{"id":2814,"date":"2026-07-03T15:35:49","date_gmt":"2026-07-03T13:35:49","guid":{"rendered":"https:\/\/inductance.be\/?p=2814"},"modified":"2026-06-29T16:31:13","modified_gmt":"2026-06-29T14:31:13","slug":"principes-physiques-fondamentaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/inductance.be\/nl\/2026\/07\/03\/principes-physiques-fondamentaux\/","title":{"rendered":"Comprendre la chaleur dans un b\u00e2timent : les principes physiques fondamentaux"},"content":{"rendered":"<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2814\" class=\"elementor elementor-2814\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-1563f8d0 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"1563f8d0\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-5075c7a9 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"5075c7a9\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>\u00ab La meilleure climatisation est celle dont on n\u2019a jamais besoin. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette phrase, souvent utilis\u00e9e dans le domaine de la conception bioclimatique, r\u00e9sume parfaitement l\u2019objectif de ce livre. Dans un contexte o\u00f9 les \u00e9pisodes de canicule deviennent plus fr\u00e9quents et plus intenses en Belgique, il est tentant de consid\u00e9rer la climatisation comme la seule solution au confort d\u2019\u00e9t\u00e9. Pourtant, les b\u00e2timents les plus performants d\u00e9montrent chaque jour qu\u2019il est possible de maintenir des temp\u00e9ratures agr\u00e9ables sans recourir syst\u00e9matiquement \u00e0 des syst\u00e8mes \u00e9nergivores.<\/p>\n<p>Avant de choisir une isolation plus \u00e9paisse, d\u2019installer des protections solaires ou de remplacer des vitrages, il est indispensable de comprendre les m\u00e9canismes physiques qui gouvernent les \u00e9changes de chaleur (principes physiques fondamentaux). Cette compr\u00e9hension constitue la base de toute intervention pertinente sur un b\u00e2timent.<\/p>\n<p>La physique du b\u00e2timent n\u2019est pas une discipline r\u00e9serv\u00e9e aux chercheurs ou aux ing\u00e9nieurs. Elle fournit des outils concrets permettant d\u2019expliquer pourquoi une maison reste fra\u00eeche malgr\u00e9 une forte chaleur ext\u00e9rieure, pourquoi un grenier devient parfois inhabitable en \u00e9t\u00e9 ou encore pourquoi deux habitations construites la m\u00eame ann\u00e9e peuvent pr\u00e9senter des comportements thermiques totalement diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Au cours de ce chapitre, nous aborderons les notions fondamentales qui permettront de comprendre les chapitres suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>la diff\u00e9rence entre chaleur et temp\u00e9rature ;<\/li>\n<li>les m\u00e9canismes de transfert thermique ;<\/li>\n<li>les sources d\u2019apports de chaleur ;<\/li>\n<li>le r\u00f4le de l\u2019inertie thermique ;<\/li>\n<li>l\u2019influence des mat\u00e9riaux de construction ;<\/li>\n<li>les bases du confort thermique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019objectif n\u2019est pas uniquement d\u2019acqu\u00e9rir des connaissances th\u00e9oriques, mais surtout de disposer d\u2019une grille de lecture permettant d\u2019analyser un b\u00e2timent de mani\u00e8re scientifique.<\/p>\n<h2>1.1 Pourquoi ce sujet devient-il essentiel ?<\/h2>\n<p>Pendant des d\u00e9cennies, les b\u00e2timents belges ont \u00e9t\u00e9 principalement con\u00e7us pour limiter les pertes de chaleur hivernales. Cette approche se justifiait par un climat temp\u00e9r\u00e9 et par le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 du chauffage.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, plusieurs \u00e9volutions modifient profond\u00e9ment cette logique :<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019augmentation progressive des temp\u00e9ratures moyennes ;<\/li>\n<li>la multiplication des vagues de chaleur estivales ;<\/li>\n<li>la g\u00e9n\u00e9ralisation des b\u00e2timents tr\u00e8s isol\u00e9s et \u00e9tanches \u00e0 l\u2019air ;<\/li>\n<li>la pr\u00e9sence accrue de grandes surfaces vitr\u00e9es ;<\/li>\n<li>l\u2019augmentation des apports internes li\u00e9s aux \u00e9quipements \u00e9lectriques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un b\u00e2timent tr\u00e8s performant en hiver n\u2019est pas automatiquement confortable en \u00e9t\u00e9. Au contraire, une enveloppe fortement isol\u00e9e peut conserver les apports de chaleur et favoriser la surchauffe si elle n\u2019est pas accompagn\u00e9e d\u2019une conception adapt\u00e9e.<\/p>\n<p>Le confort d\u2019\u00e9t\u00e9 est ainsi devenu un crit\u00e8re de qualit\u00e9 \u00e0 part enti\u00e8re. Les r\u00e9glementations \u00e9voluent progressivement pour int\u00e9grer cette dimension, notamment \u00e0 travers les exigences de performance \u00e9nerg\u00e9tique et les indicateurs de risque de surchauffe.<\/p>\n<h2>1.2 Temp\u00e9rature et chaleur : deux notions souvent confondues<\/h2>\n<p>Dans le langage courant, il est fr\u00e9quent d\u2019utiliser les mots <em>chaleur<\/em> et <em>temp\u00e9rature<\/em> comme des synonymes. En physique, ces deux notions d\u00e9signent pourtant des r\u00e9alit\u00e9s diff\u00e9rentes.<\/p>\n<h2>La temp\u00e9rature<\/h2>\n<p>La temp\u00e9rature repr\u00e9sente l\u2019\u00e9tat thermique d\u2019un corps. Elle traduit l\u2019agitation moyenne des particules qui le composent et s\u2019exprime g\u00e9n\u00e9ralement en degr\u00e9s Celsius (\u00b0C).<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on mesure 28 \u00b0C dans une pi\u00e8ce, on mesure une grandeur physique li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat de l\u2019air \u00e0 cet instant.<\/p>\n<h2>La chaleur<\/h2>\n<p>La chaleur est une forme d\u2019\u00e9nergie en mouvement.<\/p>\n<p>Elle n\u2019existe que lorsqu\u2019il existe une diff\u00e9rence de temp\u00e9rature entre deux milieux.<\/p>\n<p>D\u00e8s qu\u2019une diff\u00e9rence appara\u00eet, l\u2019\u00e9nergie thermique migre spontan\u00e9ment du milieu le plus chaud vers le milieu le plus froid jusqu\u2019\u00e0 atteindre un \u00e9quilibre.<\/p>\n<p>Ce principe fondamental explique la quasi-totalit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes observ\u00e9s dans un b\u00e2timent.<\/p>\n<p>Par exemple :<\/p>\n<ul>\n<li>une toiture chauff\u00e9e \u00e0 70 \u00b0C par le soleil transmet progressivement une partie de son \u00e9nergie aux \u00e9l\u00e9ments situ\u00e9s en dessous ;<\/li>\n<li>une fen\u00eatre orient\u00e9e \u00e0 l\u2019ouest re\u00e7oit un important flux solaire en fin de journ\u00e9e ;<\/li>\n<li>un plancher chauffant diffuse son \u00e9nergie vers l\u2019ensemble de la pi\u00e8ce.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans chacun de ces exemples, la chaleur est un transfert d\u2019\u00e9nergie et non une caract\u00e9ristique propre du mat\u00e9riau.<\/p>\n<h2>1.3 Les unit\u00e9s utilis\u00e9es en physique du b\u00e2timent<\/h2>\n<p>Pour comprendre les performances d\u2019une paroi ou comparer diff\u00e9rentes solutions constructives, il est n\u00e9cessaire de ma\u00eetriser quelques unit\u00e9s fondamentales.<\/p>\n<h3>Le watt (W)<\/h3>\n<p>Le watt repr\u00e9sente une puissance, c\u2019est-\u00e0-dire une quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie transf\u00e9r\u00e9e par seconde.<\/p>\n<p>Une personne assise d\u00e9gage environ 80 \u00e0 100 W.<\/p>\n<p>Un ordinateur portable peut dissiper entre 30 et 80 W sous forme de chaleur.<\/p>\n<p>Un four domestique peut d\u00e9passer 2 000 W.<\/p>\n<h3>Le kilowattheure (kWh)<\/h3>\n<p>Le kilowattheure mesure une quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie consomm\u00e9e ou transf\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Si un appareil de 1 000 W fonctionne pendant une heure, il consomme 1 kWh.<\/p>\n<p>Cette unit\u00e9 est utilis\u00e9e pour la facturation de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et pour les calculs \u00e9nerg\u00e9tiques des b\u00e2timents.<\/p>\n<h3>Le coefficient de transmission thermique U<\/h3>\n<p>Le coefficient U exprime la quantit\u00e9 de chaleur qui traverse une paroi.<\/p>\n<p>Plus la valeur U est faible, plus la paroi est isolante.<\/p>\n<p>Par exemple :<\/p>\n<ul>\n<li>un ancien mur non isol\u00e9 peut pr\u00e9senter un coefficient U sup\u00e9rieur \u00e0 1,5 W\/m\u00b2K ;<\/li>\n<li>une paroi conforme aux standards actuels est souvent inf\u00e9rieure \u00e0 0,24 W\/m\u00b2K.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Toutefois, comme nous le verrons plus loin, une faible valeur U ne garantit pas \u00e0 elle seule un bon confort d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h2>1.4 Pourquoi la chaleur se d\u00e9place-t-elle toujours ?<\/h2>\n<p>L\u2019un des principes les plus importants de la thermodynamique est que la chaleur circule spontan\u00e9ment du chaud vers le froid.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est universel.<\/p>\n<p>Il explique notamment :<\/p>\n<ul>\n<li>le refroidissement d\u2019une tasse de caf\u00e9 ;<\/li>\n<li>la fonte d\u2019un gla\u00e7on ;<\/li>\n<li>les pertes de chaleur d\u2019une habitation en hiver ;<\/li>\n<li>les gains de chaleur d\u2019une maison en \u00e9t\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans un b\u00e2timent, les \u00e9changes sont permanents.<\/p>\n<p>\u00c0 chaque instant, les parois absorbent, stockent, restituent ou transmettent de l\u2019\u00e9nergie thermique.<\/p>\n<p>Le comportement global d\u2019une construction d\u00e9pend donc de l\u2019\u00e9quilibre entre les apports et les pertes de chaleur.<\/p>\n<p>Cette notion d\u2019\u00e9quilibre \u00e9nerg\u00e9tique sera au c\u0153ur de l\u2019ensemble des chapitres suivants.<\/p>\n<h2>1.5 Les trois modes de transfert de chaleur<\/h2>\n<p>La chaleur ne se d\u00e9place jamais au hasard. Dans un b\u00e2timent, tous les \u00e9changes thermiques peuvent \u00eatre expliqu\u00e9s par trois m\u00e9canismes fondamentaux :<\/p>\n<ul>\n<li>la conduction ;<\/li>\n<li>la convection ;<\/li>\n<li>le rayonnement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comprendre ces trois ph\u00e9nom\u00e8nes permet d\u2019expliquer pratiquement tous les probl\u00e8mes rencontr\u00e9s sur le terrain : murs froids en hiver, surchauffe sous toiture, vitrage br\u00fblant au soleil ou encore sensation d\u2019inconfort malgr\u00e9 une temp\u00e9rature int\u00e9rieure correcte.<\/p>\n<p>Ces trois m\u00e9canismes agissent simultan\u00e9ment, mais leur importance varie selon les mat\u00e9riaux, les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques et la conception du b\u00e2timent.<\/p>\n<h3>1.5.1 La conduction : la chaleur qui traverse les mat\u00e9riaux<br \/>La conduction est le transfert de chaleur au sein d\u2019un mat\u00e9riau ou entre deux mat\u00e9riaux en contact direct.<\/h3>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle microscopique, les particules les plus \u00e9nerg\u00e9tiques transmettent progressivement une partie de leur \u00e9nergie \u00e0 leurs voisines. Ce transfert se poursuit jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un \u00e9quilibre thermique soit atteint.<\/p>\n<p>Dans un b\u00e2timent, la conduction est pr\u00e9sente partout :<\/p>\n<ul>\n<li>dans les murs ;<\/li>\n<li>dans les planchers ;<\/li>\n<li>dans les toitures ;<\/li>\n<li>dans les ch\u00e2ssis ;<\/li>\n<li>dans les vitrages ;<\/li>\n<li>dans les ponts thermiques.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Exemple concret<\/h2>\n<p>Imaginons une toiture en ardoises expos\u00e9e \u00e0 un soleil intense.<\/p>\n<p>La surface ext\u00e9rieure peut atteindre 70 \u00e0 80 \u00b0C.<\/p>\n<p>Sous cette couverture se trouvent :<\/p>\n<ul>\n<li>le support ;<\/li>\n<li>la structure ;<\/li>\n<li>l\u2019isolant ;<\/li>\n<li>le parement int\u00e9rieur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La chaleur se transmet progressivement de couche en couche.<\/p>\n<p>Si la toiture est peu isol\u00e9e, cette \u00e9nergie atteint rapidement les combles.<\/p>\n<p>Si elle est correctement con\u00e7ue, la transmission est fortement ralentie.<\/p>\n<p>Ce ralentissement constitue pr\u00e9cis\u00e9ment le r\u00f4le de l\u2019isolation.<\/p>\n<h2>La conductivit\u00e9 thermique \u03bb (lambda)<\/h2>\n<p>Chaque mat\u00e9riau poss\u00e8de une conductivit\u00e9 thermique propre.<\/p>\n<p>Elle est exprim\u00e9e en W\/(m\u00b7K).<\/p>\n<p>Plus \u03bb est faible, meilleur est le pouvoir isolant.<\/p>\n<p>Quelques ordres de grandeur :<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<td>\n<p>Mat\u00e9riau<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>\u03bb approximatif W\/(m\u00b7K)<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>Air immobile<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>0,025<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Laine de roche<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>0,034 \u00e0 0,040<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Ouate de cellulose<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>0,038 \u00e0 0,042<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Fibre de bois<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>0,038 \u00e0 0,050<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Bois massif<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>0,13<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Brique pleine<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>0,60 \u00e0 0,90<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>B\u00e9ton arm\u00e9<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>2,0 \u00e0 2,5<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Aluminium<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>\u2248 230<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ce tableau explique pourquoi un profil\u00e9 en aluminium non isol\u00e9 constitue un excellent conducteur de chaleur, alors qu\u2019un panneau isolant la ralentit fortement.<\/p>\n<h2>Le r\u00f4le de l\u2019\u00e9paisseur<\/h2>\n<p>Deux isolants poss\u00e9dant la m\u00eame conductivit\u00e9 thermique n\u2019offriront pas les m\u00eames performances si leurs \u00e9paisseurs diff\u00e8rent.<\/p>\n<p>En premi\u00e8re approximation, doubler l\u2019\u00e9paisseur d\u2019un isolant r\u00e9duit fortement les flux thermiques traversant la paroi.<\/p>\n<p>Cependant, en confort d\u2019\u00e9t\u00e9, l\u2019\u00e9paisseur n\u2019est pas le seul param\u00e8tre important.<\/p>\n<p>La capacit\u00e9 thermique et le d\u00e9phasage jouent \u00e9galement un r\u00f4le d\u00e9terminant.<\/p>\n<p>Nous reviendrons longuement sur ces notions dans le chapitre consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019inertie thermique.<\/p>\n<h3>Encadr\u00e9 technique<\/h3>\n<p><strong>\u00c0 retenir<\/strong><\/p>\n<p>Une isolation performante ralentit le passage de la chaleur.<\/p>\n<p>Elle ne l\u2019emp\u00eache jamais totalement.<\/p>\n<p>Autrement dit :<\/p>\n<p>l\u2019isolation agit sur la vitesse de transfert, pas sur la quantit\u00e9 totale d\u2019\u00e9nergie disponible \u00e0 tr\u00e8s long terme.<\/p>\n<p>Cette nuance est essentielle pour comprendre le comportement des b\u00e2timents lors des \u00e9pisodes de canicule prolong\u00e9e.<\/p>\n<h3>1.5.2 La convection : lorsque l\u2019air transporte la chaleur<br \/>Contrairement \u00e0 la conduction, la convection implique un d\u00e9placement de mati\u00e8re.<\/h3>\n<p>Dans les b\u00e2timents, cette mati\u00e8re est presque toujours l\u2019air.<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019air est chauff\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li>sa densit\u00e9 diminue ;<\/li>\n<li>il devient plus l\u00e9ger ;<\/li>\n<li>il monte naturellement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Inversement, l\u2019air refroidi devient plus dense et redescend.<\/p>\n<p>Ce mouvement cr\u00e9e des circulations d\u2019air appel\u00e9es courants de convection.<\/p>\n<h2>Exemple dans une cage d\u2019escalier<\/h2>\n<p>Lors d\u2019une journ\u00e9e estivale, le rez-de-chauss\u00e9e reste relativement frais.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tage, en revanche, devient rapidement chaud.<\/p>\n<p>Pourquoi ?<\/p>\n<p>Parce que l\u2019air r\u00e9chauff\u00e9 dans les pi\u00e8ces inf\u00e9rieures monte progressivement par la cage d\u2019escalier.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne est encore accentu\u00e9 lorsque les fen\u00eatres de toit sont ferm\u00e9es.<\/p>\n<p>Une bonne ventilation traversante permet alors d\u2019\u00e9vacuer cet air chaud.<\/p>\n<h2>Les convecteurs<\/h2>\n<p>Les radiateurs classiques utilisent principalement la convection.<\/p>\n<p>L\u2019air situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 est chauff\u00e9.<\/p>\n<p>Il monte.<\/p>\n<p>L\u2019air plus froid descend ensuite vers le radiateur.<\/p>\n<p>Un mouvement circulaire s\u2019installe dans toute la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne appara\u00eet naturellement derri\u00e8re une baie vitr\u00e9e fortement ensoleill\u00e9e.<\/p>\n<h3>Les infiltrations d\u2019air<\/h3>\n<p>La convection concerne \u00e9galement les infiltrations.<\/p>\n<p>Une maison peu \u00e9tanche laisse entrer de l\u2019air chaud par :<\/p>\n<ul>\n<li>les coffres de volets ;<\/li>\n<li>les passages de gaines ;<\/li>\n<li>les d\u00e9fauts d\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 ;<\/li>\n<li>certaines menuiseries anciennes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces infiltrations augmentent la charge thermique int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, une maison tr\u00e8s \u00e9tanche n\u00e9cessite une ventilation correctement con\u00e7ue afin d\u2019assurer une bonne qualit\u00e9 d\u2019air sans favoriser la surchauffe.<\/p>\n<h3>1.5.3 Le rayonnement : le grand oubli\u00e9<\/h3>\n<p>Le rayonnement constitue souvent le principal responsable des surchauffes estivales.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 la conduction et \u00e0 la convection, il ne n\u00e9cessite aucun contact entre les objets.<\/p>\n<p>Le Soleil r\u00e9chauffe la Terre gr\u00e2ce au rayonnement \u00e9lectromagn\u00e9tique.<\/p>\n<p>Les rayons solaires traversent environ 150 millions de kilom\u00e8tres de vide avant d\u2019atteindre notre plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Une fois absorb\u00e9e par une surface, cette \u00e9nergie est transform\u00e9e en chaleur.<\/p>\n<h2>Pourquoi une fa\u00e7ade sombre chauffe-t-elle davantage ?<\/h2>\n<p>Deux fa\u00e7ades identiques sont expos\u00e9es au soleil.<\/p>\n<p>L\u2019une est blanche.<\/p>\n<p>L\u2019autre est noire.<\/p>\n<p>La fa\u00e7ade sombre absorbe une plus grande partie du rayonnement incident.<\/p>\n<p>Sa temp\u00e9rature de surface peut d\u00e9passer de plusieurs dizaines de degr\u00e9s celle de la fa\u00e7ade claire.<\/p>\n<p>Cette diff\u00e9rence influence directement :<\/p>\n<ul>\n<li>les temp\u00e9ratures int\u00e9rieures ;<\/li>\n<li>les besoins de refroidissement ;<\/li>\n<li>le vieillissement des mat\u00e9riaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le choix des couleurs de fa\u00e7ade ou de toiture est donc loin d\u2019\u00eatre uniquement esth\u00e9tique.<\/p>\n<h2>Le cas particulier des vitrages<\/h2>\n<p>Les vitrages pr\u00e9sentent un comportement particulier.<\/p>\n<p>Ils laissent p\u00e9n\u00e9trer une grande partie du rayonnement solaire de courte longueur d\u2019onde.<\/p>\n<p>Une fois \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, ce rayonnement est absorb\u00e9 par les meubles, les murs et les sols.<\/p>\n<p>Ces \u00e9l\u00e9ments se r\u00e9chauffent puis r\u00e9\u00e9mettent cette \u00e9nergie sous forme d\u2019un rayonnement infrarouge de plus grande longueur d\u2019onde.<\/p>\n<p>Or, le vitrage est beaucoup moins transparent \u00e0 ce rayonnement.<\/p>\n<p>Une partie importante de l\u2019\u00e9nergie reste donc pi\u00e9g\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>C\u2019est ce ph\u00e9nom\u00e8ne que l\u2019on appelle commun\u00e9ment <strong>l\u2019effet de serre<\/strong>.<\/p>\n<p>Il explique pourquoi une v\u00e9randa peut atteindre plus de 50 \u00b0C en plein \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h3>Conseil de l\u2019expert<\/h3>\n<p>Il est beaucoup plus efficace d\u2019emp\u00eacher le soleil d\u2019atteindre une vitre que d\u2019essayer d\u2019\u00e9vacuer ensuite la chaleur avec une climatisation.<\/p>\n<p>Une protection solaire ext\u00e9rieure (brise-soleil, volet, screen ou store ext\u00e9rieur) bloque le rayonnement avant qu\u2019il ne p\u00e9n\u00e8tre dans le b\u00e2timent.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, un store int\u00e9rieur r\u00e9duit l\u2019\u00e9blouissement, mais laisse d\u00e9j\u00e0 entrer la majeure partie de l\u2019\u00e9nergie solaire. Celle-ci est absorb\u00e9e par le store lui-m\u00eame puis dissip\u00e9e dans la pi\u00e8ce, ce qui limite fortement son efficacit\u00e9 contre la surchauffe.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>1.6 Le rayonnement solaire : principale source de chaleur estivale<\/strong><\/p>\n<p>Le soleil constitue, de tr\u00e8s loin, la principale source d&rsquo;\u00e9nergie re\u00e7ue par un b\u00e2timent en p\u00e9riode estivale. Lorsqu&rsquo;un ciel est d\u00e9gag\u00e9, la puissance instantan\u00e9e du rayonnement solaire incident peut approcher <strong>1 000 W\/m\u00b2<\/strong> \u00e0 midi, selon la saison, la latitude et l&rsquo;orientation de la surface. Cela signifie qu&rsquo;un vitrage de 4 m\u00b2 expos\u00e9 directement au soleil peut recevoir plusieurs kilowatts de puissance thermique, soit davantage que la puissance de nombreux radiateurs domestiques.<\/p>\n<p>Cette \u00e9nergie ne p\u00e9n\u00e8tre cependant pas uniform\u00e9ment dans l&rsquo;enveloppe du b\u00e2timent. Son impact d\u00e9pend d&rsquo;une combinaison de facteurs :<\/p>\n<ul>\n<li>l&rsquo;orientation de la fa\u00e7ade ;<\/li>\n<li>l&rsquo;inclinaison de la surface ;<\/li>\n<li>la nature du vitrage ;<\/li>\n<li>les protections solaires ;<\/li>\n<li>la couleur des mat\u00e9riaux ;<\/li>\n<li>l&rsquo;environnement proche (arbres, b\u00e2timents voisins, relief).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comprendre ces param\u00e8tres permet d&rsquo;anticiper les risques de surchauffe et de concevoir des solutions efficaces.<\/p>\n<p><strong>1.6.1 Le parcours du rayonnement solaire<\/strong><\/p>\n<p>Le rayonnement \u00e9mis par le soleil est compos\u00e9 de plusieurs longueurs d&rsquo;onde. Une partie est r\u00e9fl\u00e9chie par l&rsquo;atmosph\u00e8re, une autre est absorb\u00e9e par les nuages, et le reste atteint les b\u00e2timents.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il rencontre une fa\u00e7ade ou une toiture, trois ph\u00e9nom\u00e8nes se produisent simultan\u00e9ment :<\/p>\n<ul>\n<li>une partie du rayonnement est <strong>r\u00e9fl\u00e9chie<\/strong> ;<\/li>\n<li>une partie est <strong>transmise<\/strong> (notamment \u00e0 travers les vitrages) ;<\/li>\n<li>une partie est <strong>absorb\u00e9e<\/strong> et transform\u00e9e en chaleur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le bilan entre ces trois ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9pend fortement du mat\u00e9riau.<\/p>\n<p>Un enduit blanc r\u00e9fl\u00e9chira une part importante de l&rsquo;\u00e9nergie incidente, alors qu&rsquo;une membrane bitumineuse noire en absorbera une proportion beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>1.6.2 Pourquoi les toitures sont-elles si critiques ?<\/strong><\/p>\n<p>La toiture est g\u00e9n\u00e9ralement la surface la plus expos\u00e9e au rayonnement solaire.<\/p>\n<p>En Belgique, durant une journ\u00e9e estivale, la temp\u00e9rature superficielle d&rsquo;une couverture sombre peut d\u00e9passer <strong>70 \u00b0C<\/strong>, voire davantage lorsque le vent est faible.<\/p>\n<p>Pour illustrer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, imaginons une maison unifamiliale dont les combles sont am\u00e9nag\u00e9s.<\/p>\n<p>La chaleur suit le chemin suivant :<\/p>\n<ol>\n<li>le rayonnement chauffe les ardoises ;<\/li>\n<li>les ardoises transmettent leur \u00e9nergie au support ;<\/li>\n<li>la charpente et les \u00e9l\u00e9ments de toiture se r\u00e9chauffent progressivement ;<\/li>\n<li>l&rsquo;isolant ralentit la propagation de la chaleur ;<\/li>\n<li>la chaleur finit par atteindre le parement int\u00e9rieur.<\/li>\n<\/ol>\n<p>La question essentielle n&rsquo;est donc pas de savoir <strong>si<\/strong> la chaleur traversera la toiture, mais <strong>quand<\/strong> elle le fera.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ici qu&rsquo;intervient la notion de <strong>d\u00e9phasage thermique<\/strong>, qui sera d\u00e9velopp\u00e9e dans un chapitre sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tude de cas n\u00b01 : une toiture mal con\u00e7ue<\/strong><\/p>\n<p>Prenons le cas d&rsquo;une maison construite au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000.<\/p>\n<p>Composition de la toiture :<\/p>\n<ul>\n<li>tuiles fonc\u00e9es ;<\/li>\n<li>\u00e9cran sous-toiture ;<\/li>\n<li>12 cm de laine min\u00e9rale ;<\/li>\n<li>plaques de pl\u00e2tre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En p\u00e9riode de canicule, les occupants constatent :<\/p>\n<ul>\n<li>31 \u00b0C dans les chambres \u00e0 22 h ;<\/li>\n<li>difficult\u00e9 \u00e0 dormir ;<\/li>\n<li>recours \u00e0 des climatiseurs mobiles.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une premi\u00e8re r\u00e9action pourrait \u00eatre d&rsquo;ajouter quelques centim\u00e8tres d&rsquo;isolant. Pourtant, cette solution ne r\u00e9soudra pas n\u00e9cessairement le probl\u00e8me si :<\/p>\n<ul>\n<li>la ventilation nocturne est insuffisante ;<\/li>\n<li>les fen\u00eatres de toit restent expos\u00e9es sans protection ext\u00e9rieure ;<\/li>\n<li>les apports internes sont \u00e9lev\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cet exemple montre qu&rsquo;une analyse globale du b\u00e2timent est indispensable.<\/p>\n<p><strong>1.6.3 Les vitrages : un point faible\u2026 et une opportunit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Les fen\u00eatres repr\u00e9sentent souvent le principal point d&rsquo;entr\u00e9e des apports solaires.<\/p>\n<p>Un vitrage moderne \u00e0 faible \u00e9missivit\u00e9 limite efficacement les pertes hivernales, mais il peut laisser p\u00e9n\u00e9trer une quantit\u00e9 importante de rayonnement solaire si son facteur solaire (g) est \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Le <strong>facteur solaire<\/strong>, not\u00e9 <em>g<\/em>, exprime la fraction de l&rsquo;\u00e9nergie solaire transmise \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>\u00c0 titre indicatif :<\/p>\n<ul>\n<li>un vitrage standard peut pr\u00e9senter un facteur solaire proche de <strong>0,70<\/strong> ;<\/li>\n<li>un vitrage \u00e0 contr\u00f4le solaire peut descendre vers <strong>0,35 \u00e0 0,45<\/strong>, selon sa composition.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un choix judicieux du vitrage doit donc concilier plusieurs objectifs :<\/p>\n<ul>\n<li>b\u00e9n\u00e9ficier des apports gratuits en hiver ;<\/li>\n<li>limiter les surchauffes estivales ;<\/li>\n<li>conserver un bon niveau de lumi\u00e8re naturelle ;<\/li>\n<li>\u00e9viter un recours excessif \u00e0 l&rsquo;\u00e9clairage artificiel.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Exemple pratique<\/strong><\/p>\n<p>Consid\u00e9rons une baie vitr\u00e9e orient\u00e9e plein ouest.<\/p>\n<p>En \u00e9t\u00e9, le soleil de fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi p\u00e9n\u00e8tre profond\u00e9ment dans le s\u00e9jour. Le carrelage, les meubles et les murs absorbent cette \u00e9nergie, qui est ensuite restitu\u00e9e lentement pendant plusieurs heures.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat :<\/p>\n<ul>\n<li>la temp\u00e9rature int\u00e9rieure continue souvent \u00e0 augmenter alors que le soleil est d\u00e9j\u00e0 couch\u00e9 ;<\/li>\n<li>la maison reste chaude jusque tard dans la nuit.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est fr\u00e9quemment observ\u00e9 dans les maisons contemporaines comportant de grandes surfaces vitr\u00e9es sans protections ext\u00e9rieures adapt\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Id\u00e9e re\u00e7ue<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab Un double vitrage performant suffit \u00e0 \u00e9viter la surchauffe. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Cette affirmation est fausse.<\/p>\n<p>Le coefficient <strong>Ug<\/strong> d&rsquo;un vitrage renseigne principalement sa performance en hiver (limitation des pertes de chaleur). Le comportement en \u00e9t\u00e9 d\u00e9pend \u00e9galement du facteur solaire, de l&rsquo;orientation, des protections ext\u00e9rieures, des occultations et de la strat\u00e9gie de ventilation.<\/p>\n<p>Il est donc possible d&rsquo;avoir un vitrage tr\u00e8s performant au sens des pertes hivernales, mais peu adapt\u00e9 au confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 si ces autres param\u00e8tres ne sont pas pris en compte.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rence technique<\/strong><\/p>\n<p>Les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9crits dans cette section sont coh\u00e9rents avec les principes expos\u00e9s dans la litt\u00e9rature scientifique sur la physique du b\u00e2timent et dans les publications techniques de Buildwise relatives au confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9, aux vitrages et aux protections solaires. Les normes europ\u00e9ennes relatives aux performances thermiques des b\u00e2timents et des vitrages constituent \u00e9galement des r\u00e9f\u00e9rences utiles pour approfondir ces notions.<\/p>\n<p><strong>1.6.4 Les diff\u00e9rentes composantes du rayonnement solaire<\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;on parle du rayonnement solaire, on imagine souvent un flux unique d&rsquo;\u00e9nergie provenant directement du Soleil. En r\u00e9alit\u00e9, le rayonnement qui atteint un b\u00e2timent est compos\u00e9 de plusieurs contributions qui se combinent en permanence.<\/p>\n<p>Pour comprendre le comportement thermique d&rsquo;une habitation, il est n\u00e9cessaire de distinguer trois composantes principales :<\/p>\n<ul>\n<li>le rayonnement direct ;<\/li>\n<li>le rayonnement diffus ;<\/li>\n<li>le rayonnement r\u00e9fl\u00e9chi.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette distinction est particuli\u00e8rement importante lorsqu&rsquo;on analyse les performances des protections solaires, des vitrages ou des dispositifs de conception bioclimatique.<\/p>\n<p><strong>Le rayonnement direct<\/strong><\/p>\n<p>Le rayonnement direct correspond aux rayons qui atteignent directement une surface sans \u00eatre d\u00e9vi\u00e9s par les nuages ou l&rsquo;atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p>C&rsquo;est cette composante qui produit les ombres nettes lors d&rsquo;une journ\u00e9e ensoleill\u00e9e.<\/p>\n<p>Son intensit\u00e9 d\u00e9pend principalement :<\/p>\n<ul>\n<li>de la hauteur du soleil ;<\/li>\n<li>de l&rsquo;orientation de la surface ;<\/li>\n<li>de son inclinaison ;<\/li>\n<li>des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En Belgique, le rayonnement direct est maximal lors des journ\u00e9es estivales sans nuages, entre la fin de la matin\u00e9e et le milieu de l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>Pour un b\u00e2timent, cette composante repr\u00e9sente souvent la plus grande source d&rsquo;apports thermiques.<\/p>\n<p>Une baie vitr\u00e9e orient\u00e9e au sud-ouest sans protection ext\u00e9rieure peut ainsi recevoir plusieurs centaines de watts par m\u00e8tre carr\u00e9 pendant plusieurs heures cons\u00e9cutives.<\/p>\n<p><strong>Le rayonnement diffus<\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame lorsque le soleil est cach\u00e9 derri\u00e8re les nuages, il continue de faire clair.<\/p>\n<p>Cette lumi\u00e8re provient du rayonnement diffus.<\/p>\n<p>Les mol\u00e9cules d&rsquo;air, les particules en suspension et les gouttelettes d&rsquo;eau dispersent une partie du rayonnement solaire dans toutes les directions.<\/p>\n<p>Le ciel devient alors lui-m\u00eame une source lumineuse.<\/p>\n<p>Le rayonnement diffus pr\u00e9sente plusieurs caract\u00e9ristiques :<\/p>\n<ul>\n<li>il est r\u00e9parti sur l&rsquo;ensemble de la vo\u00fbte c\u00e9leste ;<\/li>\n<li>il produit peu d&rsquo;ombres marqu\u00e9es ;<\/li>\n<li>il est moins intense que le rayonnement direct ;<\/li>\n<li>il reste pr\u00e9sent m\u00eame par temps couvert.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette composante explique pourquoi une fa\u00e7ade orient\u00e9e au nord re\u00e7oit malgr\u00e9 tout une certaine quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie solaire au cours de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Le rayonnement r\u00e9fl\u00e9chi<\/strong><\/p>\n<p>Une troisi\u00e8me composante provient des surfaces environnantes.<\/p>\n<p>Les chauss\u00e9es, les terrasses, les fa\u00e7ades voisines, les plans d&rsquo;eau ou encore la neige r\u00e9fl\u00e9chissent une partie du rayonnement re\u00e7u.<\/p>\n<p>Cette \u00e9nergie peut ensuite atteindre un b\u00e2timent sous des angles tr\u00e8s diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Dans certaines configurations, cette contribution est loin d&rsquo;\u00eatre n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p>Une grande terrasse en b\u00e9ton clair situ\u00e9e devant une baie vitr\u00e9e peut, par exemple, augmenter les apports solaires en r\u00e9fl\u00e9chissant une partie du rayonnement vers le vitrage.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, un jardin v\u00e9g\u00e9talis\u00e9 absorbe davantage d&rsquo;\u00e9nergie et limite g\u00e9n\u00e9ralement ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Cas concret<\/strong><\/p>\n<p>Deux maisons parfaitement identiques sont construites c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re poss\u00e8de une vaste terrasse en pierre calcaire claire.<\/p>\n<p>La seconde est entour\u00e9e d&rsquo;une pelouse et d&rsquo;arbres.<\/p>\n<p>En p\u00e9riode estivale, la premi\u00e8re habitation re\u00e7oit davantage de rayonnement r\u00e9fl\u00e9chi au niveau des vitrages du rez-de-chauss\u00e9e.<\/p>\n<p>La seconde b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un environnement plus favorable gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;ombrage des arbres et \u00e0 la capacit\u00e9 du sol v\u00e9g\u00e9talis\u00e9 \u00e0 rester plus frais.<\/p>\n<p>Cette diff\u00e9rence, souvent sous-estim\u00e9e, peut influencer le confort int\u00e9rieur de mani\u00e8re sensible.<\/p>\n<p><strong>1.6.5 Le bilan \u00e9nerg\u00e9tique d&rsquo;une fa\u00e7ade<\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une fa\u00e7ade est expos\u00e9e au soleil, elle ne fait pas que recevoir de l&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Elle \u00e9change en permanence de la chaleur avec son environnement.<\/p>\n<p>On peut repr\u00e9senter ces \u00e9changes sous la forme d&rsquo;un bilan \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>La fa\u00e7ade :<\/p>\n<ul>\n<li>re\u00e7oit du rayonnement solaire ;<\/li>\n<li>absorbe une partie de cette \u00e9nergie ;<\/li>\n<li>r\u00e9fl\u00e9chit une autre partie ;<\/li>\n<li>perd de la chaleur par rayonnement vers le ciel ;<\/li>\n<li>\u00e9change de la chaleur avec l&rsquo;air ext\u00e9rieur par convection ;<\/li>\n<li>transmet une partie de la chaleur vers l&rsquo;int\u00e9rieur du b\u00e2timent par conduction.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La temp\u00e9rature atteinte par la paroi d\u00e9pend de l&rsquo;\u00e9quilibre entre tous ces ph\u00e9nom\u00e8nes.<\/p>\n<p>Lorsque les apports sont sup\u00e9rieurs aux pertes, la temp\u00e9rature augmente.<\/p>\n<p>Lorsque les pertes deviennent plus importantes que les apports, la paroi se refroidit progressivement.<\/p>\n<p>Ce principe explique pourquoi une fa\u00e7ade continue parfois \u00e0 rayonner de la chaleur plusieurs heures apr\u00e8s le coucher du soleil.<\/p>\n<p><strong>Exemple d&rsquo;application<\/strong><\/p>\n<p>Imaginons un mur en briques orient\u00e9 plein ouest.<\/p>\n<p>\u00c0 18 heures, il est encore fortement expos\u00e9 au soleil.<\/p>\n<p>Sa temp\u00e9rature superficielle atteint environ 50 \u00b0C.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le coucher du soleil, le rayonnement solaire dispara\u00eet.<\/p>\n<p>Pourtant, le mur continue \u00e0 restituer progressivement la chaleur qu&rsquo;il a emmagasin\u00e9e pendant l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>Cette restitution se fait :<\/p>\n<ul>\n<li>vers l&rsquo;air ext\u00e9rieur ;<\/li>\n<li>vers le ciel nocturne ;<\/li>\n<li>mais aussi vers l&rsquo;int\u00e9rieur du b\u00e2timent.<\/li>\n<\/ul>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles certaines chambres restent chaudes jusqu&rsquo;au milieu de la nuit, m\u00eame lorsque la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 diminuer.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p>\n<p>Lors des certificats PEB et des audits logement, il est fr\u00e9quent que les occupants d\u00e9clarent :<\/p>\n<p><em>\u00ab La maison devient insupportable \u00e0 partir de 18 heures, alors qu&rsquo;il ne fait plus aussi chaud dehors. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette observation est parfaitement coh\u00e9rente avec les ph\u00e9nom\u00e8nes physiques d\u00e9crits pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n<p>\u00c0 cette heure de la journ\u00e9e, le b\u00e2timent ne re\u00e7oit plus uniquement l&rsquo;\u00e9nergie du soleil. Il restitue \u00e9galement toute la chaleur accumul\u00e9e dans les murs, les planchers, les plafonds, le mobilier et les cloisons pendant plusieurs heures.<\/p>\n<p>Comprendre ce d\u00e9calage entre l&rsquo;ensoleillement et la temp\u00e9rature ressentie est fondamental pour choisir des solutions r\u00e9ellement efficaces contre la surchauffe.<\/p>\n<p><strong>1.6.6 L&rsquo;influence des saisons sur le rayonnement solaire<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;intensit\u00e9 du rayonnement solaire ne d\u00e9pend pas uniquement des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques. Elle varie \u00e9galement au cours de l&rsquo;ann\u00e9e en raison de l&rsquo;inclinaison de l&rsquo;axe de rotation de la Terre.<\/p>\n<p>Cette inclinaison, d&rsquo;environ 23,5\u00b0, modifie la hauteur apparente du soleil dans le ciel ainsi que la dur\u00e9e d&rsquo;ensoleillement. Ces deux param\u00e8tres influencent directement la quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie re\u00e7ue par un b\u00e2timent.<\/p>\n<p>En Belgique, cette variation est particuli\u00e8rement marqu\u00e9e entre le solstice d&rsquo;hiver et le solstice d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre, le soleil reste bas sur l&rsquo;horizon. Ses rayons parcourent une plus grande \u00e9paisseur d&rsquo;atmosph\u00e8re avant d&rsquo;atteindre le sol, ce qui r\u00e9duit leur intensit\u00e9. Les journ\u00e9es sont \u00e9galement beaucoup plus courtes.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, en juin, le soleil atteint une hauteur importante dans le ciel. Les rayons traversent une \u00e9paisseur d&rsquo;atmosph\u00e8re plus faible et les journ\u00e9es sont nettement plus longues. La quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie re\u00e7ue par les b\u00e2timents augmente fortement.<\/p>\n<p>Cette diff\u00e9rence explique pourquoi une fa\u00e7ade peut \u00eatre agr\u00e9able en hiver et devenir une source importante de surchauffe quelques mois plus tard.<\/p>\n<p><strong>Le soleil d&rsquo;hiver : un alli\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>En hiver, les apports solaires constituent une source d&rsquo;\u00e9nergie gratuite.<\/p>\n<p>Les b\u00e2timents con\u00e7us selon les principes bioclimatiques cherchent \u00e0 exploiter ces apports, notamment gr\u00e2ce \u00e0 :<\/p>\n<ul>\n<li>des vitrages orient\u00e9s au sud ;<\/li>\n<li>une bonne inertie thermique ;<\/li>\n<li>des espaces de vie plac\u00e9s sur les fa\u00e7ades les plus ensoleill\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;\u00e9nergie solaire capt\u00e9e pendant la journ\u00e9e est absorb\u00e9e par les murs, les planchers et le mobilier, puis restitu\u00e9e progressivement lorsque la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure diminue.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie permet de r\u00e9duire les besoins de chauffage tout en am\u00e9liorant le confort des occupants.<\/p>\n<p><strong>Le soleil d&rsquo;\u00e9t\u00e9 : un adversaire \u00e0 ma\u00eetriser<\/strong><\/p>\n<p>En \u00e9t\u00e9, la situation est totalement diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>Les journ\u00e9es sont longues.<\/p>\n<p>Le soleil est beaucoup plus haut.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9nergie re\u00e7ue augmente fortement.<\/p>\n<p>Les apports qui \u00e9taient b\u00e9n\u00e9fiques en hiver deviennent alors un facteur de surchauffe.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi consiste donc \u00e0 laisser entrer le soleil lorsqu&rsquo;il est utile et \u00e0 l&#8217;emp\u00eacher de p\u00e9n\u00e9trer lorsqu&rsquo;il devient excessif.<\/p>\n<p>Toute la conception bioclimatique repose sur cette id\u00e9e simple.<\/p>\n<p><strong>1.6.7 La course du soleil en Belgique<\/strong><\/p>\n<p>La trajectoire du soleil varie au cours de la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Le matin, il \u00e9claire principalement les fa\u00e7ades orient\u00e9es \u00e0 l&rsquo;est.<\/p>\n<p>\u00c0 midi, les fa\u00e7ades orient\u00e9es au sud re\u00e7oivent la plus grande quantit\u00e9 de rayonnement direct.<\/p>\n<p>En fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi et en soir\u00e9e, les fa\u00e7ades ouest deviennent les plus expos\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution a des cons\u00e9quences importantes sur le confort des diff\u00e9rentes pi\u00e8ces d&rsquo;une habitation.<\/p>\n<p><strong>Les fa\u00e7ades orient\u00e9es au nord<\/strong><\/p>\n<p>Les fa\u00e7ades nord re\u00e7oivent tr\u00e8s peu de rayonnement direct.<\/p>\n<p>Elles b\u00e9n\u00e9ficient essentiellement du rayonnement diffus provenant de la vo\u00fbte c\u00e9leste.<\/p>\n<p>Ces fa\u00e7ades restent g\u00e9n\u00e9ralement les plus fra\u00eeches du b\u00e2timent.<\/p>\n<p>Elles conviennent particuli\u00e8rement aux locaux techniques, aux garages, aux celliers ou aux espaces n\u00e9cessitant peu d&rsquo;apports solaires.<\/p>\n<p><strong>Les fa\u00e7ades orient\u00e9es \u00e0 l&rsquo;est<\/strong><\/p>\n<p>Le soleil du matin pr\u00e9sente plusieurs avantages.<\/p>\n<p>La temp\u00e9rature ext\u00e9rieure est encore relativement faible.<\/p>\n<p>Les mat\u00e9riaux du b\u00e2timent n&rsquo;ont pas encore accumul\u00e9 de chaleur.<\/p>\n<p>Les chambres orient\u00e9es \u00e0 l&rsquo;est b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un ensoleillement agr\u00e9able au r\u00e9veil tout en restant g\u00e9n\u00e9ralement plus fra\u00eeches en soir\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Les fa\u00e7ades orient\u00e9es au sud<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;orientation sud est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme la plus favorable.<\/p>\n<p>En hiver, elle permet de capter efficacement les apports solaires.<\/p>\n<p>En \u00e9t\u00e9, le soleil \u00e9tant tr\u00e8s haut dans le ciel, il devient relativement facile de prot\u00e9ger les vitrages \u00e0 l&rsquo;aide :<\/p>\n<ul>\n<li>d&rsquo;un d\u00e9bord de toiture ;<\/li>\n<li>d&rsquo;une casquette architecturale ;<\/li>\n<li>d&rsquo;un brise-soleil horizontal.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette caract\u00e9ristique explique pourquoi les b\u00e2timents bioclimatiques privil\u00e9gient souvent cette orientation pour les pi\u00e8ces principales.<\/p>\n<p><strong>Les fa\u00e7ades orient\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ouest<\/strong><\/p>\n<p>Les fa\u00e7ades ouest repr\u00e9sentent fr\u00e9quemment le point critique.<\/p>\n<p>En fin de journ\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li>la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure est d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9e ;<\/li>\n<li>les mat\u00e9riaux sont chauds ;<\/li>\n<li>les occupants sont g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sents dans le logement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le soleil, tr\u00e8s bas sur l&rsquo;horizon, p\u00e9n\u00e8tre profond\u00e9ment dans les pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>Les protections horizontales deviennent alors beaucoup moins efficaces.<\/p>\n<p>Il est souvent n\u00e9cessaire d&rsquo;utiliser :<\/p>\n<ul>\n<li>des screens ext\u00e9rieurs ;<\/li>\n<li>des volets ;<\/li>\n<li>des stores ext\u00e9rieurs ;<\/li>\n<li>des protections v\u00e9g\u00e9tales.<\/li>\n<\/ul>\n<p>De nombreux probl\u00e8mes de surchauffe observ\u00e9s lors des audits logement trouvent leur origine dans une mauvaise gestion des fa\u00e7ades ouest.<\/p>\n<p><strong>Tableau 1.2 \u2013 Influence de l&rsquo;orientation sur les apports solaires<\/strong><\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<td>\n<p><strong>Orientation<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>Hiver<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>\u00c9t\u00e9<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>Niveau de risque de surchauffe<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>Nord<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s faible<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s faible<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Faible<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Est<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Moyen<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Moyen<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Mod\u00e9r\u00e9<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Sud<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>\u00c9lev\u00e9 mais facilement prot\u00e9geable<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Mod\u00e9r\u00e9<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Ouest<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Moyen<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s important<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ce tableau illustre pourquoi la conception des protections solaires doit \u00eatre adapt\u00e9e \u00e0 chaque fa\u00e7ade et non appliqu\u00e9e de mani\u00e8re uniforme \u00e0 l&rsquo;ensemble du b\u00e2timent.<\/p>\n<p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p>\n<p>Une id\u00e9e largement r\u00e9pandue consiste \u00e0 penser que la fa\u00e7ade sud est toujours la plus probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Dans les faits, les retours d&rsquo;exp\u00e9rience montrent qu&rsquo;en Belgique, les plus fortes plaintes de surchauffe concernent souvent les baies vitr\u00e9es orient\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ouest.<\/p>\n<p>La raison est simple : les apports solaires se produisent pr\u00e9cis\u00e9ment au moment o\u00f9 la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure atteint son maximum et o\u00f9 les occupants rentrent chez eux. Les mat\u00e9riaux ayant d\u00e9j\u00e0 accumul\u00e9 de la chaleur pendant toute la journ\u00e9e, le logement continue \u00e0 monter en temp\u00e9rature alors m\u00eame que le soleil commence \u00e0 se coucher.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p>\n<p>Lors des visites de terrain, une simple observation de l&rsquo;orientation des vitrages permet souvent d&rsquo;anticiper les plaintes des occupants.<\/p>\n<p>Une grande baie vitr\u00e9e orient\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ouest, d\u00e9pourvue de protection solaire ext\u00e9rieure, constitue presque toujours un point de vigilance.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, une fa\u00e7ade sud correctement con\u00e7ue, \u00e9quip\u00e9e d&rsquo;un d\u00e9bord de toiture dimensionn\u00e9 en fonction de la course du soleil et compl\u00e9t\u00e9e par une v\u00e9g\u00e9tation adapt\u00e9e, peut offrir un excellent confort tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;orientation d&rsquo;un b\u00e2timent ne peut pas \u00eatre modifi\u00e9e apr\u00e8s sa construction. En revanche, les protections solaires, les am\u00e9nagements paysagers et la gestion des apports thermiques permettent d&rsquo;am\u00e9liorer tr\u00e8s sensiblement son comportement en p\u00e9riode estivale.<\/p>\n<p><strong>Transition vers la section suivante<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;orientation constitue un \u00e9l\u00e9ment fondamental, mais elle n&rsquo;est pas le seul facteur \u00e0 prendre en compte. L&rsquo;environnement imm\u00e9diat du b\u00e2timent influence \u00e9galement les apports solaires.<\/p>\n<p>Les arbres, les b\u00e2timents voisins, les reliefs, les pergolas ou encore les haies peuvent modifier profond\u00e9ment l&rsquo;ensoleillement d&rsquo;une fa\u00e7ade.<\/p>\n<p>Dans la section suivante, nous analyserons le r\u00f4le des <strong>ombrages naturels et artificiels<\/strong>, ainsi que leur contribution au confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>1.6.8 Les ombrages naturels et artificiels<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;environnement imm\u00e9diat d&rsquo;un b\u00e2timent influence fortement son comportement thermique. Deux habitations construites selon des plans identiques peuvent pr\u00e9senter des temp\u00e9ratures int\u00e9rieures tr\u00e8s diff\u00e9rentes simplement parce que l&rsquo;une est expos\u00e9e directement au soleil tandis que l&rsquo;autre b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un ombrage efficace.<\/p>\n<p>Cette influence est souvent sous-estim\u00e9e lors de la conception des b\u00e2timents et des r\u00e9novations. Pourtant, la ma\u00eetrise des ombrages constitue l&rsquo;un des moyens les plus performants pour limiter les surchauffes estivales sans consommer d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Avant d&rsquo;envisager une climatisation, il est donc indispensable d&rsquo;analyser l&rsquo;ensemble des \u00e9l\u00e9ments susceptibles de r\u00e9duire les apports solaires.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;ombrage naturel<\/strong><\/p>\n<p>Dans la nature, la meilleure protection contre le soleil est souvent&#8230; la v\u00e9g\u00e9tation.<\/p>\n<p>Un arbre feuillu correctement implant\u00e9 agit comme un v\u00e9ritable syst\u00e8me de r\u00e9gulation climatique.<\/p>\n<p>En \u00e9t\u00e9, son feuillage dense intercepte une partie importante du rayonnement solaire avant qu&rsquo;il n&rsquo;atteigne la fa\u00e7ade ou les vitrages.<\/p>\n<p>En hiver, apr\u00e8s la chute des feuilles, il laisse de nouveau p\u00e9n\u00e9trer les rayons du soleil, permettant ainsi de b\u00e9n\u00e9ficier des apports solaires gratuits.<\/p>\n<p>Cette propri\u00e9t\u00e9 explique pourquoi les arbres caducs jouent un r\u00f4le essentiel dans l&rsquo;architecture bioclimatique depuis plusieurs si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l&rsquo;ombre qu&rsquo;ils procurent, les arbres rafra\u00eechissent \u00e9galement l&rsquo;air par <strong>\u00e9vapotranspiration<\/strong>.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau absorb\u00e9e par les racines est rejet\u00e9e sous forme de vapeur par les feuilles. Ce changement d&rsquo;\u00e9tat consomme de l&rsquo;\u00e9nergie et contribue \u00e0 diminuer localement la temp\u00e9rature de l&rsquo;air.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas rare de mesurer plusieurs degr\u00e9s d&rsquo;\u00e9cart entre une cour enti\u00e8rement min\u00e9rale et un jardin abondamment v\u00e9g\u00e9talis\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Les haies et la v\u00e9g\u00e9tation basse<\/strong><\/p>\n<p>Les haies, les arbustes et les massifs v\u00e9g\u00e9taux jouent \u00e9galement un r\u00f4le int\u00e9ressant.<\/p>\n<p>Ils limitent :<\/p>\n<ul>\n<li>le r\u00e9chauffement des abords imm\u00e9diats ;<\/li>\n<li>la r\u00e9flexion du rayonnement solaire vers les fa\u00e7ades ;<\/li>\n<li>la temp\u00e9rature des surfaces min\u00e9rales.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bien qu&rsquo;ils ne remplacent pas un arbre de grande taille, ils participent \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un microclimat plus favorable autour du b\u00e2timent.<\/p>\n<p><strong>Les b\u00e2timents voisins<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;environnement urbain influence \u00e9galement les apports solaires.<\/p>\n<p>Un immeuble situ\u00e9 au sud d&rsquo;une habitation peut cr\u00e9er un ombrage important.<\/p>\n<p>Cette situation pr\u00e9sente des avantages en \u00e9t\u00e9, mais peut r\u00e9duire les apports solaires utiles en hiver.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse doit donc toujours \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e sur une ann\u00e9e compl\u00e8te.<\/p>\n<p>Un ombrage b\u00e9n\u00e9fique en juillet peut devenir p\u00e9nalisant en d\u00e9cembre.<\/p>\n<p><strong>Les protections architecturales<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque la v\u00e9g\u00e9tation est insuffisante ou impossible \u00e0 mettre en place, l&rsquo;architecture offre de nombreuses solutions.<\/p>\n<p>Les plus courantes sont :<\/p>\n<ul>\n<li>les d\u00e9bords de toiture ;<\/li>\n<li>les casquettes solaires ;<\/li>\n<li>les pergolas ;<\/li>\n<li>les brise-soleil ;<\/li>\n<li>les loggias ;<\/li>\n<li>les balcons.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces dispositifs ont un avantage majeur : ils emp\u00eachent le rayonnement solaire d&rsquo;atteindre directement les vitrages.<\/p>\n<p>Ils r\u00e9duisent donc les apports thermiques avant m\u00eame que la chaleur ne p\u00e9n\u00e8tre dans le b\u00e2timent.<\/p>\n<p><strong>Les d\u00e9bords de toiture<\/strong><\/p>\n<p>Le d\u00e9bord de toiture est probablement la protection solaire passive la plus ancienne.<\/p>\n<p>Son principe est extr\u00eamement simple.<\/p>\n<p>En \u00e9t\u00e9, le soleil \u00e9tant haut dans le ciel, le d\u00e9bord projette une ombre sur la fen\u00eatre.<\/p>\n<p>En hiver, le soleil \u00e9tant beaucoup plus bas, ses rayons passent sous le d\u00e9bord et p\u00e9n\u00e8trent profond\u00e9ment dans la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Ce dispositif permet donc de profiter des avantages du soleil en hiver tout en limitant ses effets en \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant, son efficacit\u00e9 d\u00e9pend fortement de son dimensionnement.<\/p>\n<p>Un d\u00e9bord trop court prot\u00e8ge peu.<\/p>\n<p>Un d\u00e9bord trop important r\u00e9duit \u00e9galement les apports hivernaux.<\/p>\n<p>Le calcul de ses dimensions doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 en fonction :<\/p>\n<ul>\n<li>de la latitude ;<\/li>\n<li>de l&rsquo;orientation de la fa\u00e7ade ;<\/li>\n<li>de la hauteur des baies vitr\u00e9es ;<\/li>\n<li>de la course annuelle du soleil.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Les pergolas<\/strong><\/p>\n<p>Les pergolas constituent une solution particuli\u00e8rement int\u00e9ressante lorsqu&rsquo;elles sont v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es.<\/p>\n<p>Une pergola recouverte de plantes grimpantes caducs combine plusieurs avantages :<\/p>\n<ul>\n<li>protection solaire estivale ;<\/li>\n<li>rafra\u00eechissement par \u00e9vapotranspiration ;<\/li>\n<li>passage du soleil en hiver apr\u00e8s la chute des feuilles.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette solution est largement utilis\u00e9e dans les pays m\u00e9diterran\u00e9ens mais trouve \u00e9galement toute sa pertinence sous nos latitudes.<\/p>\n<p><strong>Les brise-soleil fixes<\/strong><\/p>\n<p>Les brise-soleil fixes sont compos\u00e9s de lames horizontales ou verticales.<\/p>\n<p>Ils sont con\u00e7us pour bloquer une partie du rayonnement direct tout en conservant un bon niveau d&rsquo;\u00e9clairage naturel.<\/p>\n<p>Leur efficacit\u00e9 d\u00e9pend :<\/p>\n<ul>\n<li>de leur orientation ;<\/li>\n<li>de leur espacement ;<\/li>\n<li>de leur largeur ;<\/li>\n<li>de l&rsquo;angle du soleil.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ils sont particuli\u00e8rement adapt\u00e9s aux fa\u00e7ades sud.<\/p>\n<p>En revanche, ils sont moins performants sur les fa\u00e7ades ouest o\u00f9 le soleil est tr\u00e8s bas en fin de journ\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Les brise-soleil orientables<\/strong><\/p>\n<p>Les brise-soleil orientables repr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des solutions les plus performantes.<\/p>\n<p>Leurs lames peuvent \u00eatre orient\u00e9es automatiquement afin de :<\/p>\n<ul>\n<li>limiter les apports thermiques ;<\/li>\n<li>conserver une vue vers l&rsquo;ext\u00e9rieur ;<\/li>\n<li>maintenir un bon \u00e9clairement naturel ;<\/li>\n<li>\u00e9viter l&rsquo;\u00e9blouissement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Associ\u00e9s \u00e0 une gestion automatique en fonction de la m\u00e9t\u00e9o, ils permettent d&rsquo;optimiser simultan\u00e9ment le confort et les consommations \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<p><strong>Tableau 1.3 \u2013 Comparaison des protections solaires<\/strong><\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<td>\n<p><strong>Protection<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>Efficacit\u00e9 contre la chaleur<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>Lumi\u00e8re naturelle<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>Entretien<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>D\u00e9bord de toiture<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s bonne (fa\u00e7ade sud)<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Excellente<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s faible<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Volet roulant<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Excellente<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Nulle lorsqu&rsquo;il est ferm\u00e9<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Faible<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Screen ext\u00e9rieur<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s bonne<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Bonne<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Faible<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Store int\u00e9rieur<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Faible \u00e0 moyenne<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Bonne<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Faible<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Brise-soleil orientable<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Excellente<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s bonne<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Moyen<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Arbre caduc<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Excellente<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Excellente en hiver<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Taille p\u00e9riodique<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p>\n<p>Une erreur r\u00e9guli\u00e8rement observ\u00e9e consiste \u00e0 installer un store int\u00e9rieur apr\u00e8s avoir constat\u00e9 une surchauffe.<\/p>\n<p>Cette solution am\u00e9liore souvent le confort visuel mais r\u00e9duit relativement peu les apports thermiques.<\/p>\n<p>En effet, le rayonnement solaire traverse d\u00e9j\u00e0 le vitrage avant d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9 par le store.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9nergie est donc entr\u00e9e dans le b\u00e2timent.<\/p>\n<p>Le store se r\u00e9chauffe, puis restitue progressivement cette chaleur \u00e0 la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Pour limiter efficacement la surchauffe, il est pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;intercepter le rayonnement <strong>avant<\/strong> qu&rsquo;il ne traverse le vitrage.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p>\n<p>Au cours des audits logement, il est fr\u00e9quent d&rsquo;observer des habitations o\u00f9 plusieurs milliers d&rsquo;euros ont \u00e9t\u00e9 investis dans une climatisation alors qu&rsquo;une partie importante des gains thermiques aurait pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9e par des protections solaires adapt\u00e9es.<\/p>\n<p>Une analyse attentive de l&rsquo;orientation, des vitrages et des ombrages permet souvent d&rsquo;identifier des solutions passives plus \u00e9conomiques, plus durables et moins \u00e9nergivores.<\/p>\n<p>La hi\u00e9rarchie des interventions devrait toujours \u00eatre la suivante :<\/p>\n<ol>\n<li>r\u00e9duire les apports solaires ;<\/li>\n<li>favoriser le rafra\u00eechissement naturel ;<\/li>\n<li>am\u00e9liorer l&rsquo;inertie lorsque cela est possible ;<\/li>\n<li>recourir \u00e0 un syst\u00e8me actif uniquement lorsque les solutions passives ne suffisent plus.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette approche constitue l&rsquo;un des principes fondamentaux de la conception bioclimatique.<\/p>\n<p><strong>Transition<\/strong><\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, nous nous sommes int\u00e9ress\u00e9s aux apports de chaleur provenant de l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Cependant, un b\u00e2timent produit \u00e9galement sa propre chaleur.<\/p>\n<p>Les occupants, l&rsquo;\u00e9clairage, les appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers, l&rsquo;informatique ou encore la cuisson repr\u00e9sentent des <strong>apports internes<\/strong> parfois tr\u00e8s importants.<\/p>\n<p>Ces gains thermiques, souvent n\u00e9glig\u00e9s, peuvent suffire \u00e0 provoquer une surchauffe dans un b\u00e2timent tr\u00e8s performant.<\/p>\n<p>La section suivante leur est enti\u00e8rement consacr\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>1.7 Les apports internes de chaleur<\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;un b\u00e2timent devient inconfortablement chaud en \u00e9t\u00e9, les occupants attribuent g\u00e9n\u00e9ralement cette situation au soleil ou \u00e0 une isolation insuffisante. Pourtant, une partie non n\u00e9gligeable de la chaleur provient de l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame du logement.<\/p>\n<p>Chaque activit\u00e9 humaine produit de l&rsquo;\u00e9nergie thermique. Les occupants, les appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers, les \u00e9quipements informatiques, l&rsquo;\u00e9clairage ou encore la cuisson contribuent quotidiennement \u00e0 augmenter la temp\u00e9rature int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Dans un b\u00e2timent ancien, ces apports \u00e9taient souvent compens\u00e9s par les nombreuses infiltrations d&rsquo;air. Les constructions modernes, beaucoup plus \u00e9tanches, conservent davantage cette chaleur. Ce qui constitue un avantage en hiver peut ainsi devenir un inconv\u00e9nient lors des p\u00e9riodes estivales.<\/p>\n<p>Comprendre les apports internes est indispensable pour expliquer pourquoi certaines maisons continuent \u00e0 se r\u00e9chauffer alors que toutes les protections solaires sont d\u00e9j\u00e0 ferm\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>1.7.1 La chaleur produite par les occupants<\/strong><\/p>\n<p>Le corps humain est une v\u00e9ritable centrale thermique.<\/p>\n<p>Pour maintenir sa temp\u00e9rature interne proche de 37 \u00b0C, il transforme en permanence l&rsquo;\u00e9nergie apport\u00e9e par l&rsquo;alimentation en chaleur.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;activit\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e, la puissance d\u00e9gag\u00e9e varie fortement.<\/p>\n<p>Une personne au repos produit g\u00e9n\u00e9ralement entre <strong>70 et 100 watts<\/strong>.<\/p>\n<p>Une activit\u00e9 domestique l\u00e9g\u00e8re, comme le m\u00e9nage ou la pr\u00e9paration d&rsquo;un repas, peut porter cette puissance \u00e0 <strong>120 \u00e0 180 watts<\/strong>.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;un effort physique soutenu, un adulte peut d\u00e9passer <strong>400 watts<\/strong>.<\/p>\n<p>Ces valeurs peuvent sembler modestes. Pourtant, lorsqu&rsquo;elles sont additionn\u00e9es sur plusieurs heures et pour plusieurs occupants, elles repr\u00e9sentent un apport \u00e9nerg\u00e9tique significatif.<\/p>\n<p><strong>Exemple pratique<\/strong><\/p>\n<p>Prenons l&rsquo;exemple d&rsquo;une famille compos\u00e9e de quatre personnes.<\/p>\n<p>En soir\u00e9e, chacun est pr\u00e9sent dans le s\u00e9jour.<\/p>\n<p>La puissance thermique d\u00e9gag\u00e9e peut atteindre environ <strong>350 watts<\/strong>.<\/p>\n<p>Au cours d&rsquo;une soir\u00e9e de quatre heures, cette famille lib\u00e8re plus d&rsquo;un kilowattheure de chaleur dans la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Cette \u00e9nergie est absorb\u00e9e progressivement par l&rsquo;air, les murs, les meubles et les plafonds.<\/p>\n<p>Dans une habitation tr\u00e8s \u00e9tanche, elle participe directement \u00e0 l&rsquo;augmentation de la temp\u00e9rature int\u00e9rieure.<\/p>\n<p><strong>Tableau 1.4 \u2013 Production de chaleur selon l&rsquo;activit\u00e9<\/strong><\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<td>\n<p><strong>Activit\u00e9<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>Puissance thermique approximative<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>Personne endormie<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>60 W<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Personne assise<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>70 \u00e0 100 W<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Travail de bureau<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>90 \u00e0 120 W<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Cuisine l\u00e9g\u00e8re<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>120 \u00e0 180 W<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>M\u00e9nage<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>150 \u00e0 250 W<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>Activit\u00e9 sportive<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>300 \u00e0 600 W<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ces valeurs sont donn\u00e9es \u00e0 titre indicatif et varient selon l&rsquo;\u00e2ge, la corpulence et l&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;effort.<\/p>\n<p><strong>1.7.2 Les appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers<\/strong><\/p>\n<p>Chaque appareil \u00e9lectrique transforme une partie de l&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;il consomme en chaleur.<\/p>\n<p>M\u00eame lorsqu&rsquo;il remplit une fonction utile, une proportion importante de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 absorb\u00e9e finit in\u00e9vitablement sous forme d&rsquo;\u00e9nergie thermique.<\/p>\n<p>Dans une habitation moderne, cette chaleur provient notamment :<\/p>\n<ul>\n<li>du r\u00e9frig\u00e9rateur ;<\/li>\n<li>du cong\u00e9lateur ;<\/li>\n<li>du four ;<\/li>\n<li>de la plaque de cuisson ;<\/li>\n<li>du lave-vaisselle ;<\/li>\n<li>du lave-linge ;<\/li>\n<li>du s\u00e8che-linge.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les appareils les plus puissants peuvent repr\u00e9senter plusieurs kilowatts pendant leur fonctionnement.<\/p>\n<p>Le four domestique constitue un exemple particuli\u00e8rement parlant.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il fonctionne \u00e0 pleine puissance, il peut consommer entre <strong>2 000 et 3 500 watts<\/strong>.<\/p>\n<p>M\u00eame si une partie de cette \u00e9nergie sert \u00e0 cuire les aliments, une quantit\u00e9 importante est dissip\u00e9e dans la cuisine.<\/p>\n<p>En plein \u00e9t\u00e9, cette chaleur suppl\u00e9mentaire contribue directement au r\u00e9chauffement du logement.<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9quipements audiovisuels et informatiques<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9quipements \u00e9lectroniques sont devenus omnipr\u00e9sents dans les habitations.<\/p>\n<p>T\u00e9l\u00e9visions, ordinateurs, consoles de jeux, routeurs internet, \u00e9crans ou chargeurs fonctionnent parfois plusieurs heures par jour.<\/p>\n<p>Toute l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 consomm\u00e9e finit pratiquement par \u00eatre transform\u00e9e en chaleur.<\/p>\n<p>Un ordinateur de bureau utilis\u00e9 pour le t\u00e9l\u00e9travail peut ainsi dissiper entre <strong>150 et 300 watts<\/strong> selon sa configuration.<\/p>\n<p>Dans un bureau de petite superficie, cette puissance suffit \u00e0 augmenter sensiblement la temp\u00e9rature au cours de l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p><strong>1.7.3 L&rsquo;\u00e9clairage<\/strong><\/p>\n<p>Pendant longtemps, l&rsquo;\u00e9clairage repr\u00e9sentait une source importante de chaleur.<\/p>\n<p>Les lampes \u00e0 incandescence convertissaient plus de 90 % de l&rsquo;\u00e9nergie consomm\u00e9e en chaleur.<\/p>\n<p>Les lampes halog\u00e8nes pr\u00e9sentaient un comportement similaire.<\/p>\n<p>L&rsquo;arriv\u00e9e des LED a profond\u00e9ment modifi\u00e9 cette situation.<\/p>\n<p>Leur rendement lumineux est beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 et les pertes sous forme de chaleur sont nettement r\u00e9duites.<\/p>\n<p>Cependant, m\u00eame les LED produisent une certaine quantit\u00e9 de chaleur.<\/p>\n<p>Dans un b\u00e2timent tertiaire comportant plusieurs centaines de luminaires, cette contribution reste prise en compte dans les calculs thermiques.<\/p>\n<p><strong>1.7.4 La cuisson<\/strong><\/p>\n<p>La cuisson constitue l&rsquo;un des apports internes les plus importants.<\/p>\n<p>Le fonctionnement simultan\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li>du four ;<\/li>\n<li>des plaques de cuisson ;<\/li>\n<li>de la hotte ;<\/li>\n<li>du lave-vaisselle,<\/li>\n<\/ul>\n<p>peut repr\u00e9senter plusieurs kilowatts de puissance.<\/p>\n<p>\u00c0 cela s&rsquo;ajoute la vapeur d&rsquo;eau produite lors de la pr\u00e9paration des repas.<\/p>\n<p>Cette humidit\u00e9 influence directement le confort thermique.<\/p>\n<p>Une temp\u00e9rature de 27 \u00b0C associ\u00e9e \u00e0 un taux d&rsquo;humidit\u00e9 \u00e9lev\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement ressentie comme beaucoup plus inconfortable qu&rsquo;une temp\u00e9rature identique dans un air sec.<\/p>\n<p>Nous reviendrons en d\u00e9tail sur ce ph\u00e9nom\u00e8ne dans le chapitre consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;humidit\u00e9 et au confort hygrothermique.<\/p>\n<p><strong>1.7.5 Les aquariums, caves \u00e0 vin et \u00e9quipements sp\u00e9cifiques<\/strong><\/p>\n<p>Certains \u00e9quipements particuliers g\u00e9n\u00e8rent des apports thermiques continus.<\/p>\n<p>C&rsquo;est notamment le cas :<\/p>\n<ul>\n<li>des aquariums chauff\u00e9s ;<\/li>\n<li>des serveurs informatiques ;<\/li>\n<li>des armoires \u00e9lectriques ;<\/li>\n<li>des \u00e9quipements audiovisuels professionnels ;<\/li>\n<li>des caves \u00e0 vin climatis\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans les b\u00e2timents tertiaires, ces \u00e9quipements peuvent repr\u00e9senter une part importante de la charge thermique totale.<\/p>\n<p>Leur influence doit \u00eatre prise en compte lors du dimensionnement des syst\u00e8mes de ventilation et de refroidissement.<\/p>\n<p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p>\n<p>Il est courant d&rsquo;entendre :<\/p>\n<p><strong>\u00ab Tous mes volets sont ferm\u00e9s, pourtant il fait toujours trop chaud. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque les apports solaires ont \u00e9t\u00e9 correctement limit\u00e9s, la chaleur produite \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du b\u00e2timent devient parfois le facteur dominant.<\/p>\n<p>Les repas, les appareils \u00e9lectriques, les ordinateurs ou encore les occupants eux-m\u00eames continuent \u00e0 produire de l&rsquo;\u00e9nergie thermique.<\/p>\n<p>Dans une maison tr\u00e8s performante, cette chaleur reste plus longtemps pi\u00e9g\u00e9e si elle n&rsquo;est pas \u00e9vacu\u00e9e par une ventilation adapt\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p>\n<p>Au cours de certains audits, les mesures r\u00e9v\u00e8lent des temp\u00e9ratures int\u00e9rieures \u00e9lev\u00e9es alors que les protections solaires sont parfaitement utilis\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse montre souvent une accumulation de plusieurs facteurs :<\/p>\n<ul>\n<li>t\u00e9l\u00e9travail toute la journ\u00e9e ;<\/li>\n<li>plusieurs ordinateurs fonctionnant en permanence ;<\/li>\n<li>cuisson en soir\u00e9e ;<\/li>\n<li>ventilation nocturne insuffisante ;<\/li>\n<li>absence de rafra\u00eechissement naturel.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pris isol\u00e9ment, chacun de ces \u00e9l\u00e9ments para\u00eet peu important.<\/p>\n<p>Additionn\u00e9s, ils peuvent repr\u00e9senter une charge thermique \u00e9quivalente \u00e0 plusieurs radiateurs fonctionnant simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p>Cette observation rappelle qu&rsquo;un b\u00e2timent doit toujours \u00eatre analys\u00e9 dans sa globalit\u00e9. Les performances de l&rsquo;enveloppe ne suffisent pas \u00e0 expliquer le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 ; les usages quotidiens des occupants jouent \u00e9galement un r\u00f4le d\u00e9terminant.<\/p>\n<p><strong>Transition<\/strong><\/p>\n<p>Les apports internes expliquent une partie importante des surchauffes observ\u00e9es dans les b\u00e2timents performants.<\/p>\n<p>Cependant, la r\u00e9action d&rsquo;un b\u00e2timent face \u00e0 ces apports d\u00e9pend fortement de sa capacit\u00e9 \u00e0 absorber, stocker puis restituer cette \u00e9nergie.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que l&rsquo;on appelle <strong>l&rsquo;inertie thermique<\/strong>.<\/p>\n<p>Cette notion, souvent \u00e9voqu\u00e9e mais rarement comprise dans toute sa complexit\u00e9, constitue l&rsquo;un des piliers de la physique du b\u00e2timent.<\/p>\n<p>Le chapitre suivant lui sera enti\u00e8rement consacr\u00e9 et montrera pourquoi deux maisons pr\u00e9sentant la m\u00eame isolation peuvent offrir un confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9 radicalement diff\u00e9rent.<\/p>\n<p><strong>1.8 Les apports internes d&rsquo;humidit\u00e9 et leur influence sur le confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La temp\u00e9rature de l&rsquo;air ne constitue pas le seul param\u00e8tre d\u00e9terminant le confort d&rsquo;un b\u00e2timent. Deux pi\u00e8ces affichant exactement la m\u00eame temp\u00e9rature peuvent procurer des sensations tr\u00e8s diff\u00e9rentes selon leur taux d&rsquo;humidit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette notion est souvent mal comprise. Lorsqu&rsquo;un occupant d\u00e9clare qu&rsquo;il fait \u00ab lourd \u00bb ou que l&rsquo;air est \u00ab \u00e9touffant \u00bb, ce ressenti est g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9 \u00e0 une combinaison entre une temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9e et une humidit\u00e9 excessive.<\/p>\n<p>En p\u00e9riode estivale, la gestion de l&rsquo;humidit\u00e9 devient donc un \u00e9l\u00e9ment essentiel du confort hygrothermique.<\/p>\n<p><strong>1.8.1 La vapeur d&rsquo;eau dans l&rsquo;air<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;air qui nous entoure contient toujours une certaine quantit\u00e9 de vapeur d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Cette vapeur provient de nombreuses sources :<\/p>\n<ul>\n<li>la respiration des occupants ;<\/li>\n<li>la transpiration ;<\/li>\n<li>la cuisson des aliments ;<\/li>\n<li>les douches et les bains ;<\/li>\n<li>le s\u00e9chage du linge ;<\/li>\n<li>les plantes d&rsquo;int\u00e9rieur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La quantit\u00e9 maximale de vapeur d&rsquo;eau que l&rsquo;air peut contenir d\u00e9pend fortement de sa temp\u00e9rature.<\/p>\n<p>Plus l&rsquo;air est chaud, plus il est capable de contenir d&rsquo;humidit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, lorsqu&rsquo;il se refroidit, cette capacit\u00e9 diminue progressivement.<\/p>\n<p>Lorsque la limite est atteinte, la vapeur d&rsquo;eau se condense sous forme de gouttelettes.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui explique l&rsquo;apparition de bu\u00e9e sur une vitre froide ou la formation de ros\u00e9e sur la v\u00e9g\u00e9tation au lever du jour.<\/p>\n<p><strong>1.8.2 L&rsquo;humidit\u00e9 relative<\/strong><\/p>\n<p>Dans le domaine du b\u00e2timent, l&rsquo;humidit\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement exprim\u00e9e sous la forme d&rsquo;une humidit\u00e9 relative.<\/p>\n<p>Cette grandeur repr\u00e9sente le rapport entre la quantit\u00e9 r\u00e9elle de vapeur d&rsquo;eau pr\u00e9sente dans l&rsquo;air et la quantit\u00e9 maximale que cet air pourrait contenir \u00e0 la m\u00eame temp\u00e9rature.<\/p>\n<p>Elle est exprim\u00e9e en pourcentage.<\/p>\n<p>Une humidit\u00e9 relative de 50 % signifie que l&rsquo;air contient la moiti\u00e9 de la vapeur d&rsquo;eau qu&rsquo;il pourrait contenir avant d&rsquo;atteindre la saturation.<\/p>\n<p>Cette notion est importante, car une m\u00eame quantit\u00e9 de vapeur d&rsquo;eau produira une humidit\u00e9 relative diff\u00e9rente selon que la temp\u00e9rature est de 20 \u00b0C ou de 30 \u00b0C.<\/p>\n<p><strong>Tableau 1.5 \u2013 Zone de confort hygrothermique<\/strong><\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<td>\n<p><strong>Temp\u00e9rature de l&rsquo;air<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>Humidit\u00e9 relative<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p><strong>Sensation g\u00e9n\u00e9ralement observ\u00e9e<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>20 \u00b0C<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>40 \u00e0 60 %<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Tr\u00e8s confortable<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>24 \u00b0C<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>40 \u00e0 60 %<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Confortable<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>27 \u00b0C<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>70 %<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Sensation de lourdeur<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>30 \u00b0C<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>75 %<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Inconfort important<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>32 \u00b0C<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>80 %<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p>Confort fortement d\u00e9grad\u00e9<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ces valeurs sont indicatives. La sensation r\u00e9elle d\u00e9pend \u00e9galement de la vitesse de l&rsquo;air, de l&rsquo;activit\u00e9 physique, de l&rsquo;habillement et de la temp\u00e9rature des parois environnantes.<\/p>\n<p><strong>1.8.3 Pourquoi l&rsquo;humidit\u00e9 augmente-t-elle la sensation de chaleur ?<\/strong><\/p>\n<p>Le corps humain maintient sa temp\u00e9rature principalement gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9vaporation de la transpiration.<\/p>\n<p>Lorsque la transpiration s&rsquo;\u00e9vapore, elle absorbe une quantit\u00e9 importante d&rsquo;\u00e9nergie. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne contribue naturellement au refroidissement du corps.<\/p>\n<p>En revanche, lorsque l&rsquo;air est d\u00e9j\u00e0 fortement charg\u00e9 en humidit\u00e9, cette \u00e9vaporation devient beaucoup plus difficile.<\/p>\n<p>La transpiration reste sur la peau.<\/p>\n<p>Le refroidissement naturel du corps diminue.<\/p>\n<p>La sensation de chaleur augmente rapidement, m\u00eame si la temp\u00e9rature de l&rsquo;air reste inchang\u00e9e.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi une temp\u00e9rature de 28 \u00b0C accompagn\u00e9e d&rsquo;une humidit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e est souvent ressentie comme beaucoup plus p\u00e9nible qu&rsquo;une temp\u00e9rature de 30 \u00b0C dans un air sec.<\/p>\n<p><strong>1.8.4 Les principales sources d&rsquo;humidit\u00e9 dans une habitation<\/strong><\/p>\n<p>Dans une habitation occup\u00e9e, les apports d&rsquo;humidit\u00e9 sont continus.<\/p>\n<p>Chaque occupant rejette quotidiennement plusieurs litres d&rsquo;eau sous forme de vapeur.<\/p>\n<p>\u00c0 cela s&rsquo;ajoutent les activit\u00e9s domestiques.<\/p>\n<p>La cuisson repr\u00e9sente l&rsquo;une des principales sources de vapeur.<\/p>\n<p>Faire bouillir une casserole d&rsquo;eau, cuire des p\u00e2tes ou pr\u00e9parer un repas sans utiliser la hotte peut augmenter rapidement le taux d&rsquo;humidit\u00e9 dans la cuisine.<\/p>\n<p>Les salles de bains constituent \u00e9galement des espaces particuli\u00e8rement concern\u00e9s.<\/p>\n<p>Une douche chaude produit une quantit\u00e9 importante de vapeur qui, sans ventilation efficace, se diffuse progressivement dans l&rsquo;ensemble du logement.<\/p>\n<p>Le s\u00e9chage du linge \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur peut \u00e9galement lib\u00e9rer plusieurs litres d&rsquo;eau dans l&rsquo;air au cours d&rsquo;une seule journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans un b\u00e2timent tr\u00e8s \u00e9tanche, cette humidit\u00e9 doit imp\u00e9rativement \u00eatre \u00e9vacu\u00e9e par une ventilation adapt\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tude de cas<\/strong><\/p>\n<p>Une maison unifamiliale construite en 2022 pr\u00e9sente une excellente performance \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>Les occupants se plaignent pourtant d&rsquo;une sensation d&rsquo;\u00e9touffement durant les soir\u00e9es d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Les mesures r\u00e9alis\u00e9es montrent :<\/p>\n<ul>\n<li>Temp\u00e9rature int\u00e9rieure : 27,5 \u00b0C.<\/li>\n<li>Humidit\u00e9 relative : 74 %.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;analyse r\u00e9v\u00e8le plusieurs causes :<\/p>\n<ul>\n<li>quatre occupants pr\u00e9sents toute la journ\u00e9e ;<\/li>\n<li>t\u00e9l\u00e9travail ;<\/li>\n<li>cuisson quotidienne sans utilisation syst\u00e9matique de la hotte ;<\/li>\n<li>linge s\u00e9ch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur ;<\/li>\n<li>ventilation m\u00e9canique utilis\u00e9e \u00e0 faible d\u00e9bit.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Apr\u00e8s augmentation du d\u00e9bit de ventilation pendant les p\u00e9riodes de cuisson et am\u00e9lioration de la gestion du s\u00e9chage du linge, l&rsquo;humidit\u00e9 relative diminue sensiblement.<\/p>\n<p>La temp\u00e9rature de l&rsquo;air varie peu, mais les occupants d\u00e9crivent une nette am\u00e9lioration du confort.<\/p>\n<p>Cet exemple montre que le ressenti thermique d\u00e9pend autant de la qualit\u00e9 de l&rsquo;air que de sa temp\u00e9rature.<\/p>\n<p><strong>Encadr\u00e9 \u2013 Erreur fr\u00e9quente<\/strong><\/p>\n<p>Une id\u00e9e largement r\u00e9pandue consiste \u00e0 penser qu&rsquo;il suffit d&rsquo;abaisser la temp\u00e9rature de quelques degr\u00e9s pour am\u00e9liorer le confort.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, un air plus sec peut procurer une sensation de fra\u00eecheur plus importante qu&rsquo;une baisse de temp\u00e9rature obtenue sans diminution de l&rsquo;humidit\u00e9.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le de l&rsquo;humidit\u00e9 constitue donc un levier essentiel du confort d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u0153il du certificateur PEB<\/strong><\/p>\n<p>Lors des visites de terrain, les occupants associent souvent toute sensation d&rsquo;inconfort \u00e0 une temp\u00e9rature excessive.<\/p>\n<p>Pourtant, les mesures montrent r\u00e9guli\u00e8rement que la temp\u00e9rature reste relativement mod\u00e9r\u00e9e tandis que l&rsquo;humidit\u00e9 relative d\u00e9passe les valeurs recommand\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans ces situations, une meilleure utilisation de la ventilation ou une adaptation des habitudes d&rsquo;occupation am\u00e9liore le confort sans n\u00e9cessiter de travaux importants.<\/p>\n<p>La mesure simultan\u00e9e de la temp\u00e9rature et de l&rsquo;humidit\u00e9 constitue donc un outil pr\u00e9cieux pour \u00e9tablir un diagnostic fiable.<\/p>\n<p><strong>Transition<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons \u00e9tudi\u00e9 les apports de chaleur provenant du soleil, ceux g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les occupants et les \u00e9quipements, ainsi que le r\u00f4le de l&rsquo;humidit\u00e9 dans la sensation de confort.<\/p>\n<p>Il reste d\u00e9sormais une notion fondamentale permettant de comprendre pourquoi certains b\u00e2timents restent agr\u00e9ables malgr\u00e9 ces apports thermiques : leur capacit\u00e9 \u00e0 absorber, stocker et restituer la chaleur.<\/p>\n<p>Cette propri\u00e9t\u00e9 porte un nom : <strong>l&rsquo;inertie thermique<\/strong>.<\/p>\n<p>Elle constitue l&rsquo;un des concepts les plus importants de la physique du b\u00e2timent et fera l&rsquo;objet du chapitre suivant.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La meilleure climatisation est celle dont on n\u2019a jamais besoin. \u00bb Cette phrase, souvent utilis\u00e9e dans le domaine de 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