Au cours du chapitre pr\u00e9c\u00e9dent, nous avons \u00e9tudi\u00e9 les diff\u00e9rentes sources de chaleur auxquelles un b\u00e2timent est confront\u00e9. Nous avons vu que les apports solaires, les occupants, les \u00e9quipements \u00e9lectriques et l&rsquo;humidit\u00e9 influencent fortement le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p>Pourtant, deux maisons recevant exactement les m\u00eames apports thermiques peuvent pr\u00e9senter des temp\u00e9ratures int\u00e9rieures tr\u00e8s diff\u00e9rentes.<\/p><p>L&rsquo;une restera agr\u00e9able m\u00eame lors d&rsquo;une vague de chaleur.<\/p><p>L&rsquo;autre deviendra difficilement habitable d\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence ne s&rsquo;explique pas uniquement par la qualit\u00e9 de l&rsquo;isolation.<\/p><p>Elle d\u00e9pend en grande partie de la capacit\u00e9 du b\u00e2timent \u00e0 absorber, stocker puis restituer l&rsquo;\u00e9nergie thermique.<\/p><p>Cette propri\u00e9t\u00e9 est appel\u00e9e <strong>l&rsquo;inertie thermique<\/strong>.<\/p><p>L&rsquo;inertie constitue l&rsquo;un des param\u00e8tres les plus importants de la physique du b\u00e2timent. Pourtant, elle est souvent r\u00e9duite \u00e0 une simple notion de \u00ab mur lourd \u00bb ou de \u00ab maison massive \u00bb. La r\u00e9alit\u00e9 est beaucoup plus complexe.<\/p><p>Dans ce chapitre, nous analyserons les m\u00e9canismes physiques qui gouvernent l&rsquo;inertie thermique, son influence sur le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 et les crit\u00e8res permettant d&rsquo;\u00e9valuer objectivement les performances d&rsquo;une paroi.<\/p><p><strong>2.1 Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;inertie thermique ?<\/strong><\/p><p>L&rsquo;inertie thermique d\u00e9signe la capacit\u00e9 d&rsquo;un mat\u00e9riau ou d&rsquo;un b\u00e2timent \u00e0 emmagasiner de l&rsquo;\u00e9nergie thermique lorsque sa temp\u00e9rature augmente, puis \u00e0 la restituer progressivement lorsque son environnement se refroidit.<\/p><p>Plus cette capacit\u00e9 est importante, plus les variations de temp\u00e9rature seront lentes.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un b\u00e2timent poss\u00e9dant une faible inertie r\u00e9agit tr\u00e8s rapidement aux changements de temp\u00e9rature ext\u00e9rieure.<\/p><p>Cette propri\u00e9t\u00e9 est comparable au comportement d&rsquo;un grand navire et d&rsquo;une petite embarcation.<\/p><p>Une barque l\u00e9g\u00e8re change rapidement de direction au moindre mouvement.<\/p><p>Un paquebot, beaucoup plus massif, n\u00e9cessite davantage d&rsquo;\u00e9nergie pour modifier sa trajectoire mais conserve \u00e9galement son mouvement plus longtemps.<\/p><p>Les b\u00e2timents ob\u00e9issent au m\u00eame principe.<\/p><p>Une construction l\u00e9g\u00e8re se r\u00e9chauffe rapidement d\u00e8s les premiers rayons du soleil.<\/p><p>Une construction massive absorbe une partie de cette \u00e9nergie avant que la temp\u00e9rature int\u00e9rieure n&rsquo;augmente de mani\u00e8re significative.<\/p><p><strong>2.1.1 Une notion souvent mal comprise<\/strong><\/p><p>L&rsquo;inertie thermique est fr\u00e9quemment confondue avec l&rsquo;isolation.<\/p><p>Ces deux notions sont pourtant diff\u00e9rentes.<\/p><p>L&rsquo;isolation agit principalement sur la vitesse de transfert de chaleur entre l&rsquo;int\u00e9rieur et l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p><p>L&rsquo;inertie agit sur la capacit\u00e9 du b\u00e2timent \u00e0 absorber cette chaleur sans provoquer imm\u00e9diatement une augmentation de la temp\u00e9rature int\u00e9rieure.<\/p><p>Autrement dit, deux b\u00e2timents poss\u00e9dant exactement la m\u00eame isolation peuvent pr\u00e9senter des comportements tr\u00e8s diff\u00e9rents selon leur masse thermique.<\/p><p><strong>Exemple concret<\/strong><\/p><p>Imaginons deux habitations ayant exactement la m\u00eame valeur de transmission thermique des murs.<\/p><p>La premi\u00e8re est construite en b\u00e9ton arm\u00e9.<\/p><p>La seconde est r\u00e9alis\u00e9e en ossature bois l\u00e9g\u00e8re.<\/p><p>Au lever du soleil, les deux b\u00e2timents pr\u00e9sentent une temp\u00e9rature int\u00e9rieure identique.<\/p><p>Au fil de la journ\u00e9e, les apports solaires augmentent progressivement.<\/p><p>La maison \u00e0 ossature bois r\u00e9agit rapidement.<\/p><p>La temp\u00e9rature int\u00e9rieure commence \u00e0 augmenter d\u00e8s les premi\u00e8res heures de l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p><p>La maison en b\u00e9ton absorbe une partie importante de cette \u00e9nergie dans ses murs, ses planchers et ses cloisons.<\/p><p>L&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de temp\u00e9rature est plus lente.<\/p><p>Le pic de chaleur est retard\u00e9 de plusieurs heures.<\/p><p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne constitue l&rsquo;un des principaux avantages d&rsquo;une forte inertie thermique.<\/p><p><strong>2.2 Les trois propri\u00e9t\u00e9s qui d\u00e9terminent l&rsquo;inertie<\/strong><\/p><p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e largement r\u00e9pandue, l&rsquo;inertie ne d\u00e9pend pas uniquement du poids d&rsquo;un mat\u00e9riau.<\/p><p>Trois propri\u00e9t\u00e9s physiques interviennent simultan\u00e9ment.<\/p><ul><li>la masse volumique ;<\/li><li>la capacit\u00e9 thermique massique ;<\/li><li>la conductivit\u00e9 thermique.<\/li><\/ul><p>L&rsquo;association de ces trois param\u00e8tres d\u00e9termine la mani\u00e8re dont un mat\u00e9riau r\u00e9agit face aux variations de temp\u00e9rature.<\/p><p><strong>La masse volumique<\/strong><\/p><p>La masse volumique repr\u00e9sente la quantit\u00e9 de mati\u00e8re contenue dans un volume donn\u00e9.<\/p><p>Elle s&rsquo;exprime g\u00e9n\u00e9ralement en kilogrammes par m\u00e8tre cube (kg\/m\u00b3).<\/p><p>Plus un mat\u00e9riau est dense, plus il est susceptible de stocker de l&rsquo;\u00e9nergie.<\/p><p>Quelques ordres de grandeur illustrent cette diff\u00e9rence.<\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Mat\u00e9riau<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Masse volumique approximative<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Laine de verre l\u00e9g\u00e8re<\/p><\/td><td><p>15 \u00e0 25 kg\/m\u00b3<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Fibre de bois souple<\/p><\/td><td><p>50 \u00e0 70 kg\/m\u00b3<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Bois massif<\/p><\/td><td><p>450 \u00e0 700 kg\/m\u00b3<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Brique pleine<\/p><\/td><td><p>1 600 \u00e0 1 900 kg\/m\u00b3<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>B\u00e9ton arm\u00e9<\/p><\/td><td><p>2 300 \u00e0 2 500 kg\/m\u00b3<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Cette diff\u00e9rence explique pourquoi un mur en b\u00e9ton poss\u00e8de une capacit\u00e9 de stockage thermique beaucoup plus importante qu&rsquo;un isolant l\u00e9ger.<\/p><p>Toutefois, la densit\u00e9 seule ne suffit pas \u00e0 caract\u00e9riser les performances estivales.<\/p><p><strong>La capacit\u00e9 thermique massique<\/strong><\/p><p>Chaque mat\u00e9riau n\u00e9cessite une certaine quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie pour augmenter sa temp\u00e9rature d&rsquo;un degr\u00e9 Celsius.<\/p><p>Cette propri\u00e9t\u00e9 est appel\u00e9e <strong>capacit\u00e9 thermique massique<\/strong>.<\/p><p>Elle s&rsquo;exprime en joules par kilogramme et par kelvin (J\/kg\u00b7K).<\/p><p>Plus cette valeur est \u00e9lev\u00e9e, plus le mat\u00e9riau peut absorber d&rsquo;\u00e9nergie avant de se r\u00e9chauffer.<\/p><p>Par exemple, la fibre de bois poss\u00e8de une capacit\u00e9 thermique sup\u00e9rieure \u00e0 celle de nombreuses mousses synth\u00e9tiques.<\/p><p>Cette caract\u00e9ristique contribue \u00e0 son bon comportement en p\u00e9riode estivale.<\/p><p><strong>La conductivit\u00e9 thermique<\/strong><\/p><p>Le troisi\u00e8me param\u00e8tre est la conductivit\u00e9 thermique.<\/p><p>Un mat\u00e9riau tr\u00e8s conducteur transmet rapidement la chaleur.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un mat\u00e9riau peu conducteur ralentit sa propagation.<\/p><p>L&rsquo;inertie r\u00e9sulte donc d&rsquo;un \u00e9quilibre entre la capacit\u00e9 de stockage et la vitesse de diffusion de cette \u00e9nergie.<\/p><p>Cette combinaison explique pourquoi certains mat\u00e9riaux offrent un excellent confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 malgr\u00e9 une \u00e9paisseur relativement faible, tandis que d&rsquo;autres se montrent beaucoup moins performants dans les m\u00eames conditions.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Il est fr\u00e9quent d&rsquo;entendre que \u00ab plus un mur est lourd, meilleure sera son inertie \u00bb.<\/p><p>Cette affirmation est incompl\u00e8te.<\/p><p>Une forte masse constitue un avantage uniquement si cette masse participe r\u00e9ellement aux \u00e9changes thermiques avec les espaces int\u00e9rieurs.<\/p><p>Une dalle recouverte d&rsquo;un \u00e9pais rev\u00eatement isolant ou un mur massif totalement d\u00e9coupl\u00e9 de l&rsquo;ambiance int\u00e9rieure ne pourra pas stocker efficacement les apports de chaleur produits dans le logement.<\/p><p>La qualit\u00e9 de l&rsquo;inertie d\u00e9pend donc autant de la conception du b\u00e2timent que des mat\u00e9riaux utilis\u00e9s.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>Lors de la r\u00e9novation de b\u00e2timents anciens, certains propri\u00e9taires souhaitent remplacer des planchers en b\u00e9ton ou des cloisons ma\u00e7onn\u00e9es par des structures beaucoup plus l\u00e9g\u00e8res afin de simplifier les travaux.<\/p><p>Cette solution peut pr\u00e9senter des avantages constructifs ou \u00e9conomiques.<\/p><p>Cependant, elle r\u00e9duit parfois fortement la masse thermique disponible \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du volume chauff\u00e9.<\/p><p>Dans certaines habitations, cette diminution de l&rsquo;inertie explique une augmentation sensible des temp\u00e9ratures estivales apr\u00e8s r\u00e9novation, alors m\u00eame que les performances d&rsquo;isolation se sont am\u00e9lior\u00e9es.<\/p><p>L&rsquo;analyse du comportement d&rsquo;\u00e9t\u00e9 doit donc toujours accompagner les choix constructifs, en particulier dans les projets visant une tr\u00e8s faible consommation d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>Comprendre ce qu&rsquo;est l&rsquo;inertie thermique constitue une premi\u00e8re \u00e9tape.<\/p><p>Il reste maintenant \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une question essentielle :<\/p><p><strong>Comment cette \u00e9nergie se d\u00e9place-t-elle \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des mat\u00e9riaux au fil des heures ?<\/strong><\/p><p>La r\u00e9ponse \u00e0 cette question nous conduira naturellement vers la notion de <strong>d\u00e9phasage thermique<\/strong>, v\u00e9ritable cl\u00e9 du confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 dans les b\u00e2timents performants.<\/p><p><strong>2.3 Le d\u00e9phasage thermique : comprendre le retard de la chaleur<\/strong><\/p><p>Le terme <strong>d\u00e9phasage thermique<\/strong> est aujourd&rsquo;hui largement utilis\u00e9 dans le domaine de la construction. Il appara\u00eet dans les documentations commerciales, les catalogues de fabricants et les discussions entre professionnels.<\/p><p>Pourtant, cette notion est souvent simplifi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame.<\/p><p>Il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;entendre qu&rsquo;un mat\u00e9riau poss\u00e8de un d\u00e9phasage de huit, dix ou douze heures, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une caract\u00e9ristique intrins\u00e8que comparable \u00e0 la conductivit\u00e9 thermique.<\/p><p>En r\u00e9alit\u00e9, le d\u00e9phasage ne d\u00e9pend jamais d&rsquo;un seul mat\u00e9riau.<\/p><p>Il r\u00e9sulte du comportement de l&rsquo;ensemble de la paroi.<\/p><p>L&rsquo;\u00e9paisseur des couches, leur ordre de mise en \u0153uvre, leurs propri\u00e9t\u00e9s thermiques et les conditions climatiques influencent directement le r\u00e9sultat obtenu.<\/p><p>Comprendre cette nuance est essentiel pour \u00e9viter des erreurs de conception parfois co\u00fbteuses.<\/p><p><strong>2.3.1 D\u00e9finition<\/strong><\/p><p>Le d\u00e9phasage thermique correspond au temps n\u00e9cessaire \u00e0 une variation importante de temp\u00e9rature ext\u00e9rieure pour produire son effet maximal sur la face int\u00e9rieure d&rsquo;une paroi.<\/p><p>Autrement dit, il mesure le <strong>retard<\/strong> avec lequel la chaleur traverse un \u00e9l\u00e9ment de construction.<\/p><p>Plus ce retard est important, plus la chaleur p\u00e9n\u00e8tre tardivement dans le b\u00e2timent.<\/p><p>Dans certaines situations, cette chaleur peut m\u00eame \u00eatre \u00e9vacu\u00e9e par ventilation nocturne avant d&rsquo;avoir eu le temps d&rsquo;affecter le confort int\u00e9rieur.<\/p><p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette propri\u00e9t\u00e9 qui explique le comportement remarquable de certains b\u00e2timents anciens pendant les \u00e9pisodes de forte chaleur.<\/p><p><strong>Exemple simple<\/strong><\/p><p>Imaginons une toiture expos\u00e9e au soleil.<\/p><p>\u00c0 13 heures, la temp\u00e9rature de sa surface ext\u00e9rieure atteint 70 \u00b0C.<\/p><p>Cette augmentation de temp\u00e9rature ne se retrouve pas instantan\u00e9ment sous le plafond.<\/p><p>La chaleur commence progressivement \u00e0 traverser les diff\u00e9rentes couches de la toiture.<\/p><p>Selon leur composition, le pic de temp\u00e9rature peut appara\u00eetre :<\/p><ul><li>\u00e0 16 heures ;<\/li><li>\u00e0 19 heures ;<\/li><li>\u00e0 22 heures ;<\/li><li>voire durant la nuit.<\/li><\/ul><p>Le temps \u00e9coul\u00e9 entre ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes constitue le d\u00e9phasage thermique.<\/p><p><strong>Une comparaison avec la vie quotidienne<\/strong><\/p><p>Pour mieux comprendre ce ph\u00e9nom\u00e8ne, imaginons deux casseroles contenant chacune un litre d&rsquo;eau.<\/p><p>La premi\u00e8re est en aluminium tr\u00e8s fin.<\/p><p>La seconde est en fonte \u00e9paisse.<\/p><p>Plac\u00e9es sur une m\u00eame plaque de cuisson, la casserole en aluminium chauffe tr\u00e8s rapidement.<\/p><p>La casserole en fonte met davantage de temps \u00e0 monter en temp\u00e9rature.<\/p><p>Cependant, lorsqu&rsquo;on coupe le chauffage, elle reste chaude beaucoup plus longtemps.<\/p><p>Les mat\u00e9riaux de construction r\u00e9agissent de mani\u00e8re comparable.<\/p><p>Les mat\u00e9riaux l\u00e9gers r\u00e9pondent rapidement aux variations de temp\u00e9rature.<\/p><p>Les mat\u00e9riaux lourds r\u00e9agissent plus lentement et diffusent la chaleur sur une p\u00e9riode beaucoup plus longue.<\/p><p><strong>2.3.2 Pourquoi le d\u00e9phasage est-il important en \u00e9t\u00e9 ?<\/strong><\/p><p>Le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 d\u00e9pend fortement du moment o\u00f9 la chaleur p\u00e9n\u00e8tre dans le b\u00e2timent.<\/p><p>Prenons deux situations.<\/p><p><strong>Premier cas<\/strong><\/p><p>Le pic de chaleur atteint l&rsquo;int\u00e9rieur vers 15 heures.<\/p><p>\u00c0 cette heure, la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure est g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e.<\/p><p>Il est pratiquement impossible de rafra\u00eechir naturellement le b\u00e2timent.<\/p><p>Les occupants subissent alors simultan\u00e9ment :<\/p><ul><li>la chaleur ext\u00e9rieure ;<\/li><li>les apports internes ;<\/li><li>la chaleur transmise par les parois.<\/li><\/ul><p>Le confort se d\u00e9grade rapidement.<\/p><p><strong>Deuxi\u00e8me cas<\/strong><\/p><p>Le pic thermique appara\u00eet vers 23 heures.<\/p><p>\u00c0 cette heure, la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure commence g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 diminuer.<\/p><p>L&rsquo;ouverture des fen\u00eatres permet d&rsquo;\u00e9vacuer plus facilement la chaleur accumul\u00e9e.<\/p><p>Le b\u00e2timent b\u00e9n\u00e9ficie alors de la fra\u00eecheur nocturne.<\/p><p>Cette situation est nettement plus favorable.<\/p><p>Le confort est am\u00e9lior\u00e9 sans recourir \u00e0 une climatisation.<\/p><p><strong>Le r\u00f4le de la ventilation nocturne<\/strong><\/p><p>Le d\u00e9phasage ne produit ses effets b\u00e9n\u00e9fiques que si la chaleur accumul\u00e9e peut \u00eatre \u00e9vacu\u00e9e.<\/p><p>Cette \u00e9vacuation repose principalement sur la ventilation nocturne.<\/p><p>Pendant la nuit, lorsque la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure devient inf\u00e9rieure \u00e0 celle du b\u00e2timent, l&rsquo;ouverture des fen\u00eatres ou le fonctionnement adapt\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me de ventilation permet de refroidir progressivement les mat\u00e9riaux ayant stock\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nergie pendant la journ\u00e9e.<\/p><p>Le lendemain matin, ces mat\u00e9riaux retrouvent une capacit\u00e9 de stockage importante.<\/p><p>Ils peuvent de nouveau absorber une partie des apports thermiques.<\/p><p>Le cycle recommence.<\/p><p>En l&rsquo;absence de refroidissement nocturne, les mat\u00e9riaux restent chauds.<\/p><p>Jour apr\u00e8s jour, ils accumulent davantage d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p><p>Le confort se d\u00e9grade progressivement au fil de la canicule.<\/p><p><strong>2.3.3 Les facteurs qui influencent le d\u00e9phasage<\/strong><\/p><p>Le d\u00e9phasage d\u00e9pend simultan\u00e9ment de plusieurs param\u00e8tres.<\/p><p>Le premier est l&rsquo;\u00e9paisseur de la paroi.<\/p><p>\u00c0 composition identique, une paroi plus \u00e9paisse offre g\u00e9n\u00e9ralement un d\u00e9phasage plus important.<\/p><p>Le second est la nature des mat\u00e9riaux.<\/p><p>Deux mat\u00e9riaux poss\u00e9dant une conductivit\u00e9 thermique comparable peuvent pr\u00e9senter des comportements tr\u00e8s diff\u00e9rents selon leur densit\u00e9 et leur capacit\u00e9 thermique.<\/p><p>Le troisi\u00e8me facteur est l&rsquo;ordre des diff\u00e9rentes couches.<\/p><p>La position d&rsquo;un mat\u00e9riau lourd ou l\u00e9ger dans une paroi modifie les \u00e9changes thermiques.<\/p><p>Enfin, les conditions climatiques jouent \u00e9galement un r\u00f4le.<\/p><p>Une journ\u00e9e exceptionnellement chaude suivie d&rsquo;une nuit tropicale ne permettra pas le m\u00eame refroidissement qu&rsquo;une journ\u00e9e chaude accompagn\u00e9e d&rsquo;une nuit fra\u00eeche.<\/p><p><strong>Tableau 2.1 \u2013 Influence qualitative de diff\u00e9rents param\u00e8tres sur le d\u00e9phasage<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Param\u00e8tre<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Influence g\u00e9n\u00e9rale sur le d\u00e9phasage<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Augmentation de l&rsquo;\u00e9paisseur<\/p><\/td><td><p>Augmentation<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Masse volumique plus \u00e9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Augmentation<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Capacit\u00e9 thermique plus importante<\/p><\/td><td><p>Augmentation<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Conductivit\u00e9 thermique \u00e9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Diminution dans de nombreux cas<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Ventilation nocturne efficace<\/p><\/td><td><p>Valorise les b\u00e9n\u00e9fices du d\u00e9phasage<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Ce tableau pr\u00e9sente les tendances g\u00e9n\u00e9rales observ\u00e9es en physique du b\u00e2timent.<\/p><p>L&rsquo;\u00e9valuation pr\u00e9cise du comportement d&rsquo;une paroi n\u00e9cessite toutefois une analyse dynamique prenant en compte l&rsquo;ensemble de sa composition.<\/p><p><strong>\u00c9tude de cas<\/strong><\/p><p>Deux maisons construites la m\u00eame ann\u00e9e pr\u00e9sentent une isolation de toiture offrant une r\u00e9sistance thermique comparable.<\/p><p>La premi\u00e8re utilise principalement un isolant synth\u00e9tique l\u00e9ger.<\/p><p>La seconde est isol\u00e9e avec un complexe int\u00e9grant une forte masse surfacique.<\/p><p>Au cours d&rsquo;une journ\u00e9e de canicule, les mesures montrent que la temp\u00e9rature sous toiture augmente plus rapidement dans la premi\u00e8re habitation.<\/p><p>Dans la seconde, le pic de temp\u00e9rature est retard\u00e9 de plusieurs heures.<\/p><p>Les occupants constatent une diff\u00e9rence importante de confort, alors que les performances hivernales des deux toitures sont proches.<\/p><p>Cet exemple illustre parfaitement qu&rsquo;une bonne r\u00e9sistance thermique ne suffit pas \u00e0 caract\u00e9riser le comportement estival d&rsquo;une paroi.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Il est fr\u00e9quent de voir des fabricants annoncer un temps de d\u00e9phasage calcul\u00e9 uniquement pour leur produit.<\/p><p>Cette pr\u00e9sentation est trompeuse.<\/p><p>Le d\u00e9phasage concerne toujours une <strong>paroi compl\u00e8te<\/strong>.<\/p><p>Il d\u00e9pend de l&rsquo;ensemble des mat\u00e9riaux qui la composent ainsi que de leurs caract\u00e9ristiques physiques.<\/p><p>Comparer deux isolants uniquement sur la base d&rsquo;un temps de d\u00e9phasage annonc\u00e9 dans une brochure ne permet donc pas de pr\u00e9dire le comportement r\u00e9el d&rsquo;une toiture ou d&rsquo;un mur.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>Lors de nombreuses r\u00e9novations, l&rsquo;objectif est naturellement d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;isolation thermique.<\/p><p>Cependant, lorsqu&rsquo;un projet est \u00e9tudi\u00e9 uniquement sous l&rsquo;angle de la r\u00e9sistance thermique hivernale, certaines solutions peuvent conduire \u00e0 un confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 d\u00e9cevant.<\/p><p>Le choix des mat\u00e9riaux doit toujours tenir compte de leur comportement dynamique.<\/p><p>Une toiture affichant une excellente valeur U n&rsquo;offrira pas n\u00e9cessairement un bon confort lors des vagues de chaleur si sa capacit\u00e9 de stockage thermique reste insuffisante.<\/p><p>L&rsquo;analyse du d\u00e9phasage constitue donc un compl\u00e9ment indispensable \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation classique des performances \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>Le d\u00e9phasage ne peut \u00eatre compris sans \u00e9tudier plus en d\u00e9tail les propri\u00e9t\u00e9s physiques des mat\u00e9riaux qui composent l&rsquo;enveloppe du b\u00e2timent.<\/p><p>Dans la section suivante, nous analyserons les caract\u00e9ristiques des principaux mat\u00e9riaux utilis\u00e9s dans la construction et nous verrons pourquoi certains d&rsquo;entre eux pr\u00e9sentent un comportement particuli\u00e8rement favorable en p\u00e9riode estivale.<\/p><p><strong>2.4 Les mat\u00e9riaux face \u00e0 l&rsquo;inertie thermique<\/strong><\/p><p>Tous les mat\u00e9riaux de construction ne r\u00e9agissent pas de la m\u00eame mani\u00e8re face \u00e0 une sollicitation thermique.<\/p><p>Certains se r\u00e9chauffent tr\u00e8s rapidement mais restituent \u00e9galement leur \u00e9nergie en peu de temps.<\/p><p>D&rsquo;autres absorbent progressivement une quantit\u00e9 importante de chaleur avant d&rsquo;augmenter en temp\u00e9rature. Ils la restituent ensuite lentement sur plusieurs heures.<\/p><p>Ces diff\u00e9rences expliquent pourquoi deux b\u00e2timents poss\u00e9dant une isolation similaire peuvent pr\u00e9senter des comportements estivaux tr\u00e8s diff\u00e9rents.<\/p><p>Pour comprendre ces ph\u00e9nom\u00e8nes, il est indispensable d&rsquo;analyser les principales propri\u00e9t\u00e9s physiques des mat\u00e9riaux.<\/p><p><strong>2.4.1 Les mat\u00e9riaux lourds<\/strong><\/p><p>Les mat\u00e9riaux dits \u00ab lourds \u00bb poss\u00e8dent g\u00e9n\u00e9ralement une masse volumique importante.<\/p><p>Ils sont capables d&rsquo;accumuler une grande quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie thermique avant que leur temp\u00e9rature n&rsquo;augmente sensiblement.<\/p><p>Cette propri\u00e9t\u00e9 en fait d&rsquo;excellents r\u00e9servoirs de chaleur.<\/p><p>Parmi les principaux mat\u00e9riaux lourds utilis\u00e9s dans le b\u00e2timent, on retrouve :<\/p><ul><li>le b\u00e9ton ;<\/li><li>la brique pleine ;<\/li><li>la pierre naturelle ;<\/li><li>la terre crue ;<\/li><li>les chapes traditionnelles ;<\/li><li>les carreaux de c\u00e9ramique.<\/li><\/ul><p>Ces mat\u00e9riaux pr\u00e9sentent un comportement particuli\u00e8rement int\u00e9ressant lorsque leur masse est directement en contact avec l&rsquo;ambiance int\u00e9rieure.<\/p><p>Une dalle en b\u00e9ton apparente, par exemple, peut absorber une partie importante des apports thermiques pendant la journ\u00e9e et restituer progressivement cette \u00e9nergie durant la nuit.<\/p><p><strong>Le b\u00e9ton<\/strong><\/p><p>Le b\u00e9ton est probablement le mat\u00e9riau pr\u00e9sentant la plus grande masse thermique dans les constructions contemporaines.<\/p><p>Sa forte densit\u00e9 lui permet de stocker une quantit\u00e9 importante d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p><p>Dans un b\u00e2timent correctement ventil\u00e9 durant la nuit, une dalle en b\u00e9ton agit comme une batterie thermique.<\/p><p>Pendant la journ\u00e9e, elle absorbe une partie des apports de chaleur.<\/p><p>Pendant la nuit, elle restitue cette \u00e9nergie lorsque l&rsquo;air ext\u00e9rieur devient plus frais.<\/p><p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne contribue \u00e0 limiter les variations de temp\u00e9rature int\u00e9rieure.<\/p><p>Toutefois, ce comportement n&rsquo;est r\u00e9ellement efficace que si la dalle peut se refroidir suffisamment pendant les heures nocturnes.<\/p><p><strong>La brique pleine<\/strong><\/p><p>Les b\u00e2timents anciens construits en briques pleines poss\u00e8dent souvent une inertie remarquable.<\/p><p>Leurs murs massifs absorbent progressivement les apports solaires.<\/p><p>Cette \u00e9nergie met plusieurs heures \u00e0 traverser l&rsquo;\u00e9paisseur de la ma\u00e7onnerie.<\/p><p>C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles de nombreuses maisons anciennes restent relativement fra\u00eeches durant les journ\u00e9es chaudes, malgr\u00e9 une isolation souvent inexistante.<\/p><p>En revanche, ces m\u00eames b\u00e2timents peuvent \u00e9galement \u00eatre difficiles \u00e0 r\u00e9chauffer apr\u00e8s une longue p\u00e9riode froide.<\/p><p>L&rsquo;inertie agit donc dans les deux sens.<\/p><p><strong>La pierre naturelle<\/strong><\/p><p>La pierre naturelle pr\u00e9sente un comportement comparable \u00e0 celui de la brique pleine.<\/p><p>Son importante capacit\u00e9 de stockage thermique explique son utilisation historique dans de nombreuses r\u00e9gions soumises \u00e0 de fortes amplitudes de temp\u00e9rature.<\/p><p>Les constructions en pierre offrent g\u00e9n\u00e9ralement une grande stabilit\u00e9 thermique lorsque leur conception permet un refroidissement nocturne efficace.<\/p><p><strong>La terre crue<\/strong><\/p><p>Depuis plusieurs milliers d&rsquo;ann\u00e9es, la terre crue est utilis\u00e9e pour ses remarquables qualit\u00e9s thermiques.<\/p><p>Sous forme de pis\u00e9, d&rsquo;adobe ou de blocs comprim\u00e9s, elle poss\u00e8de une forte capacit\u00e9 de stockage tout en contribuant \u00e0 r\u00e9guler naturellement l&rsquo;humidit\u00e9 int\u00e9rieure.<\/p><p>Ces deux propri\u00e9t\u00e9s expliquent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat croissant port\u00e9 aujourd&rsquo;hui aux mat\u00e9riaux biosourc\u00e9s et g\u00e9osourc\u00e9s dans les projets de construction durable.<\/p><p><strong>2.4.2 Les mat\u00e9riaux l\u00e9gers<\/strong><\/p><p>\u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9 des mat\u00e9riaux pr\u00e9c\u00e9dents, certains \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sentent une faible masse volumique.<\/p><p>Ils r\u00e9agissent tr\u00e8s rapidement aux variations de temp\u00e9rature.<\/p><p>Leur capacit\u00e9 de stockage thermique est limit\u00e9e.<\/p><p>On retrouve notamment dans cette cat\u00e9gorie :<\/p><ul><li>les plaques de pl\u00e2tre ;<\/li><li>les cloisons l\u00e9g\u00e8res ;<\/li><li>les panneaux sandwich ;<\/li><li>certaines structures m\u00e9talliques ;<\/li><li>les isolants souples.<\/li><\/ul><p>Ces mat\u00e9riaux permettent souvent une mise en \u0153uvre rapide et pr\u00e9sentent de bonnes performances hivernales lorsqu&rsquo;ils sont correctement isol\u00e9s.<\/p><p>En revanche, leur faible inertie n\u00e9cessite une conception particuli\u00e8rement soign\u00e9e pour \u00e9viter les surchauffes estivales.<\/p><p><strong>Les structures m\u00e9talliques<\/strong><\/p><p>L&rsquo;acier poss\u00e8de une conductivit\u00e9 thermique tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e.<\/p><p>Il se r\u00e9chauffe rapidement lorsqu&rsquo;il est expos\u00e9 au soleil.<\/p><p>En l&rsquo;absence de protections adapt\u00e9es, cette caract\u00e9ristique peut entra\u00eener des \u00e9l\u00e9vations importantes de temp\u00e9rature.<\/p><p>C&rsquo;est pourquoi les b\u00e2timents m\u00e9talliques n\u00e9cessitent g\u00e9n\u00e9ralement une isolation performante, une ventilation efficace et une attention particuli\u00e8re aux ponts thermiques.<\/p><p><strong>Les plaques de pl\u00e2tre<\/strong><\/p><p>Les plaques de pl\u00e2tre sont largement utilis\u00e9es dans les am\u00e9nagements int\u00e9rieurs.<\/p><p>Leur masse reste relativement faible compar\u00e9e \u00e0 celle d&rsquo;un mur ma\u00e7onn\u00e9.<\/p><p>Elles participent donc peu au stockage de la chaleur.<\/p><p>Dans les b\u00e2timents tr\u00e8s l\u00e9gers, cette caract\u00e9ristique contribue \u00e0 la rapidit\u00e9 des variations de temp\u00e9rature.<\/p><p><strong>2.4.3 Les isolants : un r\u00f4le diff\u00e9rent<\/strong><\/p><p>Les isolants sont parfois pr\u00e9sent\u00e9s comme des mat\u00e9riaux capables de stocker la chaleur.<\/p><p>Cette affirmation m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre nuanc\u00e9e.<\/p><p>Leur fonction premi\u00e8re consiste avant tout \u00e0 ralentir les \u00e9changes thermiques entre deux milieux.<\/p><p>Ils limitent les pertes hivernales.<\/p><p>Ils ralentissent \u00e9galement les apports estivaux.<\/p><p>Cependant, leur capacit\u00e9 de stockage reste g\u00e9n\u00e9ralement beaucoup plus faible que celle des mat\u00e9riaux lourds.<\/p><p>Le comportement global d&rsquo;une paroi d\u00e9pend donc de la combinaison entre l&rsquo;isolant et les \u00e9l\u00e9ments massifs qui l&rsquo;accompagnent.<\/p><p><strong>Exemple comparatif<\/strong><\/p><p>Consid\u00e9rons deux toitures pr\u00e9sentant exactement la m\u00eame r\u00e9sistance thermique.<\/p><p>La premi\u00e8re est compos\u00e9e uniquement de mat\u00e9riaux l\u00e9gers.<\/p><p>La seconde associe un isolant performant \u00e0 une dalle en b\u00e9ton situ\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 int\u00e9rieur.<\/p><p>Durant une journ\u00e9e chaude, la seconde toiture absorbera une partie importante des apports thermiques dans sa masse.<\/p><p>La premi\u00e8re r\u00e9agira beaucoup plus rapidement.<\/p><p>Les occupants percevront alors une mont\u00e9e en temp\u00e9rature plus pr\u00e9coce.<\/p><p>Cet exemple montre que la r\u00e9sistance thermique ne suffit pas \u00e0 caract\u00e9riser le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p><strong>Tableau 2.2 \u2013 Comportement thermique de quelques mat\u00e9riaux courants<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Mat\u00e9riau<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Masse thermique<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>R\u00e9action aux variations de temp\u00e9rature<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Contribution au confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>B\u00e9ton arm\u00e9<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Lente<\/p><\/td><td><p>Excellente<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Brique pleine<\/p><\/td><td><p>\u00c9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Lente<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bonne<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Pierre naturelle<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s lente<\/p><\/td><td><p>Excellente<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Terre crue<\/p><\/td><td><p>\u00c9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Lente<\/p><\/td><td><p>Excellente<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Bois massif<\/p><\/td><td><p>Moyenne<\/p><\/td><td><p>Mod\u00e9r\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Bonne<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Plaque de pl\u00e2tre<\/p><\/td><td><p>Faible<\/p><\/td><td><p>Rapide<\/p><\/td><td><p>Faible<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Structure m\u00e9tallique<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s faible capacit\u00e9 de stockage<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s rapide<\/p><\/td><td><p>Faible sans protections adapt\u00e9es<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Il est souvent affirm\u00e9 qu&rsquo;un mat\u00e9riau est \u00ab meilleur \u00bb qu&rsquo;un autre sans pr\u00e9ciser le contexte.<\/p><p>En r\u00e9alit\u00e9, aucun mat\u00e9riau n&rsquo;est universellement sup\u00e9rieur.<\/p><p>Le choix d\u00e9pend :<\/p><ul><li>du climat ;<\/li><li>de l&rsquo;orientation du b\u00e2timent ;<\/li><li>du mode d&rsquo;occupation ;<\/li><li>de la strat\u00e9gie de ventilation ;<\/li><li>de la composition compl\u00e8te de la paroi.<\/li><\/ul><p>Un excellent mat\u00e9riau utilis\u00e9 dans une mauvaise configuration peut produire un r\u00e9sultat moins satisfaisant qu&rsquo;une solution plus simple correctement con\u00e7ue.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>Lors de r\u00e9novations \u00e9nerg\u00e9tiques, l&rsquo;attention se porte naturellement sur l&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;isolation.<\/p><p>Pourtant, il est souvent int\u00e9ressant de conserver ou de valoriser les \u00e9l\u00e9ments massifs d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents dans le b\u00e2timent.<\/p><p>Une dalle en b\u00e9ton existante, un mur int\u00e9rieur en briques ou une cloison lourde peuvent constituer une r\u00e9serve d&rsquo;inertie pr\u00e9cieuse.<\/p><p>Les supprimer syst\u00e9matiquement au profit de solutions enti\u00e8rement l\u00e9g\u00e8res n&rsquo;am\u00e9liore pas toujours le confort estival.<\/p><p>Chaque projet m\u00e9rite donc une analyse globale afin de tirer parti des qualit\u00e9s intrins\u00e8ques du b\u00e2timent existant.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>Nous avons vu que les mat\u00e9riaux ne poss\u00e8dent pas tous la m\u00eame capacit\u00e9 de stockage thermique.<\/p><p>Cependant, une question demeure.<\/p><p><strong>Comment mesurer objectivement cette capacit\u00e9 ?<\/strong><\/p><p>Dans la section suivante, nous \u00e9tudierons les principaux param\u00e8tres utilis\u00e9s par les ing\u00e9nieurs pour caract\u00e9riser le comportement dynamique des parois, notamment la capacit\u00e9 thermique surfacique, la diffusivit\u00e9 thermique et l&rsquo;effusivit\u00e9, qui permettent d&rsquo;\u00e9valuer de mani\u00e8re plus pr\u00e9cise les performances d&rsquo;un b\u00e2timent en p\u00e9riode estivale.<\/p><p><strong>2.5 Les param\u00e8tres physiques qui caract\u00e9risent l&rsquo;inertie thermique<\/strong><\/p><p>Dans les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents, nous avons utilis\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises des expressions telles que \u00ab forte inertie \u00bb, \u00ab stockage thermique \u00bb ou \u00ab d\u00e9phasage important \u00bb.<\/p><p>Ces notions sont utiles pour comprendre le comportement g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;un b\u00e2timent, mais elles restent qualitatives.<\/p><p>Pour comparer objectivement deux mat\u00e9riaux ou deux parois, les ing\u00e9nieurs utilisent plusieurs param\u00e8tres physiques mesurables.<\/p><p>Les plus importants sont :<\/p><ul><li>la capacit\u00e9 thermique massique ;<\/li><li>la capacit\u00e9 thermique volumique ;<\/li><li>la capacit\u00e9 thermique surfacique ;<\/li><li>la diffusivit\u00e9 thermique ;<\/li><li>l&rsquo;effusivit\u00e9 thermique.<\/li><\/ul><p>Chacun d\u00e9crit un aspect particulier du comportement thermique d&rsquo;un mat\u00e9riau.<\/p><p>Pris isol\u00e9ment, aucun de ces param\u00e8tres ne permet de pr\u00e9dire \u00e0 lui seul le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un b\u00e2timent.<\/p><p>C&rsquo;est leur combinaison qui permet d&rsquo;obtenir une vision compl\u00e8te.<\/p><p><strong>2.5.1 La capacit\u00e9 thermique massique<\/strong><\/p><p>La capacit\u00e9 thermique massique repr\u00e9sente la quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie n\u00e9cessaire pour \u00e9lever d&rsquo;un degr\u00e9 Celsius la temp\u00e9rature d&rsquo;un kilogramme de mat\u00e9riau.<\/p><p>Elle s&rsquo;exprime en joules par kilogramme et par kelvin :<\/p><p><strong>J\/(kg\u00b7K)<\/strong><\/p><p>Plus cette valeur est \u00e9lev\u00e9e, plus le mat\u00e9riau est capable d&rsquo;absorber de l&rsquo;\u00e9nergie avant que sa temp\u00e9rature n&rsquo;augmente.<\/p><p>Par exemple, deux mat\u00e9riaux de m\u00eame masse mais de capacit\u00e9s thermiques diff\u00e9rentes ne r\u00e9agiront pas de la m\u00eame mani\u00e8re face \u00e0 un apport solaire identique.<\/p><p>Celui poss\u00e9dant la capacit\u00e9 thermique la plus \u00e9lev\u00e9e se r\u00e9chauffera plus lentement.<\/p><p>Cette propri\u00e9t\u00e9 explique notamment le bon comportement de certains mat\u00e9riaux naturels utilis\u00e9s depuis plusieurs si\u00e8cles dans la construction.<\/p><p><strong>Tableau 2.3 \u2013 Capacit\u00e9 thermique massique de quelques mat\u00e9riaux<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Mat\u00e9riau<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Capacit\u00e9 thermique massique (J\/kg\u00b7K)<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>B\u00e9ton<\/p><\/td><td><p>\u2248 900<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Brique pleine<\/p><\/td><td><p>\u2248 840<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Pierre calcaire<\/p><\/td><td><p>\u2248 900<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Bois massif<\/p><\/td><td><p>\u2248 1 600<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Fibre de bois<\/p><\/td><td><p>\u2248 2 100<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Laine de roche<\/p><\/td><td><p>\u2248 840<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Ouate de cellulose<\/p><\/td><td><p>\u2248 2 000<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Ces valeurs sont donn\u00e9es \u00e0 titre indicatif. Elles peuvent varier selon la composition exacte, la teneur en humidit\u00e9 et les donn\u00e9es fournies par les fabricants.<\/p><p>Il est important de noter qu&rsquo;une capacit\u00e9 thermique \u00e9lev\u00e9e ne garantit pas, \u00e0 elle seule, un excellent comportement estival. La masse volumique doit \u00e9galement \u00eatre prise en consid\u00e9ration.<\/p><p><strong>2.5.2 La capacit\u00e9 thermique volumique<\/strong><\/p><p>La capacit\u00e9 thermique volumique tient compte simultan\u00e9ment de la capacit\u00e9 thermique massique et de la masse volumique.<\/p><p>Elle repr\u00e9sente la quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;un m\u00e8tre cube de mat\u00e9riau peut stocker pour une \u00e9l\u00e9vation de temp\u00e9rature d&rsquo;un degr\u00e9 Celsius.<\/p><p>Elle est obtenue en multipliant :<\/p><ul><li>la masse volumique ;<\/li><li>la capacit\u00e9 thermique massique.<\/li><\/ul><p>Cette grandeur est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante car elle traduit directement le potentiel r\u00e9el de stockage thermique d&rsquo;un mat\u00e9riau mis en \u0153uvre dans un b\u00e2timent.<\/p><p>Un mat\u00e9riau tr\u00e8s l\u00e9ger peut pr\u00e9senter une excellente capacit\u00e9 thermique massique tout en offrant une capacit\u00e9 de stockage relativement faible en raison de sa faible densit\u00e9.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un mat\u00e9riau plus dense peut stocker une quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie beaucoup plus importante malgr\u00e9 une capacit\u00e9 thermique massique l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieure.<\/p><p><strong>Exemple comparatif<\/strong><\/p><p>Imaginons deux panneaux de m\u00eame volume.<\/p><p>Le premier est constitu\u00e9 d&rsquo;un isolant l\u00e9ger.<\/p><p>Le second est r\u00e9alis\u00e9 en b\u00e9ton.<\/p><p>M\u00eame si l&rsquo;isolant poss\u00e8de une capacit\u00e9 thermique massique int\u00e9ressante, sa tr\u00e8s faible densit\u00e9 limite fortement la quantit\u00e9 totale d&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;il peut stocker.<\/p><p>Le panneau en b\u00e9ton, beaucoup plus dense, absorbera une quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie nettement sup\u00e9rieure avant de s&rsquo;\u00e9chauffer.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence explique l&rsquo;importance de la masse dans le comportement dynamique des b\u00e2timents.<\/p><p><strong>2.5.3 La capacit\u00e9 thermique surfacique<\/strong><\/p><p>Dans le domaine de la physique du b\u00e2timent, la capacit\u00e9 thermique surfacique constitue souvent un indicateur plus pertinent.<\/p><p>Elle exprime la quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie que peut absorber un m\u00e8tre carr\u00e9 de paroi.<\/p><p>Elle d\u00e9pend :<\/p><ul><li>des mat\u00e9riaux utilis\u00e9s ;<\/li><li>de leur \u00e9paisseur ;<\/li><li>de leur position dans la paroi.<\/li><\/ul><p>Une cloison l\u00e9g\u00e8re en plaques de pl\u00e2tre poss\u00e8de une capacit\u00e9 thermique surfacique relativement faible.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un mur int\u00e9rieur en briques pleines ou une dalle en b\u00e9ton pr\u00e9sentent une capacit\u00e9 beaucoup plus importante.<\/p><p>Dans les b\u00e2timents fortement vitr\u00e9s, cette capacit\u00e9 de stockage contribue directement \u00e0 limiter les variations de temp\u00e9rature int\u00e9rieure.<\/p><p><strong>Pourquoi cette notion est-elle importante ?<\/strong><\/p><p>Imaginons qu&rsquo;un s\u00e9jour re\u00e7oive une quantit\u00e9 importante de rayonnement solaire \u00e0 travers une baie vitr\u00e9e.<\/p><p>Deux situations sont possibles.<\/p><p>Dans la premi\u00e8re, les murs et les planchers poss\u00e8dent une faible capacit\u00e9 thermique surfacique.<\/p><p>La chaleur reste principalement dans l&rsquo;air.<\/p><p>La temp\u00e9rature augmente rapidement.<\/p><p>Dans la seconde, les surfaces int\u00e9rieures absorbent une partie importante de cette \u00e9nergie.<\/p><p>L&rsquo;augmentation de temp\u00e9rature est plus lente.<\/p><p>Le confort des occupants est am\u00e9lior\u00e9.<\/p><p><strong>2.5.4 La diffusivit\u00e9 thermique<\/strong><\/p><p>La diffusivit\u00e9 thermique d\u00e9crit la vitesse avec laquelle une variation de temp\u00e9rature se propage \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un mat\u00e9riau.<\/p><p>Elle d\u00e9pend :<\/p><ul><li>de la conductivit\u00e9 thermique ;<\/li><li>de la capacit\u00e9 thermique ;<\/li><li>de la masse volumique.<\/li><\/ul><p>Plus la diffusivit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e, plus la chaleur traverse rapidement le mat\u00e9riau.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, une faible diffusivit\u00e9 ralentit cette propagation.<\/p><p>Cette propri\u00e9t\u00e9 intervient directement dans le ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9phasage \u00e9tudi\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p><p>Les mat\u00e9riaux pr\u00e9sentant une faible diffusivit\u00e9 retardent davantage l&rsquo;arriv\u00e9e du pic thermique.<\/p><p><strong>Une image simple<\/strong><\/p><p>Imaginons une goutte d&rsquo;encre d\u00e9pos\u00e9e dans deux r\u00e9cipients.<\/p><p>Le premier contient de l&rsquo;eau.<\/p><p>Le second contient un liquide beaucoup plus visqueux.<\/p><p>Dans l&rsquo;eau, la couleur se diffuse rapidement.<\/p><p>Dans le liquide visqueux, la propagation est nettement plus lente.<\/p><p>La chaleur se comporte de mani\u00e8re comparable lorsqu&rsquo;elle traverse diff\u00e9rents mat\u00e9riaux.<\/p><p>Certains la propagent rapidement.<\/p><p>D&rsquo;autres ralentissent fortement sa progression.<\/p><p><strong>2.5.5 L&rsquo;effusivit\u00e9 thermique<\/strong><\/p><p>L&rsquo;effusivit\u00e9 est une notion moins connue mais particuli\u00e8rement int\u00e9ressante.<\/p><p>Elle caract\u00e9rise la capacit\u00e9 d&rsquo;un mat\u00e9riau \u00e0 \u00e9changer rapidement de la chaleur avec son environnement imm\u00e9diat.<\/p><p>C&rsquo;est cette propri\u00e9t\u00e9 qui explique la sensation de froid ressentie lorsqu&rsquo;on touche un carrelage en hiver.<\/p><p>Le carrelage n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement plus froid que le parquet.<\/p><p>Cependant, son effusivit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9e lui permet d&rsquo;absorber rapidement la chaleur de la main.<\/p><p>Le cerveau interpr\u00e8te ce transfert rapide comme une sensation de froid.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, le bois \u00e9change la chaleur beaucoup plus lentement.<\/p><p>La sensation est imm\u00e9diatement plus agr\u00e9able.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence de perception montre que le confort thermique d\u00e9pend autant des \u00e9changes de chaleur entre le corps et les mat\u00e9riaux que de la temp\u00e9rature de l&rsquo;air.<\/p><p><strong>Tableau 2.4 \u2013 Influence des principaux param\u00e8tres<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Param\u00e8tre<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Influence principale<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Conductivit\u00e9 thermique<\/p><\/td><td><p>Vitesse de transfert de chaleur<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Capacit\u00e9 thermique massique<\/p><\/td><td><p>\u00c9nergie n\u00e9cessaire pour chauffer un kilogramme<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Masse volumique<\/p><\/td><td><p>Quantit\u00e9 de mati\u00e8re disponible pour stocker l&rsquo;\u00e9nergie<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Capacit\u00e9 thermique volumique<\/p><\/td><td><p>Potentiel r\u00e9el de stockage par unit\u00e9 de volume<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Diffusivit\u00e9 thermique<\/p><\/td><td><p>Vitesse de propagation de la chaleur<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Effusivit\u00e9 thermique<\/p><\/td><td><p>Vitesse d&rsquo;\u00e9change avec l&rsquo;environnement<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Ces param\u00e8tres sont compl\u00e9mentaires.<\/p><p>Une analyse pertinente du comportement thermique d&rsquo;une paroi n\u00e9cessite de les consid\u00e9rer simultan\u00e9ment.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Dans les comparatifs commerciaux, un seul indicateur est parfois mis en avant pour d\u00e9montrer la sup\u00e9riorit\u00e9 d&rsquo;un mat\u00e9riau.<\/p><p>Cette approche est r\u00e9ductrice.<\/p><p>Une faible conductivit\u00e9 thermique n&rsquo;implique pas n\u00e9cessairement une bonne inertie.<\/p><p>Une forte capacit\u00e9 thermique massique ne garantit pas non plus un comportement estival performant.<\/p><p>Le fonctionnement r\u00e9el d&rsquo;une paroi r\u00e9sulte toujours de l&rsquo;interaction entre plusieurs propri\u00e9t\u00e9s physiques.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>Lors d&rsquo;une expertise, il est tentant de comparer uniquement les valeurs \u03bb annonc\u00e9es par les fabricants.<\/p><p>Cette m\u00e9thode est suffisante pour estimer les performances hivernales, mais elle ne permet pas d&rsquo;\u00e9valuer correctement le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p>L&rsquo;analyse doit int\u00e9grer la masse des mat\u00e9riaux, leur capacit\u00e9 de stockage, leur position dans la paroi ainsi que le mode d&rsquo;occupation du b\u00e2timent.<\/p><p>Une approche globale conduit presque toujours \u00e0 des recommandations plus pertinentes et \u00e0 des r\u00e9novations offrant un meilleur confort tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>Les propri\u00e9t\u00e9s physiques \u00e9tudi\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent permettent de comprendre le comportement individuel des mat\u00e9riaux.<\/p><p>Cependant, un b\u00e2timent n&rsquo;est jamais constitu\u00e9 d&rsquo;un seul mat\u00e9riau.<\/p><p>Murs, planchers, toiture, cloisons, rev\u00eatements et mobilier interagissent en permanence.<\/p><p>Dans la section suivante, nous verrons comment l&rsquo;ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments participe \u00e0 la cr\u00e9ation de la <strong>masse thermique utile<\/strong> d&rsquo;un b\u00e2timent et pourquoi toute la masse d&rsquo;une construction ne contribue pas n\u00e9cessairement au confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p><strong>2.6 La masse thermique utile : toute la masse d&rsquo;un b\u00e2timent n&rsquo;est pas efficace<\/strong><\/p><p>Lorsqu&rsquo;on \u00e9voque l&rsquo;inertie thermique d&rsquo;un b\u00e2timent, une id\u00e9e revient fr\u00e9quemment :<\/p><p>\u00ab Plus une maison est lourde, plus elle sera confortable en \u00e9t\u00e9. \u00bb<\/p><p>Cette affirmation est s\u00e9duisante par sa simplicit\u00e9, mais elle ne refl\u00e8te pas fid\u00e8lement la r\u00e9alit\u00e9 de la physique du b\u00e2timent.<\/p><p>En effet, toute la masse d&rsquo;une construction ne participe pas automatiquement au stockage de la chaleur.<\/p><p>Pour qu&rsquo;un mat\u00e9riau contribue efficacement au confort thermique, il doit pouvoir \u00e9changer de l&rsquo;\u00e9nergie avec l&rsquo;ambiance int\u00e9rieure.<\/p><p>Cette notion est appel\u00e9e <strong>la masse thermique utile<\/strong>.<\/p><p>Elle constitue un concept fondamental dans la conception des b\u00e2timents performants.<\/p><p><strong>2.6.1 Qu&rsquo;appelle-t-on masse thermique utile ?<\/strong><\/p><p>La masse thermique utile correspond \u00e0 l&rsquo;ensemble des \u00e9l\u00e9ments du b\u00e2timent capables d&rsquo;absorber, de stocker puis de restituer les apports thermiques pr\u00e9sents dans les espaces occup\u00e9s.<\/p><p>Ces \u00e9l\u00e9ments doivent \u00eatre suffisamment expos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;air int\u00e9rieur pour participer aux \u00e9changes thermiques quotidiens.<\/p><p>Autrement dit, un mat\u00e9riau tr\u00e8s lourd mais compl\u00e8tement isol\u00e9 de l&rsquo;ambiance int\u00e9rieure n&rsquo;apporte pratiquement aucun b\u00e9n\u00e9fice au confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un \u00e9l\u00e9ment massif directement visible dans une pi\u00e8ce peut jouer un r\u00f4le important dans la r\u00e9gulation des temp\u00e9ratures.<\/p><p><strong>Exemple<\/strong><\/p><p>Consid\u00e9rons deux b\u00e2timents identiques.<\/p><p>Dans le premier, la dalle en b\u00e9ton est recouverte :<\/p><ul><li>d&rsquo;un isolant thermique ;<\/li><li>d&rsquo;un plancher flottant ;<\/li><li>d&rsquo;une sous-couche r\u00e9siliente.<\/li><\/ul><p>Dans le second, cette m\u00eame dalle reste apparente sous la forme d&rsquo;un b\u00e9ton poli ou d&rsquo;un carrelage directement coll\u00e9.<\/p><p>La seconde solution permettra \u00e0 la dalle d&rsquo;\u00e9changer beaucoup plus facilement de la chaleur avec l&rsquo;air int\u00e9rieur.<\/p><p>Elle pourra absorber les apports solaires pendant la journ\u00e9e puis restituer progressivement cette \u00e9nergie lorsque la temp\u00e9rature diminuera.<\/p><p>La premi\u00e8re dalle poss\u00e8de exactement la m\u00eame masse.<\/p><p>Pourtant, une partie importante de son potentiel thermique devient inutilisable en raison des couches qui la s\u00e9parent de l&rsquo;ambiance int\u00e9rieure.<\/p><p><strong>2.6.2 Le r\u00f4le des rev\u00eatements<\/strong><\/p><p>Les rev\u00eatements int\u00e9rieurs influencent directement la capacit\u00e9 d&rsquo;un b\u00e2timent \u00e0 exploiter son inertie.<\/p><p>Certains mat\u00e9riaux favorisent les \u00e9changes thermiques.<\/p><p>D&rsquo;autres les ralentissent.<\/p><p>Un carrelage coll\u00e9 directement sur une chape constitue un excellent conducteur entre l&rsquo;ambiance int\u00e9rieure et la masse du b\u00e2timent.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, une moquette \u00e9paisse ou un plancher flottant pos\u00e9 sur une sous-couche isolante limite ces \u00e9changes.<\/p><p>La masse existe toujours.<\/p><p>Mais elle devient moins accessible du point de vue thermique.<\/p><p><strong>Les faux plafonds<\/strong><\/p><p>Le m\u00eame raisonnement s&rsquo;applique aux plafonds.<\/p><p>Dans certains b\u00e2timents tertiaires, la dalle en b\u00e9ton est enti\u00e8rement masqu\u00e9e par un faux plafond suspendu.<\/p><p>Cette configuration facilite le passage des installations techniques.<\/p><p>Cependant, elle r\u00e9duit \u00e9galement les \u00e9changes directs entre la masse du b\u00e9ton et les locaux occup\u00e9s.<\/p><p>Certaines conceptions modernes laissent volontairement les dalles apparentes afin d&rsquo;augmenter la masse thermique utile.<\/p><p>Cette strat\u00e9gie est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante lorsqu&rsquo;elle est associ\u00e9e \u00e0 une ventilation nocturne.<\/p><p><strong>Les doublages int\u00e9rieurs<\/strong><\/p><p>Lors de r\u00e9novations, les murs existants sont parfois recouverts de contre-cloisons l\u00e9g\u00e8res.<\/p><p>Selon leur conception, ces doublages peuvent limiter les \u00e9changes entre la ma\u00e7onnerie ancienne et les espaces int\u00e9rieurs.<\/p><p>La capacit\u00e9 de stockage du mur subsiste.<\/p><p>Mais son influence sur le confort devient plus faible.<\/p><p>Cette observation ne signifie pas qu&rsquo;il faut renoncer aux doublages.<\/p><p>Elle rappelle simplement que chaque choix constructif poss\u00e8de plusieurs cons\u00e9quences qu&rsquo;il convient d&rsquo;\u00e9valuer dans leur ensemble.<\/p><p><strong>2.6.3 La profondeur utile des \u00e9changes thermiques<\/strong><\/p><p>Une autre id\u00e9e re\u00e7ue consiste \u00e0 penser que toute l&rsquo;\u00e9paisseur d&rsquo;un mur participe au stockage de chaleur quotidien.<\/p><p>En r\u00e9alit\u00e9, les \u00e9changes thermiques li\u00e9s aux variations journali\u00e8res de temp\u00e9rature ne concernent g\u00e9n\u00e9ralement qu&rsquo;une partie de la masse disponible.<\/p><p>Lors d&rsquo;une journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9t\u00e9, les premiers centim\u00e8tres d&rsquo;un mat\u00e9riau sont les plus sollicit\u00e9s.<\/p><p>Les couches plus profondes r\u00e9agissent beaucoup plus lentement.<\/p><p>Cela signifie qu&rsquo;un mur extr\u00eamement \u00e9pais n&rsquo;est pas toujours beaucoup plus performant qu&rsquo;un mur correctement dimensionn\u00e9.<\/p><p>Au-del\u00e0 d&rsquo;une certaine profondeur, l&rsquo;augmentation de la masse apporte des b\u00e9n\u00e9fices de plus en plus limit\u00e9s pour les cycles thermiques quotidiens.<\/p><p><strong>Illustration simplifi\u00e9e<\/strong><\/p><p>Imaginons une \u00e9ponge tr\u00e8s \u00e9paisse.<\/p><p>Si l&rsquo;on verse un petit verre d&rsquo;eau sur sa surface, seule une partie de l&rsquo;\u00e9ponge sera humidifi\u00e9e dans un premier temps.<\/p><p>L&rsquo;eau n&rsquo;atteindra les couches profondes qu&rsquo;apr\u00e8s un certain temps.<\/p><p>La chaleur se comporte de mani\u00e8re comparable.<\/p><p>Les variations de temp\u00e9rature quotidiennes concernent principalement les couches superficielles des mat\u00e9riaux.<\/p><p>Cette propri\u00e9t\u00e9 explique pourquoi la qualit\u00e9 des \u00e9changes entre la surface des parois et l&rsquo;air int\u00e9rieur est aussi importante que la masse totale du b\u00e2timent.<\/p><p><strong>Tableau 2.5 \u2013 Contribution de diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments \u00e0 la masse thermique utile<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>\u00c9l\u00e9ment de construction<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Contribution \u00e0 la masse thermique utile<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Dalle en b\u00e9ton apparente<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Mur int\u00e9rieur en briques apparentes<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Chape sous carrelage<\/p><\/td><td><p>Importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Mur recouvert d&rsquo;un doublage isolant<\/p><\/td><td><p>Faible \u00e0 moyenne<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Cloison l\u00e9g\u00e8re en plaques de pl\u00e2tre<\/p><\/td><td><p>Faible<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Faux plafond suspendu sous dalle b\u00e9ton<\/p><\/td><td><p>R\u00e9duction importante des \u00e9changes<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Ce tableau illustre des tendances g\u00e9n\u00e9rales. L&rsquo;influence r\u00e9elle d\u00e9pend toujours de la composition compl\u00e8te de l&rsquo;ouvrage.<\/p><p><strong>\u00c9tude de cas<\/strong><\/p><p>Deux immeubles de bureaux construits la m\u00eame ann\u00e9e poss\u00e8dent une structure identique en b\u00e9ton arm\u00e9.<\/p><p>Le premier conserve les plafonds en b\u00e9ton apparents.<\/p><p>Le second est enti\u00e8rement \u00e9quip\u00e9 de faux plafonds d\u00e9montables.<\/p><p>Des mesures r\u00e9alis\u00e9es lors d&rsquo;une p\u00e9riode estivale montrent que le premier b\u00e2timent pr\u00e9sente des variations de temp\u00e9rature int\u00e9rieure plus faibles.<\/p><p>La dalle apparente absorbe une partie des apports internes g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les occupants, les ordinateurs et l&rsquo;\u00e9clairage.<\/p><p>Dans le second b\u00e2timent, cette capacit\u00e9 de stockage est moins exploit\u00e9e.<\/p><p>Les temp\u00e9ratures augmentent plus rapidement durant l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence est particuli\u00e8rement visible dans les espaces fortement occup\u00e9s.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Il est parfois affirm\u00e9 qu&rsquo;une maison ancienne est automatiquement confortable en \u00e9t\u00e9 parce que ses murs sont tr\u00e8s \u00e9pais.<\/p><p>Cette affirmation m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre nuanc\u00e9e.<\/p><p>L&rsquo;inertie d&rsquo;un b\u00e2timent d\u00e9pend \u00e9galement :<\/p><ul><li>de l&rsquo;isolation mise en \u0153uvre ;<\/li><li>des rev\u00eatements int\u00e9rieurs ;<\/li><li>de la ventilation nocturne ;<\/li><li>des apports solaires ;<\/li><li>du mode d&rsquo;occupation.<\/li><\/ul><p>Une maison en pierre peut devenir tr\u00e8s inconfortable si elle accumule les apports solaires sans pouvoir se refroidir pendant la nuit.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un b\u00e2timent r\u00e9cent correctement con\u00e7u peut offrir un excellent confort malgr\u00e9 une masse plus faible.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>Lors des r\u00e9novations, la priorit\u00e9 est souvent donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration des performances \u00e9nerg\u00e9tiques hivernales.<\/p><p>Cette d\u00e9marche est l\u00e9gitime.<\/p><p>Cependant, certaines interventions peuvent r\u00e9duire involontairement la masse thermique utile.<\/p><p>La pose d&rsquo;isolants int\u00e9rieurs, la cr\u00e9ation de faux plafonds ou le remplacement de planchers massifs par des structures l\u00e9g\u00e8res modifient profond\u00e9ment le comportement dynamique du b\u00e2timent.<\/p><p>Ces choix doivent \u00eatre analys\u00e9s avec attention afin de pr\u00e9server, autant que possible, les qualit\u00e9s thermiques de la construction existante.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>Nous savons d\u00e9sormais que la masse utile joue un r\u00f4le essentiel dans la stabilit\u00e9 thermique d&rsquo;un b\u00e2timent.<\/p><p>Toutefois, cette masse ne suffit pas \u00e0 garantir un bon confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p>Encore faut-il qu&rsquo;elle puisse se refroidir efficacement avant le d\u00e9but d&rsquo;une nouvelle journ\u00e9e chaude.<\/p><p>Nous verrons dans la section suivante pourquoi <strong>la ventilation nocturne constitue le compl\u00e9ment indispensable de l&rsquo;inertie thermique<\/strong> et comment ces deux m\u00e9canismes fonctionnent ensemble pour limiter naturellement les surchauffes.<\/p><p><strong>2.7 Le couple inertie thermique \u2013 ventilation nocturne : un fonctionnement indissociable<\/strong><\/p><p>L&rsquo;inertie thermique est souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme une solution miracle contre les surchauffes estivales.<\/p><p>En r\u00e9alit\u00e9, elle ne constitue qu&rsquo;une partie de la r\u00e9ponse.<\/p><p>Pour \u00eatre pleinement efficace, la masse thermique doit pouvoir restituer chaque nuit l&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;elle a absorb\u00e9e durant la journ\u00e9e.<\/p><p>Cette phase de refroidissement est indispensable.<\/p><p>Sans elle, les mat\u00e9riaux continuent \u00e0 accumuler de la chaleur jour apr\u00e8s jour jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre un nouvel \u00e9quilibre thermique \u00e0 une temp\u00e9rature beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e.<\/p><p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui explique pourquoi certaines habitations deviennent progressivement inconfortables lors des longues vagues de chaleur.<\/p><p>La ventilation nocturne constitue donc le compl\u00e9ment indispensable de l&rsquo;inertie thermique.<\/p><p>Les deux m\u00e9canismes doivent toujours \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme un syst\u00e8me unique.<\/p><p><strong>2.7.1 Le principe de la recharge thermique<\/strong><\/p><p>Pour comprendre ce ph\u00e9nom\u00e8ne, il est utile de comparer la masse thermique \u00e0 une batterie rechargeable.<\/p><p>Pendant la journ\u00e9e, cette batterie se charge progressivement.<\/p><p>Les apports de chaleur proviennent :<\/p><ul><li>du rayonnement solaire ;<\/li><li>des occupants ;<\/li><li>des appareils \u00e9lectriques ;<\/li><li>de l&rsquo;\u00e9clairage ;<\/li><li>des activit\u00e9s domestiques.<\/li><\/ul><p>Une partie importante de cette \u00e9nergie est absorb\u00e9e par les murs, les planchers, les plafonds et les cloisons.<\/p><p>La temp\u00e9rature de l&rsquo;air augmente moins rapidement.<\/p><p>Le b\u00e2timent reste confortable plus longtemps.<\/p><p>Lorsque la nuit tombe, cette \u00e9nergie doit \u00eatre \u00e9vacu\u00e9e.<\/p><p>Le refroidissement nocturne permet alors de \u00ab recharger \u00bb la capacit\u00e9 de stockage disponible pour le lendemain.<\/p><p>Sans cette phase de d\u00e9charge, la batterie reste presque pleine.<\/p><p>Le jour suivant, elle ne pourra absorber qu&rsquo;une faible quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie suppl\u00e9mentaire.<\/p><p>La temp\u00e9rature int\u00e9rieure augmentera alors beaucoup plus rapidement.<\/p><p><strong>Exemple<\/strong><\/p><p>Imaginons une maison poss\u00e9dant une importante dalle en b\u00e9ton.<\/p><p>Au cours d&rsquo;une journ\u00e9e ensoleill\u00e9e, cette dalle absorbe plusieurs kilowattheures d&rsquo;\u00e9nergie thermique.<\/p><p>Si les fen\u00eatres restent ferm\u00e9es toute la nuit alors que la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure est redevenue agr\u00e9able, la dalle conserve une grande partie de cette chaleur.<\/p><p>Le lendemain matin, elle est d\u00e9j\u00e0 plus chaude que la veille.<\/p><p>Elle dispose donc d&rsquo;une capacit\u00e9 de stockage r\u00e9duite.<\/p><p>Apr\u00e8s plusieurs journ\u00e9es successives, la temp\u00e9rature moyenne de toute la structure augmente progressivement.<\/p><p>Les occupants ont alors l&rsquo;impression que la maison \u00ab ne refroidit plus \u00bb.<\/p><p>Cette impression correspond parfaitement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 physique.<\/p><p><strong>2.7.2 Le r\u00f4le des nuits fra\u00eeches<\/strong><\/p><p>Sous le climat belge, les nuits estivales sont g\u00e9n\u00e9ralement plus fra\u00eeches que les journ\u00e9es.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence constitue un avantage consid\u00e9rable.<\/p><p>Lorsque la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure devient inf\u00e9rieure \u00e0 celle de l&rsquo;int\u00e9rieur, les \u00e9changes thermiques s&rsquo;inversent naturellement.<\/p><p>La chaleur accumul\u00e9e dans les mat\u00e9riaux est progressivement transf\u00e9r\u00e9e vers l&rsquo;air plus frais.<\/p><p>Une ventilation adapt\u00e9e acc\u00e9l\u00e8re fortement ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p><p>Les murs, les planchers et les plafonds retrouvent progressivement une temp\u00e9rature plus basse.<\/p><p>Le b\u00e2timent r\u00e9cup\u00e8re alors une nouvelle capacit\u00e9 d&rsquo;absorption pour la journ\u00e9e suivante.<\/p><p>Cette alternance quotidienne constitue le fonctionnement id\u00e9al d&rsquo;une construction \u00e0 forte inertie.<\/p><p><strong>Les nuits tropicales<\/strong><\/p><p>La situation devient plus complexe lorsque les temp\u00e9ratures nocturnes restent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es.<\/p><p>On parle g\u00e9n\u00e9ralement de <strong>nuit tropicale<\/strong> lorsque la temp\u00e9rature ne descend pas en dessous de 20 \u00b0C.<\/p><p>Dans ces conditions, les possibilit\u00e9s de refroidissement naturel diminuent fortement.<\/p><p>M\u00eame avec une ventilation importante, les mat\u00e9riaux ne parviennent plus \u00e0 \u00e9vacuer suffisamment d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p><p>La chaleur s&rsquo;accumule progressivement au fil des jours.<\/p><p>Les b\u00e2timents les plus massifs finissent alors eux aussi par atteindre des temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es.<\/p><p>Cette situation explique pourquoi certaines vagues de chaleur deviennent particuli\u00e8rement difficiles \u00e0 supporter lorsqu&rsquo;elles se prolongent plusieurs jours.<\/p><p><strong>2.7.3 Les m\u00e9canismes de la ventilation nocturne<\/strong><\/p><p>La ventilation nocturne repose sur un principe tr\u00e8s simple.<\/p><p>Cr\u00e9er un renouvellement d&rsquo;air suffisamment important afin d&rsquo;\u00e9vacuer la chaleur accumul\u00e9e dans le b\u00e2timent.<\/p><p>Plusieurs ph\u00e9nom\u00e8nes interviennent simultan\u00e9ment.<\/p><p>L&rsquo;air int\u00e9rieur chaud est remplac\u00e9 par un air ext\u00e9rieur plus frais.<\/p><p>Les surfaces int\u00e9rieures se refroidissent progressivement au contact de cet air.<\/p><p>Les mat\u00e9riaux restituent alors une partie de l&rsquo;\u00e9nergie stock\u00e9e pendant la journ\u00e9e.<\/p><p>Lorsque la ventilation est maintenue plusieurs heures, la temp\u00e9rature de l&rsquo;ensemble de la structure diminue progressivement.<\/p><p>Ce refroidissement concerne non seulement l&rsquo;air, mais \u00e9galement les murs, les plafonds, les planchers et le mobilier.<\/p><p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette baisse de temp\u00e9rature de la masse du b\u00e2timent qui garantit son efficacit\u00e9 le lendemain.<\/p><p><strong>Ventilation naturelle<\/strong><\/p><p>La solution la plus simple consiste \u00e0 ouvrir les fen\u00eatres lorsque les conditions ext\u00e9rieures deviennent favorables.<\/p><p>Une ouverture situ\u00e9e sur deux fa\u00e7ades oppos\u00e9es permet g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;obtenir une ventilation traversante tr\u00e8s efficace.<\/p><p>Lorsque cela est possible, une diff\u00e9rence de hauteur entre les ouvertures am\u00e9liore encore les \u00e9changes.<\/p><p>L&rsquo;air chaud, naturellement plus l\u00e9ger, s&rsquo;\u00e9vacue par les parties hautes tandis que l&rsquo;air plus frais p\u00e9n\u00e8tre par les ouvertures basses.<\/p><p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est appel\u00e9 <strong>effet de chemin\u00e9e<\/strong>.<\/p><p><strong>Ventilation m\u00e9canique<\/strong><\/p><p>Les b\u00e2timents \u00e9quip\u00e9s d&rsquo;une ventilation m\u00e9canique peuvent \u00e9galement b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un refroidissement nocturne.<\/p><p>Certains syst\u00e8mes permettent d&rsquo;augmenter automatiquement les d\u00e9bits pendant la nuit lorsque les conditions ext\u00e9rieures deviennent favorables.<\/p><p>Cette strat\u00e9gie est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante dans les b\u00e2timents fortement isol\u00e9s.<\/p><p>Elle permet d&rsquo;am\u00e9liorer le confort sans intervention des occupants.<\/p><p>Toutefois, son efficacit\u00e9 d\u00e9pend toujours de la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure.<\/p><p>Aucune ventilation ne peut refroidir un b\u00e2timent avec un air plus chaud que celui qu&rsquo;il contient.<\/p><p><strong>Tableau 2.6 \u2013 Conditions favorables \u00e0 une ventilation nocturne efficace<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Situation<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Efficacit\u00e9 attendue<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Nuit fra\u00eeche avec ventilation traversante<\/p><\/td><td><p>Excellente<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Nuit fra\u00eeche avec ouverture limit\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Bonne<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Ventilation m\u00e9canique \u00e0 d\u00e9bit renforc\u00e9<\/p><\/td><td><p>Bonne \u00e0 tr\u00e8s bonne<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Nuit tropicale (&gt; 20 \u00b0C)<\/p><\/td><td><p>Faible<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Fen\u00eatres ferm\u00e9es toute la nuit<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s faible<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Ce tableau illustre des tendances g\u00e9n\u00e9rales. Les performances r\u00e9elles d\u00e9pendent de la conception du b\u00e2timent, de sa masse thermique, de son exposition et des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques.<\/p><p><strong>\u00c9tude de cas<\/strong><\/p><p>Deux maisons passives voisines pr\u00e9sentent une conception similaire.<\/p><p>La premi\u00e8re est occup\u00e9e par des personnes qui ouvrent syst\u00e9matiquement les fen\u00eatres d\u00e8s que la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure devient inf\u00e9rieure \u00e0 la temp\u00e9rature int\u00e9rieure.<\/p><p>La seconde reste ferm\u00e9e en permanence pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9.<\/p><p>Apr\u00e8s quatre jours de canicule, un relev\u00e9 montre une diff\u00e9rence de pr\u00e8s de 3 \u00b0C entre les deux habitations.<\/p><p>Les performances d&rsquo;isolation sont pourtant identiques.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence provient essentiellement de la capacit\u00e9 du premier b\u00e2timent \u00e0 refroidir sa masse thermique chaque nuit.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Une id\u00e9e fr\u00e9quemment rencontr\u00e9e consiste \u00e0 ouvrir largement les fen\u00eatres d\u00e8s le matin.<\/p><p>Cette pratique peut produire l&rsquo;effet inverse de celui recherch\u00e9.<\/p><p>Lorsque la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure d\u00e9passe d\u00e9j\u00e0 celle de l&rsquo;int\u00e9rieur, l&rsquo;air entrant r\u00e9chauffe progressivement le b\u00e2timent.<\/p><p>En p\u00e9riode de forte chaleur, il est g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9f\u00e9rable de maintenir les ouvertures ferm\u00e9es pendant les heures les plus chaudes et de privil\u00e9gier une ventilation intensive uniquement lorsque l&rsquo;air ext\u00e9rieur devient r\u00e9ellement plus frais.<\/p><p>Le choix du moment est donc aussi important que la quantit\u00e9 d&rsquo;air renouvel\u00e9e.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>Au cours des visites de terrain, il appara\u00eet souvent que les b\u00e2timents les plus confortables ne sont pas n\u00e9cessairement ceux disposant de la plus forte inertie.<\/p><p>Ils sont surtout ceux dont les occupants utilisent correctement cette inertie.<\/p><p>Une maison massive dont les fen\u00eatres restent ferm\u00e9es toute la nuit perd une grande partie de son potentiel de rafra\u00eechissement naturel.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un b\u00e2timent correctement ventil\u00e9 pendant les heures favorables exploite pleinement les qualit\u00e9s de sa masse thermique.<\/p><p>Le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 r\u00e9sulte donc autant de la conception du b\u00e2timent que des habitudes d&rsquo;utilisation de ses occupants.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>L&rsquo;inertie thermique, le d\u00e9phasage et la ventilation nocturne constituent trois m\u00e9canismes compl\u00e9mentaires.<\/p><p>Ils permettent de limiter efficacement les surchauffes dans de nombreux b\u00e2timents.<\/p><p>Cependant, leur efficacit\u00e9 varie fortement selon les mat\u00e9riaux utilis\u00e9s.<\/p><p>Dans la section suivante, nous comparerons les principales familles d&rsquo;isolants et de mat\u00e9riaux de construction afin de comprendre leur comportement r\u00e9el en p\u00e9riode estivale et de d\u00e9passer certaines id\u00e9es re\u00e7ues largement r\u00e9pandues dans le secteur du b\u00e2timent.<\/p><p><strong>2.8 Comparaison des principaux mat\u00e9riaux isolants en p\u00e9riode estivale<\/strong><\/p><p>Le choix d&rsquo;un isolant est souvent guid\u00e9 par sa conductivit\u00e9 thermique, exprim\u00e9e par le coefficient \u03bb (lambda).<\/p><p>Cette approche est parfaitement justifi\u00e9e lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de limiter les pertes de chaleur en hiver.<\/p><p>En revanche, le comportement estival d&rsquo;une toiture ou d&rsquo;un mur d\u00e9pend d&rsquo;un ensemble de propri\u00e9t\u00e9s beaucoup plus complexe.<\/p><p>Deux isolants pr\u00e9sentant exactement la m\u00eame r\u00e9sistance thermique peuvent offrir des niveaux de confort tr\u00e8s diff\u00e9rents lors d&rsquo;une p\u00e9riode de canicule.<\/p><p>Pour comprendre ces diff\u00e9rences, il est indispensable d&rsquo;analyser les caract\u00e9ristiques physiques des principaux mat\u00e9riaux utilis\u00e9s aujourd&rsquo;hui dans le b\u00e2timent.<\/p><p><strong>2.8.1 Les isolants min\u00e9raux<\/strong><\/p><p>Les isolants min\u00e9raux sont les plus r\u00e9pandus dans la construction r\u00e9sidentielle.<\/p><p>Ils regroupent principalement :<\/p><ul><li>la laine de verre ;<\/li><li>la laine de roche.<\/li><\/ul><p>Leur succ\u00e8s s&rsquo;explique par plusieurs qualit\u00e9s :<\/p><ul><li>bonnes performances thermiques ;<\/li><li>excellente r\u00e9action au feu ;<\/li><li>facilit\u00e9 de mise en \u0153uvre ;<\/li><li>co\u00fbt relativement mod\u00e9r\u00e9.<\/li><\/ul><p>Ces mat\u00e9riaux poss\u00e8dent une faible masse volumique.<\/p><p>Ils ralentissent efficacement les transferts de chaleur mais disposent d&rsquo;une capacit\u00e9 de stockage relativement limit\u00e9e.<\/p><p>Dans de nombreuses applications, ils assurent un excellent confort lorsqu&rsquo;ils sont associ\u00e9s \u00e0 une masse thermique suffisante situ\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 int\u00e9rieur.<\/p><p><strong>La laine de verre<\/strong><\/p><p>La laine de verre est fabriqu\u00e9e \u00e0 partir de sable et de verre recycl\u00e9 fondus \u00e0 haute temp\u00e9rature.<\/p><p>Sa structure fibreuse emprisonne une grande quantit\u00e9 d&rsquo;air immobile, ce qui explique sa faible conductivit\u00e9 thermique.<\/p><p>Elle est particuli\u00e8rement adapt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;isolation des combles, des toitures inclin\u00e9es et des cloisons.<\/p><p>Son comportement en \u00e9t\u00e9 d\u00e9pend fortement de la conception globale de la toiture.<\/p><p>Utilis\u00e9e seule dans une structure tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re, elle ne peut compenser l&rsquo;absence de masse thermique.<\/p><p><strong>La laine de roche<\/strong><\/p><p>La laine de roche pr\u00e9sente un fonctionnement similaire.<\/p><p>Sa densit\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement plus \u00e9lev\u00e9e que celle de la laine de verre.<\/p><p>Elle poss\u00e8de \u00e9galement une excellente r\u00e9sistance au feu et de bonnes propri\u00e9t\u00e9s acoustiques.<\/p><p>Dans certaines configurations, cette densit\u00e9 suppl\u00e9mentaire am\u00e9liore l\u00e9g\u00e8rement son comportement dynamique.<\/p><p>Toutefois, l&rsquo;\u00e9cart reste souvent beaucoup plus faible que ne le laissent entendre certaines pr\u00e9sentations commerciales.<\/p><p><strong>2.8.2 Les isolants synth\u00e9tiques<\/strong><\/p><p>Les mousses synth\u00e9tiques occupent aujourd&rsquo;hui une place importante dans la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p><p>Les principales familles sont :<\/p><ul><li>le polyur\u00e9thane (PUR) ;<\/li><li>le polyisocyanurate (PIR) ;<\/li><li>le polystyr\u00e8ne expans\u00e9 (EPS) ;<\/li><li>le polystyr\u00e8ne extrud\u00e9 (XPS).<\/li><\/ul><p>Leur principal avantage r\u00e9side dans leur tr\u00e8s faible conductivit\u00e9 thermique.<\/p><p>Ils permettent d&rsquo;obtenir des r\u00e9sistances thermiques \u00e9lev\u00e9es avec des \u00e9paisseurs r\u00e9duites.<\/p><p>Cette caract\u00e9ristique est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante lorsque l&rsquo;espace disponible est limit\u00e9.<\/p><p>En revanche, leur faible masse volumique r\u00e9duit leur capacit\u00e9 de stockage thermique.<\/p><p>Dans les b\u00e2timents fortement expos\u00e9s au soleil, leur comportement estival d\u00e9pend donc largement des autres \u00e9l\u00e9ments constitutifs de la paroi.<\/p><p><strong>Le polyur\u00e9thane (PUR)<\/strong><\/p><p>Le PUR est largement utilis\u00e9 dans les toitures, les murs creux et les sols.<\/p><p>Gr\u00e2ce \u00e0 sa tr\u00e8s faible conductivit\u00e9 thermique, il offre d&rsquo;excellentes performances hivernales.<\/p><p>Son utilisation doit cependant \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e dans une r\u00e9flexion globale sur le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p>Associ\u00e9 \u00e0 une structure l\u00e9g\u00e8re et \u00e0 une ventilation insuffisante, il ne permet pas \u00e0 lui seul de garantir une temp\u00e9rature int\u00e9rieure agr\u00e9able pendant les \u00e9pisodes de forte chaleur.<\/p><p><strong>Le polyisocyanurate (PIR)<\/strong><\/p><p>Le PIR constitue une \u00e9volution du polyur\u00e9thane.<\/p><p>Ses performances thermiques sont comparables.<\/p><p>Il pr\u00e9sente \u00e9galement une meilleure tenue au feu dans certaines applications.<\/p><p>Comme pour le PUR, son efficacit\u00e9 estivale d\u00e9pend principalement de la conception compl\u00e8te de l&rsquo;enveloppe.<\/p><p><strong>2.8.3 Les isolants biosourc\u00e9s<\/strong><\/p><p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, les mat\u00e9riaux biosourc\u00e9s connaissent un d\u00e9veloppement important.<\/p><p>Ils comprennent notamment :<\/p><ul><li>la fibre de bois ;<\/li><li>la ouate de cellulose ;<\/li><li>le chanvre ;<\/li><li>le lin ;<\/li><li>le li\u00e8ge.<\/li><\/ul><p>Ces mat\u00e9riaux pr\u00e9sentent souvent une capacit\u00e9 thermique massique plus \u00e9lev\u00e9e que les isolants synth\u00e9tiques.<\/p><p>Cette caract\u00e9ristique contribue \u00e0 am\u00e9liorer leur comportement dynamique.<\/p><p>Cependant, leur efficacit\u00e9 r\u00e9elle d\u00e9pend \u00e9galement de leur densit\u00e9, de leur \u00e9paisseur et de leur mise en \u0153uvre.<\/p><p>Il est donc pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;\u00e9viter toute g\u00e9n\u00e9ralisation.<\/p><p><strong>La fibre de bois<\/strong><\/p><p>La fibre de bois est particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9e pour les toitures inclin\u00e9es.<\/p><p>Sa densit\u00e9 relativement \u00e9lev\u00e9e lui conf\u00e8re une bonne capacit\u00e9 de stockage thermique.<\/p><p>Elle contribue \u00e0 retarder l&rsquo;arriv\u00e9e du pic de chaleur dans les combles.<\/p><p>Lorsqu&rsquo;elle est associ\u00e9e \u00e0 une ventilation nocturne efficace et \u00e0 une masse int\u00e9rieure suffisante, elle participe au maintien d&rsquo;un bon confort estival.<\/p><p><strong>La ouate de cellulose<\/strong><\/p><p>Fabriqu\u00e9e principalement \u00e0 partir de papier recycl\u00e9, la ouate de cellulose poss\u00e8de \u00e9galement une capacit\u00e9 thermique int\u00e9ressante.<\/p><p>Son comportement d\u00e9pend toutefois fortement de sa densit\u00e9 de mise en \u0153uvre.<\/p><p>Une insufflation correctement r\u00e9alis\u00e9e permet d&rsquo;obtenir de bonnes performances tant en hiver qu&rsquo;en \u00e9t\u00e9.<\/p><p><strong>Le li\u00e8ge expans\u00e9<\/strong><\/p><p>Le li\u00e8ge pr\u00e9sente plusieurs qualit\u00e9s remarquables.<\/p><p>Il combine une faible conductivit\u00e9 thermique avec une bonne stabilit\u00e9 dimensionnelle et une excellente r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;humidit\u00e9.<\/p><p>Sa durabilit\u00e9 en fait un mat\u00e9riau particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 dans certaines r\u00e9novations patrimoniales.<\/p><p><strong>Tableau 2.7 \u2013 Comparaison qualitative des principales familles d&rsquo;isolants<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Famille d&rsquo;isolants<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Performance hivernale<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Capacit\u00e9 de stockage thermique<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Comportement estival*<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Laine de verre<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bonne<\/p><\/td><td><p>Faible<\/p><\/td><td><p>Bon dans une conception adapt\u00e9e<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Laine de roche<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bonne<\/p><\/td><td><p>Faible \u00e0 moyenne<\/p><\/td><td><p>Bon<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>PUR \/ PIR<\/p><\/td><td><p>Excellente<\/p><\/td><td><p>Faible<\/p><\/td><td><p>D\u00e9pend fortement de la masse int\u00e9rieure<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>EPS \/ XPS<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bonne<\/p><\/td><td><p>Faible<\/p><\/td><td><p>Correct dans une conception adapt\u00e9e<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Fibre de bois<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bonne<\/p><\/td><td><p>\u00c9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bon<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Ouate de cellulose<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bonne<\/p><\/td><td><p>\u00c9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bon<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Li\u00e8ge expans\u00e9<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bonne<\/p><\/td><td><p>Moyenne \u00e0 \u00e9lev\u00e9e<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bon<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>*Le comportement estival d\u00e9pend toujours de la composition compl\u00e8te de la paroi, de l&rsquo;inertie du b\u00e2timent, de la ventilation nocturne et des apports solaires.<\/p><p><strong>\u00c9tude de cas<\/strong><\/p><p>Deux maisons re\u00e7oivent une r\u00e9novation compl\u00e8te de leur toiture.<\/p><p>La premi\u00e8re est isol\u00e9e avec 24 cm de panneaux en mousse rigide.<\/p><p>La seconde re\u00e7oit une \u00e9paisseur offrant une r\u00e9sistance thermique \u00e9quivalente mais r\u00e9alis\u00e9e avec un complexe \u00e0 plus forte masse volumique.<\/p><p>Les mesures effectu\u00e9es pendant une p\u00e9riode de fortes chaleurs montrent que les deux b\u00e2timents pr\u00e9sentent des consommations de chauffage tr\u00e8s proches en hiver.<\/p><p>En \u00e9t\u00e9, la seconde toiture retarde davantage l&rsquo;arriv\u00e9e du pic thermique dans les chambres.<\/p><p>Toutefois, les mesures montrent \u00e9galement que cet avantage dispara\u00eet presque totalement lorsque les fen\u00eatres restent ferm\u00e9es durant la nuit.<\/p><p>Cette observation confirme une nouvelle fois que le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 r\u00e9sulte toujours de l&rsquo;association entre mat\u00e9riaux, inertie et strat\u00e9gie de ventilation.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Certains discours pr\u00e9sentent un mat\u00e9riau comme \u00e9tant syst\u00e9matiquement sup\u00e9rieur \u00e0 tous les autres.<\/p><p>Cette approche ne correspond pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la physique du b\u00e2timent.<\/p><p>Un excellent isolant install\u00e9 dans une toiture mal ventil\u00e9e ou sous une couverture fortement expos\u00e9e sans protection solaire ne permettra pas d&rsquo;\u00e9viter les surchauffes.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un mat\u00e9riau plus classique int\u00e9gr\u00e9 dans une conception bioclimatique coh\u00e9rente peut offrir un excellent niveau de confort.<\/p><p>Le choix d&rsquo;un isolant doit donc toujours \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 en tenant compte de l&rsquo;ensemble du projet.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>Lors des audits \u00e9nerg\u00e9tiques, les propri\u00e9taires demandent souvent quel est \u00ab le meilleur isolant \u00bb.<\/p><p>Cette question n&rsquo;appelle pas une r\u00e9ponse unique.<\/p><p>Le meilleur isolant est celui qui r\u00e9pond simultan\u00e9ment aux objectifs du projet :<\/p><ul><li>performance hivernale ;<\/li><li>confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 ;<\/li><li>r\u00e9sistance au feu ;<\/li><li>comportement vis-\u00e0-vis de l&rsquo;humidit\u00e9 ;<\/li><li>contraintes techniques ;<\/li><li>budget disponible ;<\/li><li>impact environnemental.<\/li><\/ul><p>La mission du concepteur consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 trouver le meilleur compromis entre l&rsquo;ensemble de ces crit\u00e8res, plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 rechercher une solution universelle qui n&rsquo;existe pas.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>Le comportement d&rsquo;un mat\u00e9riau ne d\u00e9pend pas uniquement de ses propri\u00e9t\u00e9s intrins\u00e8ques.<\/p><p>Sa position dans la paroi influence \u00e9galement de mani\u00e8re importante les \u00e9changes thermiques.<\/p><p>Dans la section suivante, nous verrons pourquoi l&rsquo;ordre des diff\u00e9rentes couches d&rsquo;une toiture ou d&rsquo;un mur modifie profond\u00e9ment le comportement dynamique de l&rsquo;ensemble et comment cette connaissance permet d&rsquo;optimiser les performances estivales d&rsquo;un b\u00e2timent.<\/p><p><strong>2.9 L&rsquo;influence de la composition des parois<\/strong><\/p><p>Le comportement thermique d&rsquo;un b\u00e2timent ne d\u00e9pend pas uniquement des mat\u00e9riaux utilis\u00e9s. Leur position dans la paroi joue \u00e9galement un r\u00f4le d\u00e9terminant.<\/p><p>Deux murs compos\u00e9s exactement des m\u00eames mat\u00e9riaux, mais assembl\u00e9s dans un ordre diff\u00e9rent, peuvent pr\u00e9senter des performances estivales sensiblement diff\u00e9rentes.<\/p><p>Cette notion est souvent n\u00e9glig\u00e9e lors des r\u00e9novations.<\/p><p>Pourtant, elle influence directement :<\/p><ul><li>la vitesse de propagation de la chaleur ;<\/li><li>la capacit\u00e9 de stockage thermique ;<\/li><li>le d\u00e9phasage ;<\/li><li>le confort des occupants.<\/li><\/ul><p>Une paroi doit donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un syst\u00e8me dans lequel chaque couche remplit une fonction pr\u00e9cise.<\/p><p><strong>2.9.1 Les diff\u00e9rentes couches d&rsquo;une paroi<\/strong><\/p><p>Une paroi ext\u00e9rieure est g\u00e9n\u00e9ralement constitu\u00e9e de plusieurs \u00e9l\u00e9ments superpos\u00e9s.<\/p><p>Selon le type de construction, on retrouve notamment :<\/p><ul><li>le rev\u00eatement ext\u00e9rieur ;<\/li><li>le support porteur ;<\/li><li>l&rsquo;isolant thermique ;<\/li><li>les membranes d&rsquo;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 ;<\/li><li>la finition int\u00e9rieure.<\/li><\/ul><p>Chaque couche poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s physiques sp\u00e9cifiques.<\/p><p>Certaines ralentissent les transferts de chaleur.<\/p><p>D&rsquo;autres stockent l&rsquo;\u00e9nergie.<\/p><p>Certaines assurent l&rsquo;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 \u00e0 l&rsquo;air ou la gestion de la vapeur d&rsquo;eau.<\/p><p>Le comportement final de la paroi r\u00e9sulte de l&rsquo;interaction permanente entre tous ces \u00e9l\u00e9ments.<\/p><p><strong>Exemple<\/strong><\/p><p>Prenons une toiture inclin\u00e9e.<\/p><p>Elle peut \u00eatre compos\u00e9e de :<\/p><ul><li>tuiles en terre cuite ;<\/li><li>lame d&rsquo;air ventil\u00e9e ;<\/li><li>\u00e9cran de sous-toiture ;<\/li><li>isolant ;<\/li><li>pare-vapeur ;<\/li><li>plaques de pl\u00e2tre.<\/li><\/ul><p>Lorsque le soleil chauffe les tuiles, la chaleur ne traverse pas instantan\u00e9ment l&rsquo;ensemble de ces couches.<\/p><p>Chaque mat\u00e9riau ralentit, absorbe ou transmet une partie de cette \u00e9nergie.<\/p><p>Le r\u00e9sultat final d\u00e9pend donc de la combinaison compl\u00e8te de la toiture.<\/p><p><strong>2.9.2 L&rsquo;importance de la position de l&rsquo;isolant<\/strong><\/p><p>La position de l&rsquo;isolant influence fortement le comportement dynamique du b\u00e2timent.<\/p><p>Deux situations principales sont rencontr\u00e9es.<\/p><p><strong>Isolation par l&rsquo;ext\u00e9rieur<\/strong><\/p><p>Dans cette configuration, la structure porteuse se situe du c\u00f4t\u00e9 int\u00e9rieur de l&rsquo;isolant.<\/p><p>Les murs massifs restent donc en contact avec les locaux chauff\u00e9s.<\/p><p>Ils participent pleinement \u00e0 la masse thermique utile.<\/p><p>Cette solution pr\u00e9sente plusieurs avantages :<\/p><ul><li>excellente stabilit\u00e9 thermique ;<\/li><li>limitation des ponts thermiques ;<\/li><li>valorisation de l&rsquo;inertie existante ;<\/li><li>protection de la ma\u00e7onnerie contre les variations climatiques.<\/li><\/ul><p>C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles l&rsquo;isolation par l&rsquo;ext\u00e9rieur est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme la solution de r\u00e9f\u00e9rence lorsqu&rsquo;elle est techniquement r\u00e9alisable.<\/p><p><strong>Isolation par l&rsquo;int\u00e9rieur<\/strong><\/p><p>L&rsquo;isolation par l&rsquo;int\u00e9rieur est fr\u00e9quemment utilis\u00e9e lors des r\u00e9novations lorsque la fa\u00e7ade ne peut pas \u00eatre modifi\u00e9e.<\/p><p>Dans cette configuration, l&rsquo;isolant est plac\u00e9 entre les locaux chauff\u00e9s et le mur existant.<\/p><p>La ma\u00e7onnerie reste alors principalement du c\u00f4t\u00e9 ext\u00e9rieur.<\/p><p>Elle participe beaucoup moins aux \u00e9changes thermiques avec l&rsquo;ambiance int\u00e9rieure.<\/p><p>Une partie importante de la masse thermique devient ainsi moins efficace pour r\u00e9guler les variations de temp\u00e9rature.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence est particuli\u00e8rement perceptible pendant les \u00e9pisodes de forte chaleur.<\/p><p><strong>Illustration simplifi\u00e9e<\/strong><\/p><p>Imaginons une bouteille d&rsquo;eau glac\u00e9e.<\/p><p>Si elle est plac\u00e9e directement dans une pi\u00e8ce chaude, elle absorbe progressivement la chaleur ambiante.<\/p><p>Si cette m\u00eame bouteille est enferm\u00e9e dans une glaci\u00e8re tr\u00e8s performante, elle conserve sa fra\u00eecheur beaucoup plus longtemps.<\/p><p>Cependant, elle n&rsquo;apporte pratiquement plus de refroidissement \u00e0 la pi\u00e8ce.<\/p><p>Le comportement d&rsquo;un mur massif situ\u00e9 derri\u00e8re un isolant int\u00e9rieur est comparable.<\/p><p>La masse existe toujours.<\/p><p>Mais elle est beaucoup moins connect\u00e9e thermiquement aux espaces occup\u00e9s.<\/p><p><strong>2.9.3 Les ponts thermiques et leur influence<\/strong><\/p><p>Les ponts thermiques sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9tudi\u00e9s pour leurs cons\u00e9quences hivernales.<\/p><p>Ils entra\u00eenent :<\/p><ul><li>des pertes de chaleur ;<\/li><li>des risques de condensation ;<\/li><li>une diminution des performances \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/li><\/ul><p>En \u00e9t\u00e9, leur influence est plus nuanc\u00e9e.<\/p><p>Un pont thermique peut \u00e9galement favoriser la p\u00e9n\u00e9tration locale de chaleur lorsque les temp\u00e9ratures ext\u00e9rieures sont \u00e9lev\u00e9es.<\/p><p>Toutefois, son impact reste g\u00e9n\u00e9ralement moins important que les apports solaires directs.<\/p><p>Cela ne signifie pas qu&rsquo;il peut \u00eatre n\u00e9glig\u00e9.<\/p><p>Une enveloppe continue reste indispensable pour assurer un comportement thermique homog\u00e8ne tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p><p><strong>2.9.4 Les lames d&rsquo;air<\/strong><\/p><p>Certaines parois int\u00e8grent volontairement une lame d&rsquo;air.<\/p><p>Cette lame peut remplir plusieurs fonctions :<\/p><ul><li>\u00e9vacuation de l&rsquo;humidit\u00e9 ;<\/li><li>am\u00e9lioration de la ventilation ;<\/li><li>r\u00e9duction de certains transferts thermiques.<\/li><\/ul><p>Lorsqu&rsquo;elle est ventil\u00e9e correctement, elle contribue \u00e9galement \u00e0 limiter l&rsquo;\u00e9chauffement de certains rev\u00eatements ext\u00e9rieurs.<\/p><p>C&rsquo;est notamment le cas des bardages ventil\u00e9s.<\/p><p>Le rayonnement solaire chauffe le bardage.<\/p><p>Une partie importante de cette chaleur est ensuite \u00e9vacu\u00e9e par la circulation d&rsquo;air situ\u00e9e derri\u00e8re le rev\u00eatement.<\/p><p>La quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie transmise au reste de la paroi diminue.<\/p><p><strong>\u00c9tude de cas<\/strong><\/p><p>Deux maisons poss\u00e8dent une fa\u00e7ade orient\u00e9e plein sud.<\/p><p>La premi\u00e8re est constitu\u00e9e d&rsquo;un mur massif isol\u00e9 par l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p><p>La seconde pr\u00e9sente le m\u00eame mur mais isol\u00e9 par l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p><p>Les mesures r\u00e9alis\u00e9es lors d&rsquo;une semaine de canicule montrent que la premi\u00e8re habitation pr\u00e9sente des variations de temp\u00e9rature int\u00e9rieure plus faibles.<\/p><p>Le mur massif reste pleinement int\u00e9gr\u00e9 au volume chauff\u00e9.<\/p><p>Il absorbe une partie importante des apports thermiques.<\/p><p>Dans la seconde maison, cette capacit\u00e9 de stockage est fortement r\u00e9duite.<\/p><p>Les temp\u00e9ratures \u00e9voluent plus rapidement au cours de la journ\u00e9e.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence est particuli\u00e8rement marqu\u00e9e lorsque les locaux b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;importants apports solaires.<\/p><p><strong>Tableau 2.8 \u2013 Influence de la position de l&rsquo;isolant<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Configuration<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Masse thermique disponible c\u00f4t\u00e9 int\u00e9rieur<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Comportement estival<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Isolation par l&rsquo;ext\u00e9rieur<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s importante<\/p><\/td><td><p>Excellent potentiel<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Isolation r\u00e9partie<\/p><\/td><td><p>Important<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s bon<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Isolation par l&rsquo;int\u00e9rieur<\/p><\/td><td><p>Plus faible<\/p><\/td><td><p>D\u00e9pend davantage de la ventilation et des protections solaires<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Ce tableau pr\u00e9sente les tendances g\u00e9n\u00e9rales observ\u00e9es dans la majorit\u00e9 des b\u00e2timents.<\/p><p>Chaque projet doit n\u00e9anmoins \u00eatre analys\u00e9 individuellement en tenant compte de sa g\u00e9om\u00e9trie, de son exposition et de son mode d&rsquo;occupation.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Il est parfois affirm\u00e9 que l&rsquo;isolation par l&rsquo;int\u00e9rieur est syst\u00e9matiquement d\u00e9conseill\u00e9e.<\/p><p>Cette affirmation est excessive.<\/p><p>L&rsquo;isolation par l&rsquo;int\u00e9rieur constitue souvent la seule solution techniquement envisageable dans les b\u00e2timents class\u00e9s, les fa\u00e7ades remarquables ou les maisons mitoyennes.<\/p><p>Son efficacit\u00e9 d\u00e9pend de la qualit\u00e9 de sa conception.<\/p><p>Lorsqu&rsquo;elle est correctement \u00e9tudi\u00e9e et associ\u00e9e \u00e0 une bonne strat\u00e9gie de protection solaire et de ventilation, elle peut offrir un niveau de confort tout \u00e0 fait satisfaisant.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>Lors des visites de terrain, il est fr\u00e9quent de constater que les b\u00e2timents r\u00e9nov\u00e9s pr\u00e9sentent de tr\u00e8s bonnes performances hivernales mais un confort estival parfois d\u00e9cevant.<\/p><p>Dans de nombreux cas, ce r\u00e9sultat ne provient pas d&rsquo;un d\u00e9faut d&rsquo;isolation.<\/p><p>Il r\u00e9sulte simplement d&rsquo;une modification du fonctionnement thermique global du b\u00e2timent.<\/p><p>Une r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique ne consiste pas uniquement \u00e0 ajouter de l&rsquo;isolant.<\/p><p>Elle modifie profond\u00e9ment les \u00e9changes de chaleur entre les mat\u00e9riaux, l&rsquo;air int\u00e9rieur et l&rsquo;environnement ext\u00e9rieur.<\/p><p>Comprendre ces interactions permet d&rsquo;anticiper les \u00e9ventuels effets secondaires et de concevoir des r\u00e9novations r\u00e9ellement performantes en toute saison.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, nous avons \u00e9tudi\u00e9 les propri\u00e9t\u00e9s des mat\u00e9riaux, leur capacit\u00e9 de stockage thermique et leur position dans les parois.<\/p><p>Il reste maintenant \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une question essentielle :<\/p><p><strong>Comment mesurer concr\u00e8tement l&rsquo;inertie d&rsquo;un b\u00e2timent existant ?<\/strong><\/p><p>Dans la prochaine section, nous verrons quels indices permettent d&rsquo;\u00e9valuer le comportement dynamique d&rsquo;une construction lors d&rsquo;une visite sur site et quels sont les principaux \u00e9l\u00e9ments \u00e0 observer avant de proposer des solutions d&rsquo;am\u00e9lioration.<\/p><p><strong>2.10 Comment \u00e9valuer l&rsquo;inertie thermique d&rsquo;un b\u00e2timent existant ?<\/strong><\/p><p>L&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;inertie thermique constitue une \u00e9tape essentielle lors d&rsquo;un audit \u00e9nerg\u00e9tique ou d&rsquo;une expertise technique.<\/p><p>Contrairement \u00e0 la r\u00e9sistance thermique d&rsquo;une paroi, qui peut \u00eatre estim\u00e9e relativement facilement \u00e0 partir de sa composition, l&rsquo;inertie r\u00e9sulte de l&rsquo;interaction entre de nombreux \u00e9l\u00e9ments.<\/p><p>Elle d\u00e9pend :<\/p><ul><li>des mat\u00e9riaux ;<\/li><li>de leur masse ;<\/li><li>de leur disposition ;<\/li><li>des rev\u00eatements int\u00e9rieurs ;<\/li><li>des apports solaires ;<\/li><li>du mode d&rsquo;occupation ;<\/li><li>de la ventilation.<\/li><\/ul><p>Il n&rsquo;existe donc pas un unique indicateur permettant de qualifier l&rsquo;inertie d&rsquo;un b\u00e2timent.<\/p><p>L&rsquo;analyse repose sur un ensemble d&rsquo;observations qui, mises en relation, permettent de comprendre son comportement thermique.<\/p><p><strong>2.10.1 La premi\u00e8re visite<\/strong><\/p><p>L&rsquo;\u00e9valuation commence d\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e sur le site.<\/p><p>Avant m\u00eame de p\u00e9n\u00e9trer dans le b\u00e2timent, plusieurs informations peuvent d\u00e9j\u00e0 \u00eatre recueillies.<\/p><p>L&rsquo;observation de l&rsquo;environnement fournit de pr\u00e9cieux renseignements.<\/p><p>La pr\u00e9sence d&rsquo;arbres de grande taille, l&rsquo;exposition au soleil, la couleur des fa\u00e7ades, la nature de la toiture ou encore l&rsquo;existence de surfaces fortement min\u00e9rales influencent directement le comportement estival.<\/p><p>Ces premiers \u00e9l\u00e9ments permettent souvent d&rsquo;identifier les principales sources d&rsquo;apports thermiques.<\/p><p><strong>Observer l&rsquo;ann\u00e9e de construction<\/strong><\/p><p>L&rsquo;\u00e9poque de construction constitue \u00e9galement un excellent indicateur.<\/p><p>Chaque p\u00e9riode correspond \u00e0 des techniques constructives particuli\u00e8res.<\/p><p>Une maison construite au d\u00e9but du XX\u1d49 si\u00e8cle pr\u00e9sente g\u00e9n\u00e9ralement :<\/p><ul><li>des murs massifs ;<\/li><li>des planchers lourds ;<\/li><li>une forte inertie.<\/li><\/ul><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, certaines constructions l\u00e9g\u00e8res plus r\u00e9centes r\u00e9agissent beaucoup plus rapidement aux variations climatiques.<\/p><p>Cette premi\u00e8re analyse ne permet \u00e9videmment pas de conclure.<\/p><p>Elle oriente simplement les investigations.<\/p><p><strong>2.10.2 Les murs<\/strong><\/p><p>Les murs repr\u00e9sentent souvent la principale r\u00e9serve de masse thermique d&rsquo;une habitation.<\/p><p>Leur analyse doit porter sur plusieurs aspects.<\/p><p>La nature des mat\u00e9riaux constitue le premier \u00e9l\u00e9ment \u00e0 identifier.<\/p><p>Un mur en briques pleines ne pr\u00e9sentera pas le m\u00eame comportement qu&rsquo;une ossature bois ou qu&rsquo;un voile en b\u00e9ton.<\/p><p>Il convient \u00e9galement de d\u00e9terminer :<\/p><ul><li>l&rsquo;\u00e9paisseur approximative ;<\/li><li>le type d&rsquo;isolation ;<\/li><li>la position de cette isolation ;<\/li><li>les \u00e9ventuels doublages int\u00e9rieurs.<\/li><\/ul><p>Un simple doublage isol\u00e9 peut modifier profond\u00e9ment la contribution d&rsquo;un mur massif au confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p><strong>Les planchers<\/strong><\/p><p>Les planchers sont parfois oubli\u00e9s lors des diagnostics.<\/p><p>Pourtant, ils repr\u00e9sentent souvent une masse thermique consid\u00e9rable.<\/p><p>Une dalle en b\u00e9ton apparente constitue un excellent r\u00e9servoir d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un plancher l\u00e9ger sur structure bois poss\u00e8de une capacit\u00e9 de stockage beaucoup plus limit\u00e9e.<\/p><p>L&rsquo;observation des rev\u00eatements apporte \u00e9galement des informations int\u00e9ressantes.<\/p><p>Un carrelage directement coll\u00e9 favorisera les \u00e9changes thermiques.<\/p><p>Une moquette \u00e9paisse ou un plancher flottant sur sous-couche isolante les limitera davantage.<\/p><p><strong>Les plafonds<\/strong><\/p><p>Les plafonds jouent \u00e9galement un r\u00f4le important.<\/p><p>Dans certains b\u00e2timents tertiaires, les dalles en b\u00e9ton sont volontairement laiss\u00e9es apparentes afin d&rsquo;augmenter la masse thermique utile.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, la pr\u00e9sence d&rsquo;un faux plafond suspendu r\u00e9duit les \u00e9changes entre la structure et les locaux.<\/p><p>Cette diff\u00e9rence influence directement la stabilit\u00e9 des temp\u00e9ratures.<\/p><p><strong>2.10.3 Les apports solaires<\/strong><\/p><p>Une excellente inertie ne peut compenser des apports solaires excessifs.<\/p><p>Il est donc indispensable d&rsquo;\u00e9valuer :<\/p><ul><li>l&rsquo;orientation des vitrages ;<\/li><li>leur surface ;<\/li><li>leur facteur solaire lorsque cette information est disponible ;<\/li><li>la pr\u00e9sence de protections ext\u00e9rieures ;<\/li><li>les masques cr\u00e9\u00e9s par les b\u00e2timents voisins ou la v\u00e9g\u00e9tation.<\/li><\/ul><p>Dans de nombreux cas, cette analyse explique une grande partie des probl\u00e8mes de confort rencontr\u00e9s par les occupants.<\/p><p><strong>Les signes r\u00e9v\u00e9lateurs<\/strong><\/p><p>Certains indices permettent rapidement de comprendre le fonctionnement thermique d&rsquo;une habitation.<\/p><p>Les occupants d\u00e9crivent souvent des situations tr\u00e8s caract\u00e9ristiques.<\/p><p>Par exemple :<\/p><p>\u00ab Les chambres deviennent tr\u00e8s chaudes d\u00e8s 15 heures. \u00bb<\/p><p>Cette observation oriente g\u00e9n\u00e9ralement vers une faible inertie sous toiture ou vers des protections solaires insuffisantes.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;inverse, une remarque telle que :<\/p><p>\u00ab Il fait encore tr\u00e8s chaud \u00e0 minuit alors que dehors il fait frais. \u00bb<\/p><p>peut r\u00e9v\u00e9ler une accumulation importante de chaleur dans la masse du b\u00e2timent combin\u00e9e \u00e0 une ventilation nocturne insuffisante.<\/p><p>Ces informations constituent des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9cieux pour le diagnostic.<\/p><p><strong>Tableau 2.9 \u2013 Points \u00e0 observer lors d&rsquo;une visite<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>\u00c9l\u00e9ment observ\u00e9<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Influence potentielle sur l&rsquo;inertie<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Nature des murs<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Type de plancher<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Position de l&rsquo;isolant<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Faux plafonds<\/p><\/td><td><p>Importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Rev\u00eatements de sol<\/p><\/td><td><p>Moyenne<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Orientation des vitrages<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Protections solaires<\/p><\/td><td><p>Tr\u00e8s importante<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Ventilation nocturne<\/p><\/td><td><p>D\u00e9terminante<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Ce tableau rappelle qu&rsquo;aucun \u00e9l\u00e9ment ne peut \u00eatre analys\u00e9 isol\u00e9ment.<\/p><p>Le comportement global du b\u00e2timent r\u00e9sulte toujours de la combinaison de plusieurs facteurs.<\/p><p><strong>\u00c9tude de cas<\/strong><\/p><p>Une maison construite dans les ann\u00e9es 1960 fait l&rsquo;objet d&rsquo;un audit \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p><p>Les propri\u00e9taires se plaignent d&rsquo;un inconfort important dans les chambres sous toiture.<\/p><p>L&rsquo;analyse r\u00e9v\u00e8le les \u00e9l\u00e9ments suivants :<\/p><ul><li>toiture fortement expos\u00e9e au sud-ouest ;<\/li><li>isolation r\u00e9cente performante en hiver ;<\/li><li>structure int\u00e9rieure l\u00e9g\u00e8re ;<\/li><li>fen\u00eatres de toit sans protection ext\u00e9rieure ;<\/li><li>absence de ventilation nocturne.<\/li><\/ul><p>Les murs du rez-de-chauss\u00e9e pr\u00e9sentent pourtant une forte inertie gr\u00e2ce \u00e0 leur ma\u00e7onnerie massive.<\/p><p>L&rsquo;inconfort est donc essentiellement localis\u00e9 sous toiture.<\/p><p>Apr\u00e8s installation de protections solaires ext\u00e9rieures sur les fen\u00eatres de toit et mise en place d&rsquo;une strat\u00e9gie de ventilation nocturne, les temp\u00e9ratures estivales diminuent sensiblement sans modification de l&rsquo;isolation existante.<\/p><p>Cette \u00e9tude montre qu&rsquo;une bonne compr\u00e9hension du fonctionnement thermique permet souvent de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes avec des interventions cibl\u00e9es.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Lorsqu&rsquo;une maison est jug\u00e9e trop chaude, la premi\u00e8re r\u00e9action consiste souvent \u00e0 envisager un renforcement de l&rsquo;isolation.<\/p><p>Cette approche n&rsquo;est pas toujours pertinente.<\/p><p>Dans de nombreux cas, le diagnostic met en \u00e9vidence une autre cause :<\/p><ul><li>protections solaires insuffisantes ;<\/li><li>mauvaise ventilation nocturne ;<\/li><li>apports internes importants ;<\/li><li>facteur solaire des vitrages trop \u00e9lev\u00e9.<\/li><\/ul><p>Avant d&rsquo;engager des travaux co\u00fbteux, il est indispensable d&rsquo;identifier pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;origine de la surchauffe.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>L&rsquo;exp\u00e9rience montre qu&rsquo;un diagnostic r\u00e9ussi repose autant sur l&rsquo;\u00e9coute des occupants que sur l&rsquo;observation technique.<\/p><p>Les habitudes de vie, les horaires d&rsquo;occupation, la mani\u00e8re d&rsquo;utiliser les fen\u00eatres ou les protections solaires apportent souvent autant d&rsquo;informations que les caract\u00e9ristiques constructives.<\/p><p>Une visite attentive permet ainsi de distinguer les probl\u00e8mes li\u00e9s au b\u00e2timent lui-m\u00eame de ceux r\u00e9sultant principalement de son mode d&rsquo;utilisation.<\/p><p>Cette distinction est essentielle pour proposer des solutions efficaces et \u00e9conomiquement pertinentes.<\/p><p><strong>Transition<\/strong><\/p><p>Nous disposons d\u00e9sormais des connaissances n\u00e9cessaires pour comprendre les m\u00e9canismes physiques qui gouvernent l&rsquo;inertie thermique.<\/p><p>Avant de conclure ce chapitre, il est utile de revenir sur plusieurs id\u00e9es re\u00e7ues qui circulent encore fr\u00e9quemment dans le secteur du b\u00e2timent.<\/p><p>Certaines reposent sur des observations r\u00e9elles mais incompl\u00e8tes.<\/p><p>D&rsquo;autres sont tout simplement erron\u00e9es.<\/p><p>Les analyser permettra de mieux distinguer les principes scientifiques des affirmations simplificatrices qui accompagnent souvent les d\u00e9bats sur le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p><p><strong>2.11 Les id\u00e9es re\u00e7ues sur l&rsquo;inertie thermique<\/strong><\/p><p>L&rsquo;inertie thermique est un sujet qui suscite de nombreux d\u00e9bats dans le secteur de la construction.<\/p><p>Les fabricants, les entrepreneurs, les concepteurs et les particuliers utilisent r\u00e9guli\u00e8rement ce terme. Pourtant, les explications donn\u00e9es sont parfois simplifi\u00e9es \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, voire inexactes.<\/p><p>Ces id\u00e9es re\u00e7ues conduisent fr\u00e9quemment \u00e0 des choix techniques qui ne produisent pas les r\u00e9sultats attendus.<\/p><p>Dans cette section, nous analyserons les affirmations les plus courantes \u00e0 la lumi\u00e8re des principes de la physique du b\u00e2timent.<\/p><p><strong>Id\u00e9e re\u00e7ue n\u00b01 : \u00ab Plus un mur est lourd, meilleur sera le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9. \u00bb<\/strong><\/p><p>Cette affirmation est incompl\u00e8te.<\/p><p>Un mur massif poss\u00e8de effectivement une capacit\u00e9 importante de stockage thermique.<\/p><p>Cependant, cette masse ne contribue au confort que si elle peut \u00e9changer efficacement avec l&rsquo;ambiance int\u00e9rieure.<\/p><p>Un mur en pierre enti\u00e8rement recouvert d&rsquo;un doublage isolant int\u00e9rieur ne participe plus de la m\u00eame mani\u00e8re \u00e0 la r\u00e9gulation des temp\u00e9ratures.<\/p><p>Sa masse existe toujours.<\/p><p>Mais elle devient largement d\u00e9coupl\u00e9e du volume chauff\u00e9.<\/p><p>La qualit\u00e9 de l&rsquo;inertie d\u00e9pend donc autant de la conception que de la masse elle-m\u00eame.<\/p><p><strong>Id\u00e9e re\u00e7ue n\u00b02 : \u00ab Une maison l\u00e9g\u00e8re est forc\u00e9ment inconfortable en \u00e9t\u00e9. \u00bb<\/strong><\/p><p>Cette affirmation est \u00e9galement erron\u00e9e.<\/p><p>Une construction l\u00e9g\u00e8re peut offrir un excellent confort lorsqu&rsquo;elle est con\u00e7ue selon une approche bioclimatique.<\/p><p>Si elle dispose :<\/p><ul><li>de protections solaires efficaces ;<\/li><li>d&rsquo;une ventilation nocturne performante ;<\/li><li>d&rsquo;apports internes ma\u00eetris\u00e9s ;<\/li><li>d&rsquo;une bonne \u00e9tanch\u00e9it\u00e9 \u00e0 l&rsquo;air ;<\/li><\/ul><p>elle peut maintenir des temp\u00e9ratures tr\u00e8s agr\u00e9ables, m\u00eame avec une masse thermique relativement faible.<\/p><p>En revanche, elle r\u00e9agira plus rapidement aux erreurs d&rsquo;exploitation.<\/p><p>La qualit\u00e9 de la conception devient alors encore plus importante.<\/p><p><strong>Id\u00e9e re\u00e7ue n\u00b03 : \u00ab Il suffit d&rsquo;augmenter l&rsquo;\u00e9paisseur de l&rsquo;isolant. \u00bb<\/strong><\/p><p>Cette id\u00e9e est probablement la plus r\u00e9pandue.<\/p><p>En hiver, augmenter l&rsquo;\u00e9paisseur d&rsquo;un isolant r\u00e9duit effectivement les pertes de chaleur.<\/p><p>En \u00e9t\u00e9, le ph\u00e9nom\u00e8ne est plus complexe.<\/p><p>Une augmentation d&rsquo;\u00e9paisseur ralentit la p\u00e9n\u00e9tration de la chaleur.<\/p><p>Cependant, elle ne r\u00e9duit pas les apports solaires traversant directement les vitrages.<\/p><p>Elle ne diminue pas non plus la chaleur produite par les occupants ou les appareils \u00e9lectriques.<\/p><p>Dans certains b\u00e2timents d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s bien isol\u00e9s, d&rsquo;autres interventions procureront un gain de confort beaucoup plus important.<\/p><p><strong>Id\u00e9e re\u00e7ue n\u00b04 : \u00ab Le meilleur isolant est celui dont le lambda est le plus faible. \u00bb<\/strong><\/p><p>Le coefficient \u03bb constitue un excellent indicateur pour comparer les performances hivernales.<\/p><p>En revanche, il ne suffit pas pour caract\u00e9riser le comportement estival.<\/p><p>La capacit\u00e9 thermique, la densit\u00e9, la diffusivit\u00e9 et la composition de la paroi interviennent \u00e9galement.<\/p><p>Comparer deux isolants uniquement sur la base de leur conductivit\u00e9 thermique conduit souvent \u00e0 une vision incompl\u00e8te de leurs performances.<\/p><p><strong>Id\u00e9e re\u00e7ue n\u00b05 : \u00ab Une forte inertie remplace la ventilation. \u00bb<\/strong><\/p><p>L&rsquo;inertie thermique ne produit ses effets que si la chaleur accumul\u00e9e peut \u00eatre \u00e9vacu\u00e9e.<\/p><p>Sans refroidissement nocturne, les mat\u00e9riaux continuent \u00e0 stocker de l&rsquo;\u00e9nergie jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre une temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9e.<\/p><p>\u00c0 partir de ce moment, ils ne sont plus capables d&rsquo;absorber efficacement les nouveaux apports.<\/p><p>L&rsquo;inertie et la ventilation fonctionnent donc toujours ensemble.<\/p><p>L&rsquo;une ne peut remplacer l&rsquo;autre.<\/p><p><strong>Id\u00e9e re\u00e7ue n\u00b06 : \u00ab Une maison passive ne peut pas surchauffer. \u00bb<\/strong><\/p><p>Les b\u00e2timents passifs pr\u00e9sentent d&rsquo;excellentes performances \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p><p>Ils limitent tr\u00e8s efficacement les besoins de chauffage.<\/p><p>Cependant, ils restent sensibles :<\/p><ul><li>aux apports solaires ;<\/li><li>aux apports internes ;<\/li><li>\u00e0 la qualit\u00e9 de la ventilation ;<\/li><li>aux habitudes des occupants.<\/li><\/ul><p>Une maison passive mal prot\u00e9g\u00e9e du soleil peut atteindre des temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es durant une canicule.<\/p><p>Le niveau d&rsquo;isolation ne constitue jamais une garantie absolue contre la surchauffe.<\/p><p><strong>Tableau 2.10 \u2013 Analyse critique de quelques affirmations courantes<\/strong><\/p><table><thead><tr><td><p><strong>Affirmation<\/strong><\/p><\/td><td><p><strong>Analyse technique<\/strong><\/p><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><p>Plus un mur est lourd, mieux c&rsquo;est.<\/p><\/td><td><p>Vrai uniquement si cette masse participe aux \u00e9changes avec l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Une maison l\u00e9g\u00e8re chauffe toujours davantage.<\/p><\/td><td><p>Faux. La conception globale reste d\u00e9terminante.<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Le lambda suffit pour choisir un isolant.<\/p><\/td><td><p>Faux. D&rsquo;autres propri\u00e9t\u00e9s physiques interviennent.<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>La ventilation est inutile dans une maison tr\u00e8s massive.<\/p><\/td><td><p>Faux. La ventilation nocturne est indispensable.<\/p><\/td><\/tr><tr><td><p>Une maison passive ne surchauffe jamais.<\/p><\/td><td><p>Faux. Les protections solaires restent essentielles.<\/p><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p><strong>\u00c9tude de cas<\/strong><\/p><p>Deux maisons voisines sont construites selon des techniques tr\u00e8s diff\u00e9rentes.<\/p><p>La premi\u00e8re est une maison traditionnelle en ma\u00e7onnerie lourde.<\/p><p>La seconde est une maison \u00e0 ossature bois.<\/p><p>\u00c0 l&rsquo;issue d&rsquo;une semaine particuli\u00e8rement chaude, les temp\u00e9ratures int\u00e9rieures sont comparables.<\/p><p>L&rsquo;analyse montre que la maison \u00e0 ossature bois b\u00e9n\u00e9ficie :<\/p><ul><li>de d\u00e9bords de toiture importants ;<\/li><li>de stores ext\u00e9rieurs automatis\u00e9s ;<\/li><li>d&rsquo;une ventilation nocturne performante ;<\/li><li>d&rsquo;apports internes limit\u00e9s.<\/li><\/ul><p>La maison massive, quant \u00e0 elle, poss\u00e8de de grandes baies vitr\u00e9es d\u00e9pourvues de protections ext\u00e9rieures et des fen\u00eatres rarement ouvertes la nuit.<\/p><p>Cet exemple illustre parfaitement que le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 d\u00e9pend davantage de la coh\u00e9rence de l&rsquo;ensemble des choix de conception que d&rsquo;un seul param\u00e8tre constructif.<\/p><p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p><p>Chercher une solution unique.<\/p><p>Dans la pratique, il n&rsquo;existe pratiquement jamais une intervention capable de r\u00e9soudre \u00e0 elle seule un probl\u00e8me de surchauffe.<\/p><p>Le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 r\u00e9sulte toujours d&rsquo;une combinaison \u00e9quilibr\u00e9e entre :<\/p><ul><li>l&rsquo;orientation du b\u00e2timent ;<\/li><li>les protections solaires ;<\/li><li>l&rsquo;inertie thermique ;<\/li><li>la ventilation ;<\/li><li>les mat\u00e9riaux ;<\/li><li>les habitudes des occupants.<\/li><\/ul><p>L&rsquo;analyse globale reste donc la seule approche r\u00e9ellement efficace.<\/p><p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p><p>L&rsquo;exp\u00e9rience acquise lors des audits montre qu&rsquo;un b\u00e2timent pr\u00e9sentant une l\u00e9g\u00e8re faiblesse sur plusieurs points offre souvent un meilleur confort qu&rsquo;un b\u00e2timent excellent sur un seul crit\u00e8re mais d\u00e9ficient sur les autres.<\/p><p>Une bonne isolation ne compense pas l&rsquo;absence de protections solaires.<\/p><p>Une forte inertie ne remplace pas une ventilation nocturne.<\/p><p>Une ventilation performante ne corrige pas des apports solaires excessifs.<\/p><p>Le confort r\u00e9sulte toujours de l&rsquo;\u00e9quilibre entre ces diff\u00e9rents param\u00e8tres.<\/p><p>Cette vision globale constitue l&rsquo;un des principes fondamentaux de la physique du b\u00e2timent moderne.<\/p><p><strong>2.12 Synth\u00e8se du chapitre<\/strong><\/p><p>L&rsquo;inertie thermique repr\u00e9sente l&rsquo;une des notions les plus importantes pour comprendre le comportement estival d&rsquo;un b\u00e2timent.<\/p><p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e largement r\u00e9pandue, elle ne se r\u00e9sume ni \u00e0 la masse des mat\u00e9riaux ni \u00e0 leur \u00e9paisseur.<\/p><p>Elle r\u00e9sulte d&rsquo;un ensemble de propri\u00e9t\u00e9s physiques qui d\u00e9terminent la capacit\u00e9 du b\u00e2timent \u00e0 absorber, stocker puis restituer progressivement l&rsquo;\u00e9nergie thermique.<\/p><p>Au cours de ce chapitre, nous avons montr\u00e9 que :<\/p><ul><li>l&rsquo;inertie et l&rsquo;isolation remplissent des fonctions diff\u00e9rentes mais compl\u00e9mentaires ;<\/li><li>le d\u00e9phasage d\u00e9pend de la composition compl\u00e8te des parois et non d&rsquo;un mat\u00e9riau isol\u00e9 ;<\/li><li>la masse thermique utile est plus importante que la masse totale du b\u00e2timent ;<\/li><li>la ventilation nocturne est indispensable pour exploiter efficacement cette inertie ;<\/li><li>le choix des mat\u00e9riaux doit toujours \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre d&rsquo;une approche globale ;<\/li><li>les id\u00e9es re\u00e7ues les plus r\u00e9pandues reposent souvent sur une compr\u00e9hension incompl\u00e8te des ph\u00e9nom\u00e8nes physiques.<\/li><\/ul><p>La ma\u00eetrise de ces notions permet de concevoir des b\u00e2timents plus confortables, plus sobres en \u00e9nergie et mieux adapt\u00e9s aux \u00e9pisodes de forte chaleur qui deviennent de plus en plus fr\u00e9quents.<\/p><p>Le chapitre suivant sera consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e des principaux mat\u00e9riaux de construction. Nous analyserons leurs propri\u00e9t\u00e9s thermiques, leur comportement face \u00e0 la chaleur, leurs avantages, leurs limites ainsi que les contextes dans lesquels leur utilisation est la plus pertinente.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;inertie thermique et le d\u00e9phasage \u00ab L&rsquo;isolation ralentit le passage de la chaleur. 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